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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2106671

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2106671

vendredi 19 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2106671
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantPONTAULT LEGALIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un arrêt n°20PA03879 du 30 juin 2021, la cour administrative d'appel de Paris a annulé l'ordonnance du tribunal administratif de Melun n°1808315 du 12 décembre 2020 donnant acte à la commune d'Ozouer-le-Voulgis du désistement de sa requête et a renvoyé l'affaire devant ce même tribunal pour qu'il y soit statué au fond.

Par cette requête, enregistrée le 8 octobre 2018 sous le n°1808315 et réenregistrée sous le n° 2106671, la commune d'Ozouer-le-Voulgis, représentée par Me Guerreau, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 7 août 2018 par laquelle la préfète de Seine-et-Marne a rejeté sa demande tendant à ce qu'elle fixe le coût net des charges transférées à la communauté de communes Brie des Rivières et Châteaux en l'absence de rapport régulièrement émis par la commission locale chargée d'évaluer les coûts ;

2°) d'enjoindre à la préfète de Seine-et-Marne de procéder à l'évaluation du coût des charges transférées à l'établissement public de coopération intercommunale et ce sous astreinte de 500 euros par jour de retard à l'expiration d'un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

La commune d'Ozouer-le-Voulgis soutient que :

- la décision du 7 août 2018 est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que la commission locale chargée d'évaluer le transfert de charges, sur le fondement du IV de l'article 1609 nonies C du code général des impôts, n'a pas régulièrement émis un avis dès lors qu'elle n'a pas évalué le coût net des charges transférées ce qui aurait dû conduire la préfète de Seine-et-Marne à constater par arrêté le coût net des charges transférées ;

- elle méconnaît le principe législatif de la neutralité budgétaire en ce que les dispositions précitées du 2° du V de l'article 1609 nonies C du code général des impôts, lesquelles prévoient que lorsque l'adhésion d'une commune s'accompagne d'un transfert ou d'une restitution de compétences, cette attribution de compensation est respectivement diminuée ou majorée du montant net des charges transférées calculé dans les conditions définies au IV, n'auraient pas été respectées, en l'absence de rapport de la commission locale chargée d'évaluer les charges transférées (CLECT) établissant le coût des charges transférées.

La requête a été communiquée à la préfète de Seine-et-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Une lettre du 3 septembre 2021 a informé les parties, en application de l'article

R. 611-11-1 du code de justice administrative, que la clôture de l'instruction était susceptible d'intervenir à compter du 4 octobre 2021.

Une ordonnance du 4 octobre 2021 a prononcé la clôture immédiate de l'instruction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code général des impôts ;

- le décret n°2004-374 du 29 avril 2004 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Dumas,

- et les conclusions de M. Allègre, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par un courrier du 13 juillet 2018, la commune d'Ozouer-le-Voulgis a demandé à la préfète de Seine-et-Marne de fixer le coût net des charges transférées à la communauté de communes Brie des Rivières et Châteaux en l'absence de rapport régulièrement émis par la commission locale chargée d'évaluer les charges transférées (CLECT). Par une décision du

7 août 2018, dont la commune d'Ozouer-le-Voulgis demande l'annulation, la préfète de Seine-et-Marne a rejeté cette demande.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 43 du décret du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements : " Le préfet de département peut donner délégation de signature () : 1° En toutes matières et notamment pour celles qui intéressent plusieurs chefs des services des administrations civiles de l'Etat dans le département, au secrétaire général () ".

3. Aux termes d'un arrêté n°17/PCAD/163 en date du 27 juillet 2017, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de Seine-et-Marne n°351 du 28 juillet 2017, Mme A B, préfète de Seine-et-Marne, a donné délégation à M. Nicolas de Maistre, secrétaire général de la préfecture de Seine-et-Marne et signataire de la décision attaquée du 7 août 2018, "() à l'effet de signer tous actes, arrêtés, décisions, circulaires, requêtes juridictionnelles, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département de Seine-et-Marne, à l'exception : / - des arrêtés de conflits, / - des réquisitions des forces armées ()". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

4. En deuxième lieu, dans le cadre du I de l'article 35 de la loi n° 2015-991 du

7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République, par arrêté du

10 décembre 2016, le préfet de Seine-et-Marne a décidé la création de la communauté de communes " Brie des rivières et châteaux ", laquelle comprend la commune d'Ozouer-le-Voulgis, le conseil municipal de celle-ci ayant émis un avis favorable à ce projet par une délibération du 30 juin 2016.

5. Le I de l'article 35 de la loi n° 2015-991 du 7 août 2015 a notamment modifié le V, 5°, 2 de l'article 1609 nonies C du code général des impôts, aux termes duquel, dans sa rédaction en vigueur à la date de la création de la communauté de communes " Brie des rivières et châteaux " : " () 2. - Lorsque, dans le cadre d'une modification de périmètre, de l'adhésion individuelle d'une commune ou d'une transformation dans les conditions prévues aux articles L. 5211-41-1 et du même code, un établissement public de coopération intercommunale est soumis au régime prévu au présent article et qu'il est fait application des dispositions de l'article 1638 quater, l'attribution de compensation versée ou perçue à compter de l'année où les opérations précitées ont produit pour la première fois leurs effets au plan fiscal est égale à : / a) Pour les communes qui étaient antérieurement membres d'un établissement public de coopération intercommunale soumis au présent article : à l'attribution de compensation que versait ou percevait cet établissement public de coopération intercommunale l'année précédant celle où les opérations précitées ont produit pour la première fois leurs effets au plan fiscal, sous réserve des dispositions de l'avant-dernier alinéa du 2° du présent V. Il peut être dérogé au présent a soit par délibérations concordantes de l'établissement public de coopération intercommunale et des communes intéressées dans les conditions du 1° bis, soit, uniquement les trois premières années d'existence du nouvel établissement public de coopération intercommunale par délibération de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale statuant à la majorité des deux tiers. Dans ce dernier cas, la révision ne peut pas avoir pour effet de minorer ou de majorer l'attribution de compensation de plus de 30 % de son montant, représentant au plus 5 % des recettes réelles de fonctionnement de la commune intéressée l'année précédant la révision ; /b) Pour les communes qui étaient antérieurement membres d'un établissement public de coopération intercommunale ne faisant pas application du présent article : au montant calculé conformément au 2° du présent V. / Lorsque l'adhésion d'une commune s'accompagne d'un transfert ou d'une restitution de compétences, cette attribution de compensation est respectivement diminuée ou majorée du montant net des charges transférées calculé dans les conditions définies au IV ".

6. L'arrêté préfectoral du 10 décembre 2016 portant création de la communauté de communes " Brie des rivières et châteaux " ayant emporté le retrait de la commune d'Ozouer-le-Voulgis de la communauté de communes " Les Gués de l'Yerres ", il s'en déduit que cette opération a consisté en une modification du périmètre de ces communautés de communes au sens du 2 du 5° du V de l'article 1609 nonies C du code général des impôts. Par suite, la création de la communauté de communes " Brie des rivières et châteaux " relève non du IV de ce même article mais du 2 du 5° du V de l'article 1609 nonies C du code général des impôts, lequel ne prévoit pas l'intervention d'un rapport de la commission locale chargée d'évaluer les charges transférées (CLECT) établissant le coût des charges transférées. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la décision du 7 août 2018 serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que la commission locale chargée d'évaluer le transfert de charges, sur le fondement du IV de l'article 1609 nonies C du code général des impôts, n'aurait pas régulièrement émis un avis dès lors qu'elle n'a pas évalué le coût net des charges transférées ce qui aurait dû conduire la préfète de Seine-et-Marne à constater par arrêté le coût net des charges transférées, doit, en tout état de cause, être écarté.

7. En troisième lieu, la commune d'Ozouer-le-Voulgis ne soutient pas que son adhésion à la communauté de communes " Brie des rivières et châteaux " aurait été accompagnée d'un transfert d'une compétence autre que celles qu'elle avait précédemment transférées à la communauté de communes " Les Gués de l'Yerres ", ou d'une restitution de compétences. Ainsi, le moyen tiré de ce que la décision attaquée méconnaitrait le principe de neutralité budgétaire en ce que les dispositions précitées du 2° du V de l'article 1609 nonies C du code général des impôts, dans leur rédaction applicable à la date de la création de la communauté de communes " Brie des rivières et châteaux ", n'auraient pas été respectées, doit lui aussi être écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision de la préfète de Seine-et-Marne du 7 août 2018 doivent être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et au paiement des entiers dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par la commune d'Ozouer-le-Voulgis est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la commune d'Ozouer-le-Voulgis et au préfet de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :

M. Lalande, président,

M. Dumas, premier conseiller,

M. Pradalié, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2024.

Le rapporteur,

M. DUMAS Le président,

D. LALANDE

La greffière,

C. KIFFER

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2106671

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