vendredi 20 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2106048 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ROQUES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 juin 2021, Mme A se disant Pensri Pikrokhakit, représentée par Me Roques, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfète du Val-de-Marne sur sa demande en date du 30 juin 2020 de rectifier son état-civil au sein du fichier national des étrangers (FNE) et de lui délivrer un titre de séjour sous sa véritable identité ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de procéder à la rectification de son état-civil dans son dossier administratif à la préfecture du Val-de-Marne, dans le fichier national des étrangers et sur son titre de séjour dans un délai de 2 mois à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 10 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa demande dans un délai de 2 mois compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A se disant Pikrokhakit soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sans que la fraude ne lui soit opposable.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit d'observation en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les observations de Me Carles, substituant Me Roques, représentant Mme A se disant Pikrokhakit.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A se disant Pikrokhakit, indique être une ressortissante thaïlandaise, née le 10 mars 1953 à Yasonthon (Thaïlande), et qu'elle est connue des services de la préfecture du Val-de-Marne sous l'identité de Mme B D, ressortissante laotienne, née le
26 mai 1950 à Saravane au Laos. Elle a, par courrier en date du 30 juin 2020, reçu le
7 juillet 2020, sollicité du préfet du Val-de-Marne la modification de l'état-civil de Mme B D et la délivrance d'une nouvelle carte de résident sous ce qu'elle présente comme étant sa véritable identité. Suite au silence gardé par le préfet du Val-de-Marne, Mme A se disant Pikrokhakit demande au tribunal d'annuler le refus implicite qui en est résulté.
Sur les conclusions à fin d'annulation:
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ". Aux termes de l'article L. 232-4 du même code " Une décision implicite intervenue dans le cas où une décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ". Aux termes de l'article R. 211-6 du même code : " Lorsque l'urgence absolue a empêché qu'une décision soit motivée, le défaut de motivation n'entache pas d'illégalité cette décision. Toutefois, si l'intéressé en fait la demande, dans les délais du recours contentieux, l'autorité qui a pris la décision devra, dans un délai d'un mois, lui en communiquer les motifs. ". Aux termes de l'article R. 311-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Enfin, aux termes de l'article R. 311-12-1 du même code : " La décision implicite mentionnée à l'article R. 311-12 naît au terme d'un délai de quatre mois ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, le 7 juillet 2020, Mme A se disant Pikrokhakit a présenté aux services de la préfecture du Val-de-Marne une demande tendant à la rectification de l'état-civil de Mme B D au sein du fichier national des étrangers (FNE) et à la délivrance d'une nouvelle carte de résident sous ce qu'elle présente comme étant sa véritable identité. Elle a sollicité, par courrier électronique du 14 mai 2021, réceptionné le jour même, la communication des motifs de la décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfète du Val-de-Marne sur cette demande, dans les conditions prévues par les dispositions précitées. Aucune réponse n'ayant été apportée à cette demande, l'intéressée est dès lors fondée à soutenir que la décision rejetant sa demande de rectification de son état-civil est entachée d'un défaut de motivation.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme A se disant Pikrokhakit est fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de rectifier son état-civil au sein du FNE et de rectifier l'identité portée sur son titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte:
5. Eu égard au motif d'annulation retenu, et seul susceptible de l'être en l'état du dossier, il y a seulement lieu d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de procéder au réexamen de la situation de Mme A se disant Pikrokhakit dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin, à ce stade, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) le versement à Mme A se disant Pikrokhakit d'une somme de
1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite, née du silence gardé par la préfète du Val-de-Marne sur la demande de Mme A se disant Pikhrokakit en date du 30 juin 2020 et réceptionnée le
7 juillet suivant tendant à la rectification de l'état-civil de Mme B D au sein du FNE et en la rectification de l'identité portée sur son titre de séjour, est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de procéder au réexamen de la demande Mme A se disant Pikhrokakit dans un délai de quatre mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera à Mme A se disant Pikhrokakit une somme de 1 200 (mille deux cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5: Le présent jugement sera notifié à Mme A se disant Pensri Pikrokhakit et à la préfète du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
M. Allègre, premier conseiller,
M. Dumas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 janvier 2023.
Le rapporteur,
M. DUMAS Le président,
D. LALANDE
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026