jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2106560 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ARDAKANI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire et des pièces complémentaire enregistrés le 8 juillet 2021 et le 17 novembre 2022, M. C D, représenté par Me Chirinne Ardakani, avocate, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°/ d'annuler l'arrêté du 6 juillet 2021 du préfet du Val-d'Oise uniquement en tant qu'il lui fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux années ;
2°/ d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement ;
3°/ de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier :
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B A, premier vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendues au cours de l'audience publique, après présentation du rapport de M. A, les observations de Me Ardakani, avocate, pour M. D, présent à l'audience, qui confirme l'abandon, dans ses dernières écritures, des conclusions dirigées à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire, et dirige ses conclusions à l'encontre de la seule décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux années en confirmant les moyens soulevés et en invoquant le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3.1 de le convention internationale des droits de l'enfant. Le requérant demande que les pièces produites par le préfet soient disqualifiées à l'exception des pièces 3 et 5. Le préfet du Val-d'Oise n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions en annulation :
1. M. D demande l'annulation de l'arrêté du 6 juillet 2021 par lequel le préfet du Val d'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
2. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
3. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
4. En l'espèce, la décision du 6 juillet 2021 du préfet du Val-d'Oise portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans est motivée par les circonstances que M. D " se maintient en situation irrégulière depuis son entrée en France ", " a fait l'objet de plusieurs obligations de quitter le territoire français, mesures qu'il n'a pas exécutées ", qu'il " est marié à une ressortissante française, sans pouvoir justifier de preuves de vie commune et sans enfant " et qu'il " ne justifie d'aucune circonstance humanitaire particulière ". Alors même qu'elle ne mentionne pas l'existence ou non d'une menace pour l'ordre public que représente la présence de l'intéressé sur le territoire français, cette décision, dont l'intéressé a pu à sa seule lecture connaître les motifs, est suffisamment motivée à l'aune des dispositions, mentionnées au point 3, des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Si M. D soutient qu'il réside sur le territoire français depuis juillet 2011, soit près de dix années à la date de la mesure d'interdiction de retour sur le territoire français, qu'il n'a fait l'objet d'aucune précédente mesure d'éloignement et que sa présence sur le territoire français ne révèle aucune menace pour l'ordre public, il ressort des pièces du dossier, en particulier celles produites par le préfet du Val-d'Oise, que, contrairement à ses allégations, l'intéressé a fait l'objet d'une décision du 3 septembre 2018 du préfet du Val-de-Marne portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et d'une décision du 23 juin 2020 du préfet des Hauts-de-Seine portant obligation de quitter le territoire français sans délai, à l'exécution desquelles il s'est soustrait. En outre, M. D ne conteste pas qu'il se maintient en situation irrégulière depuis son entrée en France. Il indique lui-même que s'il est marié à une ressortissante française qu'il a épousée en mars 2016, la vie commune a cessé début 2020. Il allègue sans l'établir être, à la date de la décision attaquée, le père d'un enfant français. Dès lors, compte tenu de l'absence de justification de liens personnels et familiaux anciens, intenses et stables sur le territoire français, l'intéressé, auquel aucun délai de départ volontaire n'a été accordé pour quitter le territoire français et qui ne se prévaut d'aucune circonstance humanitaire particulière, n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans est affectée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dans son principe et sa durée.
6. Toutefois, la naissance, postérieurement à la date de la décision contestée, de l'enfant français, Adam né le 13 juillet 2022, que M. D a eu avec une ressortissante française autre que son épouse, qu'il a reconnu la veille de sa naissance et dont il établit contribuer à l'entretien et à l'éveil depuis la naissance, si elle est sans incidence sur la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, est de nature à faire obstacle à l'exécution de la mesure d'interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux années, eu égard aux stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions en injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE:
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au préfet du Val d'Oise.
Jugement rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
Le premier vice-président,
Signé : B. GUEVELLa greffière,
Signé : S. AIT MOUSSA
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
S. AIT MOUSSA
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026