jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2106179 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | VIEGAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 juin et 22 juillet 2021, M. B A, représenté par Me Viegas, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris du 21 mai 2021, révélée par le courriel du 11 juin 2021, refusant son détachement sur des fonctions de policier municipal de la ville de Cayenne ;
2°) d'enjoindre à l'Etat, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, d'autoriser ce détachement ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 3 000 euros en réparation du préjudice subi du fait de l'illégalité de la décision attaquée ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit du fait de son retrait au-delà d'un délai de quatre mois en violation de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de l'intérêt du service fondant le refus de détachement ;
- l'administration a commis une illégalité fautive de nature à engager sa responsabilité, en conséquence l'Etat sera condamné à lui verser la somme de 3 000 euros en réparation des préjudices subis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2023, le Garde des Sceaux, ministre de la justice conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation et au rejet du surplus des conclusions.
Il soutient que :
- il a obtenu satisfaction postérieurement à l'introduction de sa requête ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables en l'absence de demande indemnitaire préalable ;
- il n'apporte aucun élément démontrant la réalité d'un préjudice.
Par ordonnance du 1er juin 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 1er août 2023 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rehman-Fawcett,
- et les conclusions de M. Lacote, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. M. A, surveillant pénitentiaire, a été affecté au centre pénitentiaire de Fresnes à compter du 21 mars 2018. Par un courrier du 10 novembre 2020, notifié le 12 novembre 2020, il a sollicité son détachement dans les services de la ville de Cayenne, à compter du 1er juin 2021, sur un emploi de policier municipal. Par des courriers et un courriel des 23 février, 22 mars, 31 mai et 8 juin 2021, M. A a sollicité des informations sur l'avancement de sa demande de détachement. Par un courriel du 11 juin 2021, l'administration a informé M. A du refus de son détachement. M. A demande au tribunal l'annulation de cette décision et la réparation des préjudices qu'il estime avoir subi.
Sur les conclusions à fin de non-lieu à statuer :
2. Pour conclure au non-lieu à statuer, le Garde des sceaux, ministre de la justice fait état, à l'appui de ses écritures, que par un arrêté du 1er août 2022, postérieur à l'enregistrement de la requête, M. A a été détaché sur l'emploi de policier municipal, pour une période d'un an, à compter du 1er septembre 2022. Toutefois, il ressort des écritures du requérant, que ce dernier conclut tant à l'annulation de la décision refusant son détachement qu'à l'indemnisation résultant de l'illégalité fautive de celle-ci. Dans ces conditions, l'arrêté du 1er août 2022 n'est pas de nature à rendre sans objet la requête de l'intéressé qui conteste la légalité de la décision de refus de détachement et demande l'indemnisation de son préjudice. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin de non-lieu à statuer présentées par le Garde des sceaux, ministre de la justice.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes d'une part, de l'article 14 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dont les dispositions ont été reprises à l'article L. 511-3 du code général de la fonction publique entré en vigueur le 1er mars 2022 : " Hormis les cas où le détachement et la mise en disponibilité sont de droit, une administration ne peut s'opposer à la demande de l'un de ses fonctionnaires tendant, avec l'accord du service, de l'administration ou de l'organisme public ou privé d'accueil, à être placé dans l'une des positions mentionnées à l'article L. 511-1 ou à être intégré directement dans une autre administration qu'en raison des nécessités du service ou, le cas échéant, d'un avis rendu par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Elle peut exiger de lui qu'il respecte un délai maximal de préavis de trois mois. Son silence gardé pendant deux mois à compter de la réception de la demande du fonctionnaire vaut acceptation de cette demande. ".
4. Aux termes, d'autre part, de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ".
5. Il ressort des pièces du dossier, que le requérant a adressé une demande de détachement pour rejoindre, à la date du 1er juin 2021, les services de la police municipale de la ville de Cayenne, par un courrier du 10 novembre 2020, reçu par son administration le 12 novembre 2020. L'administration n'ayant pas répondu à la demande du requérant, le silence gardé pendant plus de deux mois par l'administration pénitentiaire sur la demande de détachement reçue le 12 novembre 2020 a fait naître, au profit de M. A, une décision implicite d'acceptation du 12 janvier 2021. Dans ces conditions, le courrier du 21 mai 2021 de l'administration pénitentiaire adressé à la Mairie de Cayenne l'informant du refus de détachement de M. A doit être regardé comme une décision de retrait de cette décision implicite d'acceptation du 12 janvier 2021. Dès lors que cette décision de retrait est intervenue au-delà du délai de quatre mois suivant la prise de la décision du 12 janvier 2021, l'administration ne pouvait légalement retirer cette décision, qui en tout état de cause n'était pas illégale. M. A est donc fondé à soutenir que la décision du 21 mai 2021 est entachée d'illégalité.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête à fin d'annulation, que la décision du 21 mai 2021 par laquelle l'administration doit être regardée comme ayant retiré la décision implicite d'acceptation de la demande de détachement de M. A doit être annulée.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Toute illégalité fautive de nature à engager la responsabilité de l'administration est susceptible de faire l'objet d'une indemnisation, pour autant qu'il en soit résulté un préjudice en lien direct et certain avec la faute commise.
8. Si le requérant soutient que l'illégalité de la décision du 21 mai 2021 lui a causé un préjudice de 3 000 euros, il se borne cependant à alléguer avoir subi un préjudice sans l'étayer par aucune pièce ; ne versant à la procédure aucune facture ou aucun élément permettant de l'établir. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de faire droit à ces conclusions à fin de condamnation de l'Etat.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
9. Il résulte de l'instruction que par un arrêté du 1er août 2022, M. A a été détaché auprès des services de la police municipale de la ville de Cayenne. L'exécution du présent jugement n'implique donc pas nécessairement qu'il soit enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice de réexaminer la demande de détachement de M. A. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du garde des sceaux, ministre de la justice, du 21 mai 2021 est annulée.
Article 2 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dewailly, président,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Rehman-Fawcett, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.
Le rapporteur,
C. REHMAN-FAWCETT
Le président,
S. DEWAILLY La greffière,
Y. SADLI
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision ;
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026