mercredi 2 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2105759 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MENU, SEMERIA, BROC (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 juin 2021 et le 29 février 2024, Mme A B, représentée par Me Broc, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction, en droits et pénalités, de la cotisation primitive d'impôt sur le revenu à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens de l'instance.
Elle soutient que l'indemnité transactionnelle qu'elle a perçue en application du protocole transactionnel du 16 novembre 2017 ne constitue pas un revenu imposable, dès lors que son licenciement était dépourvu de cause réelle et sérieuse et présentait un caractère irrégulier et qu'elle doit, par conséquent, bénéficier de l'exonération d'impôt sur le revenu, prévue par le 1° du 1 de l'article 80 duodecies du code général des impôts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2021, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen soulevé par Mme B n'est pas fondé.
Par ordonnance du 9 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 4 mars 2024.
Un mémoire, enregistré le 13 mars 2024, a été présenté par la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jean,
- les conclusions de M. Delmas, rapporteur public,
- et les observations de Me Chollet, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Le 16 novembre 2017, Mme B a conclu avec son ancien employeur, la Société Générale, un protocole transactionnel faisant suite à son licenciement. Ce protocole transactionnel prévoyait notamment le versement, à son profit, d'une indemnité transactionnelle d'un montant de 4 500 000 euros que Mme B a déclaré dans la case 1 BJ " traitements et salaires " de sa déclaration des revenus 2017. Par courrier en date du 22 décembre 2020, Mme B a sollicité la rectification de son impôt sur le revenu au motif que l'indemnité transactionnelle qu'elle avait perçue en 2017 ne constituait pas un revenu imposable. Par une décision du 21 avril 2021, l'administration fiscale a rejeté sa réclamation. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal prononcer la réduction de la cotisation d'impôt sur le revenu à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2017.
Sur les conclusions à fin de réduction :
2. Aux termes de l'article 80 duodecies du code général des impôts, dans sa rédaction applicable à l'année d'imposition en litige : " I. Toute indemnité versée à l'occasion de la rupture du contrat de travail constitue une rémunération imposable, sous réserve des dispositions suivantes / Ne constituent pas une rémunération imposable : / 1° Les indemnités mentionnées aux articles L. 1235-1, L. 1235-2, L. 1235-3, L. 1235-3-1 et L. 1235-11 à L. 1235-13 du code du travail () ". Aux termes de l'article L. 1235-3 du code du travail dans sa rédaction applicable au litige : " Si le licenciement d'un salarié survient pour une cause qui n'est pas réelle et sérieuse, le juge peut proposer la réintégration du salarié dans l'entreprise, avec maintien de ses avantages acquis. / Si l'une ou l'autre des parties refuse, le juge octroie une indemnité au salarié. Cette indemnité, à la charge de l'employeur, ne peut être inférieure aux salaires des six derniers mois. Elle est due sans préjudice, le cas échéant, de l'indemnité de licenciement prévue à l'article L. 1234-9 ". Aux termes de l'article L. 1235-2 de ce même code dans sa rédaction applicable au litige : " Si le licenciement d'un salarié survient sans que la procédure requise ait été observée, mais pour une cause réelle et sérieuse, le juge impose à l'employeur d'accomplir la procédure prévue et accorde au salarié, à la charge de l'employeur, une indemnité qui ne peut être supérieure à un mois de salaire. ". Enfin, aux termes de l'article L. 1235-1 du même code " en cas de litige () le juge a qui il appartient d'apprécier () la régularité de la procédure suivie et le caractère réel et sérieux des motifs invoqués par l'employeur, forme sa conviction au vu des éléments fournis par les parties après avoir ordonné, au besoin, toutes les mesures d'instruction qu'il estime utiles ".
3. Pour déterminer si une indemnité versée en exécution d'une transaction conclue à l'occasion de la rupture d'un contrat de travail est imposable, il appartient à l'administration et, lorsqu'il est saisi, au juge de l'impôt de rechercher la qualification à donner aux sommes qui font l'objet de la transaction. Ces dernières ne sont susceptibles d'être regardées comme des indemnités pour licenciement sans cause réelle et sérieuse mentionnées à l'article L. 1235-3 du code du travail ou comme des indemnités pour licenciement irrégulier mentionnées à l'article L. 1235-2 de ce même code, que s'il résulte de l'instruction que la rupture des relations de travail est assimilable à un tel licenciement. Dans ce cas, les indemnités, accordées au titre d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse ou d'un licenciement irrégulier, sont exonérées d'imposition. La détermination par le juge de la nature des indemnités se fait au vu de l'instruction.
4. En premier lieu, si Mme B soutient que son licenciement était dépourvu de cause réelle et sérieuse, il résulte de l'instruction, et en particulier de la lettre de licenciement du 20 septembre 2017, que celui-ci était fondé notamment sur le fait que les investigations internes menées par la Société Générale à la suite d'enquêtes lancées par le parquet fédéral américain s'agissant de sa participation à certains panels (LIBOR2 et EURIBOR3) ont fait ressortir que la requérante, qui exerçait alors les fonctions de responsable mondiale de la trésorerie, avait géré la soumission des taux pour le compte de la banque d'une façon qui n'était pas adaptée. La lettre de licenciement indique également qu'il est apparu, dans le cadre de ces investigations internes, que Mme B s'était concertée et coordonnée avec ses collègues du bureau de Paris sur les réponses à apporter, alors qu'il lui avait été expressément demandé de ne pas le faire. Si la requérante soutient que les faits qui lui sont reprochés ne sont pas suffisamment circonscrits temporellement et géographiquement et que les erreurs ou fautes qu'elle aurait commises ne sont pas caractérisées, elle n'en conteste toutefois pas sérieusement la matérialité. Par ailleurs, si Mme B soutient que son licenciement a, en réalité, pour origine des motifs extrinsèques liés à l'enquête pénale diligentée en 2011 par le Department of Justice et visant la Société Générale, elle ne l'établit pas en se bornant à faire valoir que l'acte d'accusation dont elle avait fait l'objet dans le cadre de la procédure pénale diligentée à son encontre par le parquet fédéral des Etats-Unis a été annulée le 30 mars 2023. Enfin, la circonstance que la requérante a bénéficié d'une prime de performance au titre de l'année 2017 n'est pas de nature, par elle-même, à établir que son licenciement était dépourvu de cause réelle et sérieuse. Dans ces circonstances, compte tenu des fonctions exercées par la requérante et de son niveau de responsabilités, Mme B n'est pas fondée à soutenir que son licenciement est survenu pour une cause qui n'est pas réelle et sérieuse.
5. En second lieu, la requérante fait valoir que la procédure de licenciement suivie est irrégulière dès lors que l'employeur a méconnu l'article 26 de la convention collective nationale de la banque du 10 janvier 2000 qui prévoit que : " Avant d'engager la procédure de licenciement, l'employeur doit avoir considéré toutes solutions envisageables, notamment recherché le moyen de confier au salarié un autre poste lorsque l'insuffisance résulte d'une mauvaise adaptation de l'intéressé à ses fonctions. Le licenciement pour motif non disciplinaire est fondé sur un motif objectif et établi d'insuffisance professionnelle ". Toutefois, compte tenu de ce qui a été dit ci-dessus, dès lors que l'insuffisance professionnelle de Mme B a été établie et qu'elle ne résulte pas d'une mauvaise adaptation de l'intéressée à ses fonctions, l'employeur n'était pas tenu de rechercher le moyen de lui confier un autre poste. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que son licenciement était irrégulier. Il s'ensuit que l'indemnité transactionnelle prévue par le protocole transactionnel du 16 novembre 2017 ne saurait être regardée, ni comme une indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse mentionnée à l'article L. 1235-3 du code du travail, ni comme une indemnité pour licenciement irrégulier mentionnée à l'article L. 1235-2 de ce même code et qu'elle était imposable, en application de l'article 80 duodecies du code général des impôts.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander la réduction de l'imposition en litige.
Sur les frais liés au litige :
7. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse à Mme B la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
8. D'autre part, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens ". Si Mme B demande la condamnation de l'Etat aux dépens, elle ne justifie avoir engagé, dans la présente instance, aucun des frais mentionnés par l'article R. 761-1. Ces conclusions ne peuvent donc, en tout état de cause, qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 18 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Le Broussois, président,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Jean, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé : A. Jean Le président,
Signé : N. Le Broussois
La greffière,
Signé : L. Darnal
La République mande et ordonne au ministre chargé du budget et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026