mercredi 21 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2106559 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SELARL JOVE - LANGAGNE - BOISSAVY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 juillet 2021 au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise et le 8 juillet 2021 au greffe du tribunal, complétée le 2 septembre 2022, M. C A, représenté par Me Langagne, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 1er juillet 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit, a prononcé contre lui une interdiction de retour pour une durée d'un an et l'a informé qu'il ferait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de son interdiction de retour ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour ou de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de procéder à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat (préfet des Hauts-de-Seine) le versement d'une somme de 1.000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français contestée a été prise sans qu'il soit entendu et qu'il est entaché d'un défaut de motivation et d'une erreur manifeste d'appréciation car il réside depuis plus de cinq ans en France et qu'il dispose d'un contrat de travail et d'un défaut d'examen de sa situation est entachée et que celle portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 septembre 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Vu :
- l'arrêté attaqué ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'ordonnance du 6 juillet 2021 par laquelle la présidente du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis la requête formée le 2 juillet 2021 par M. A, au motif de sa résidence déclarée à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-13-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 8 septembre 2022, en présence de Mme Aumond, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Langagne, représentant M. A, requérant, absent, qui rappelle que le requérant est présent sur le territoire depuis 2017.
Le préfet des Hauts-de-Seine n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant algérien né le 1er mars 1988 à M'Sila (Région de la Hodna), entré en France selon ses dires le 4 janvier 2017 muni d'un visa de court séjour délivré par les autorités consulaires espagnoles à Alger, a fait l'objet d'un contrôle de police le 1er juillet 2021 en gare de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). Ne pouvant présenter aucun document attestant de la régularité de son séjour en France, le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai par une décision du même jour. Par une requête enregistrée le 2 juillet 2021 au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, et le 8 juillet 2021 au greffe du présent tribunal, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur la décision portant obligation de quitter sans délai le territoire français :
2. Aux termes de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 614-6 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. Il est statué sur ce recours selon la procédure et dans les délais prévus, selon le fondement de la décision portant obligation de quitter le territoire français, aux articles L. 614-4 ou L. 614-5 ".
3. En premier lieu, le moyen tiré de ce que la décision contestée aurait été prise sans que M. A ait été mis en mesure de présenter ses observations ne pourra qu'être écarté comme manquant en fait, l'intéressé ayant fait l'objet d'une audition par les forces de police le 1er juillet 2021 à 7 heures 15, au cours duquel il a indiqué notamment le pas disposer de documents d'identité et souhaiter rester en France.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 7 de l'accord franco-algérien susvisé : " Les dispositions du présent article et celles de l'article 7 bis fixent les conditions de délivrance du certificat de résidence aux ressortissants algériens autres que ceux visés à l'article 6 nouveau, ainsi qu'à ceux qui s'établissent en France après la signature du premier avenant à l'accord : () ; b) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi [ministre chargé des travailleurs immigrés] , un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention " salarié " : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française () . Ces certificats de résidence sont délivrés gratuitement ".
5. En ce qui concerne les ressortissants algériens, les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 susvisé régissent d'une manière complète les conditions dans lesquelles ils peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, ainsi que les conditions dans lesquelles leurs conjoints et leurs enfants mineurs peuvent s'installer en France.
6. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A, qui indique travailler comme plombier sur des chantiers de bâtiment, sans toutefois être en mesure de nommer son employeur, dispose d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi ni qu'il ait même sollicité la délivrance d'un certificat de résidence au cours de ses cinq années alléguées de présence en France. Il n'est donc pas fondé à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine aurait entaché sa décision d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ou d'une erreur manifeste d'appréciation.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () ".
8. En l'espèce, la décision contestée comporte l'ensemble des éléments de fait et de droit qui en constituent le fondement. Elle est ainsi correctement motivée au sens de la disposition rappelée ci-dessus, la circonstance qu'elle ne mentionne pas le fait que l'intéressé disposerait de plusieurs membres de sa famille en France et qu'il travaillerait étant sans incidence sur la régularité de cette motivation dans la meure où ces circonstances, à les supposer établies, ne sont pas de nature à permettre de considérer que la décision en cause serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A formée contre la décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai ne pourra qu'être rejetée.
Sur la décision portant obligation de quitter sans délai le territoire français :
10. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
11. En premier lieu, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision faisant obligation à M. A de quitter le territoire français sans délai ne pourra qu'être écarté, cette décision étant légale, ainsi qu'il l'a été dit ci-dessus.
12. En deuxième lieu, l'intéressé, qui s'est maintenu en France pendant plus de cinq ans sans jamais avoir demandé la régularisation de sa situation administrative, ne faisant valoir aucune circonstance humanitaire particulière justifiant qu'aucune interdiction de retour sur le territoire français ne soit prononcée contre lui, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision ne pourra qu'être écarté.
13. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A formée contre la décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a prononcé contre lui une interdiction de retour pour une durée d'un an et l'a informé par voie de conséquence de son inscription aux fins de non-admission sur le système d'information Schengen ne pourra qu'être rejetée.
14. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter la requête de M. A dans l'ensemble de ses composantes.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C A et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
Signé : M. B
La greffière,
Signé : G. Aumond
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
G. Aumond
N°2106559
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026