vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2106066 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | IRGUEDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 juin 2021, M. A E demande au tribunal :
1°/ d'annuler les décisions du 3 juin 2021 par lesquelles la préfète du Val-de-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°/ d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour valable le temps de ce réexamen, sous astreinte de 500 euros par jour de retard.
Il soutient que :
Sur la décision de refus de séjour :
- elle est affectée d'incompétence ;
- elle présente un défaut de motivation ;
- elle a été prise sans examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnait les articles L. 311-6 et D. 311-3-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait la circulaire du 28 février 2019 ;
- elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est affectée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est affectée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- elle méconnait l'article 25 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
Un mémoire en production de pièces, enregistré le 17 juin 2022, a été versé à l'instance pour la préfète du Val-de-Marne, représentée par Actis Avocats.
Vu les autres pièces du dossier :
Vu :
- la Constitution, ensemble la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D B, premier vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendues au cours de l'audience publique, après présentation du rapport de M. B, qui soulève le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées à l'encontre d'une décision de refus de séjour qui n'existe pas, les observations de Me Irguedi, avocat, pour le requérant, absent de l'audience, qui confirme les conclusions de sa requête par les mêmes moyens, y ajoutant le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3.1 de la convention internationale des droits de l'enfant, et celles de Me Capuano, avocat, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions en annulation :
1. M. A E, ressortissant géorgien né le 2 mai 1983, demande l'annulation des décisions du 3 juin 2021 par lesquelles la préfète du Val-de-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
2. En l'absence de refus de séjour opposé le 3 juin 2021 à M. E par la préfète du Val-de-Marne, les conclusions du requérant tendant à l'annulation d'une décision qui n'existe pas ne peuvent qu'être rejetées.
3. Aux termes de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ". Aux termes de l'article L. 611-1 du même code : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () ; 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; (). ".
4. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du relevé des informations de la base de données " TelemOfpra ", produit par la préfète du Val-de-Marne, que la demande d'asile présentée par M. E a été rejetée par une décision du 26 novembre 2020 du directeur général de l'office français de protection des réfugiés et apatrides, notifiée le 10 décembre 2020 et confirmée par une décision du 24 février 2021 de la cour nationale du droit d'asile, notifiée le 3 mars 2021, rejetant le recours pour absence d'éléments sérieux. Ainsi le requérant avait perdu le 24 février 2021, en tout cas à la date des décisions attaquées du 3 juin 2021, le droit de se maintenir sur le territoire français. Il se trouvait donc dans le cas où la préfète du Val-de-Marne a pu légalement obliger l'intéressé à quitter le territoire français, en application des dispositions de l'article L. 611-1 (4°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. En l'absence de refus de titre de séjour comme il est exposé au point 2, le moyen tiré de ce que la décision du 3 juin 2021 portant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité d'un refus de séjour ne peut qu'être écarté.
6. Si M. A E se prévaut de ce qu'il est entré en France le 18 février 2020, qu'il y réside depuis lors avec sa femme qu'il a épousée le 14 juin 2012 et avec leur enfant scolarisé, il n'établit ni même n'allègue être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, la Géorgie, dont son épouse et l'enfant sont également ressortissants. S'il a sollicité le 11 mai 2021 un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade, il est constant qu'il ne disposait pas d'un tel titre à la date des décisions contestées. Il ne démontre pas, en tout état de cause, présenter un état de santé nécessitant une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ni d'ailleurs qu'il ne pourrait bénéficier dans son pays d'origine d'un traitement approprié. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation doit être écarté.
7. Aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. /(). ".
8. Dans la mesure où la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a ni pour objet ni pour effet de le séparer de son épouse et de leur enfant, ressortissants géorgiens comme lui, M. E n'est pas fondé à soutenir que cette décision méconnait l'intérieur supérieur de l'enfant protégé par les stipulations de l'article 3.1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
9. M. E n'est pas recevable à se prévaloir de l'article 25 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, laquelle ne comporte que 17 articles.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions en injonction.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et à la préfète du Val-de-Marne.
Jugement rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2022.
Le premier vice-président, La greffière
Signé : B. GUEVEL Signé : M. C
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026