vendredi 23 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2106699 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | PAPINOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 15 juillet et 8 septembre 2021, Mme B A, représentée par Me Papinot, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 juin 2021 du préfet de Seine-et-Marne en tant qu'il lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai deux mois ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Papinot, son avocate, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur les moyens communs aux décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux et personnalisé.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que l'existence de l'avis du collège de médecins de l'office n'est pas établie ni, le cas échéant, qu'il comporte les mentions prévues l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et enfin qu'il n'est pas établi que la signature électronique des trois médecins du collège a été apposée par un procédé qui garantisse l'authenticité du document ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est cru en compétence liée par l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2021, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 août 2021.
Par une ordonnance du 9 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 9 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de la santé publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Lacote, conseiller rapporteur.
Une note en délibéré, présentée par Mme A, a été enregistrée le 8 septembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante congolaise née le 11 mars 1950 à Kinshasa (République démocratique du Congo), qui déclare être entrée irrégulièrement en France le 27 mai 2015 s'est vue refuser le bénéfice du statut de réfugié par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par décision du 29 avril 2016, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 14 mars 2017. L'intéressée s'est maintenue en France et a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé. Par un arrêté du 4 juin 2019, la préfète de Seine-et-Marne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Par un jugement du 28 août 2019, le tribunal administratif a annulé cet arrêté et enjoint au préfet de réexaminer la situation de Mme A. Par un arrêté du 8 juin 2021, le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office. Mme A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique modifiée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 18 août 2021, postérieure à l'introduction de la requête, le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale a été accordé à Mme A. Par suite, cette demande est devenue sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions aux décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués ".
5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la décision portant refus de titre de séjour de Mme A, qui n'avait pas à reprendre l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle de l'intéressée, comporte l'indication des éléments de droit et de fait qui constituent le fondement du refus de titre de séjour et est ainsi suffisamment motivée. A cet égard, la circonstance que l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dont l'arrêté contesté cite le contenu qu'il reprend à son compte, ne soit pas joint à cette décision, alors qu'il ne résulte d'aucun texte ni d'aucun principe que le préfet de Seine-et-Marne était tenu à une telle communication, est sans influence sur le caractère suffisant de cette motivation. Par ailleurs, la circonstance que la décision ne mentionne pas l'âge de la requérante ni qu'elle est entrée en France en qualité de réfugiée est sans influence sur le caractère suffisant de cette motivation et ne saurait révéler un défaut d'examen particulier de sa situation alors qu'au demeurant la décision mentionne que Mme A s'est vue refuser le bénéfice du statut de réfugié auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 14 mars 2017. Enfin, la circonstance que la décision contestée ne mentionne pas que, par courrier au demeurant non daté, reçu par la préfecture le 19 janvier 2021, elle aurait indiqué ne plus avoir de famille dans son pays d'origine où son mari est décédé et que ses trois enfants majeurs ont fui ce pays, ne saurait caractériser une insuffisance de motivation ou un défaut d'examen particulier de sa situation dès lors qu'il ressort des mentions même de cette décision que l'intéressée s'est déclarée célibataire et sans enfant et qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait transmis à l'occasion de l'examen de sa demande de titre des éléments permettant de contredire sa propre déclaration. D'autre part, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que l'obligation de quitter le territoire français vise les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à son fondement et n'avait pas à faire l'objet d'une motivation de fait distincte de la décision refusant à Mme A la délivrance d'un titre de séjour. Au surplus, contrairement à ce qu'allègue la requérante, le préfet de Seine-et-Marne, dont la décision vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, a examiné si elle était exposée à des peines ou traitements contraires à ces stipulations. Dès lors, les moyens tirés de ce que les décisions attaquées seraient entachées d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen particulier, manquent en fait et ne peuvent qu'être écartés.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
6. En deuxième lieu, si Mme A fait valoir que l'avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration ne lui a pas été communiqué, il ne résulte d'aucun texte ni d'aucun principe que le préfet de Seine-et-Marne était tenu à une telle communication. Par suite, alors que cet avis, qui contient l'ensemble des mentions prévues par l'arrêté du 27 décembre 2016 susvisé, a été versé au dossier de la présente instance, le moyen doit être écarté.
7. En second lieu, alors que l'avis du 15 décembre 2020 comporte la signature, en fac-similé numérisé, des trois médecins, dont l'identité est précisée, ce qui permet de les identifier conformément aux dispositions de l'article R. 4127-76 du code de la santé publique, Mme A, qui soutient qu'il ne s'agit pas de signatures sécurisées, ne peut utilement se prévaloir ni des dispositions de l'article 1367 du code civil, relatif aux modes de preuve en matière d'obligations civiles, qui ne sont pas applicables en l'espèce, ni de l'article 9 de l'ordonnance du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives, dès lors que l'avis émis en application des dispositions de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 n'entre pas dans le champ d'application de l'article L. 212-3 du code des relations entre le public et l'administration, renvoyant aux dispositions de ladite ordonnance. En tout état de cause, Mme A n'apporte aucun élément susceptible de remettre en cause l'authenticité des signatures qui y sont apposées et qui sont lisibles sans que l'absence d'horodatage ait d'incidence sur cette authenticité. Dans ces conditions cette branche du moyen doit être écartée.
8. Il résulte de ce qui a été dit aux points 6 à 7 du présent jugement que Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière au stade de la procédure médicale suivie devant l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
9. En quatrième lieu, il ne ressort ni des énonciations de la décision attaquée, ni des pièces versées à l'instance que le préfet de Seine-et-Marne se serait estimé en situation de compétence liée au regard de l'avis, qu'il reprend à son compte, émis le 15 décembre 2020 par le collège des médecins. A cet égard, la circonstance que plusieurs mois se sont écoulés entre l'avis et la décision contestée est sans influence alors qu'aucun texte n'impose au préfet de se prononcer sur la demande de titre de séjour dans un délai déterminé après la réception de cet avis et qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A aurait fait valoir un changement dans sa situation médicale dans ce délai. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / () Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. () ".
11. Pour prendre l'arrêté attaqué, le préfet s'est fondé notamment sur l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 15 décembre 2020 qu'il a repris à son compte, selon lequel l'état de santé de Mme A nécessite une prise en charge dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais que, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, elle peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et que son état de santé peut lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine. Mme A soutient qu'elle est atteinte d'hypertension artérielle, d'une lombarthrose, d'une hernie discale, qu'elle a subi une hystérectomie et fait l'objet d'un suivi psychologique et psychiatrique pour un syndrome dépressif, qu'elle est astreinte à la prise de différentes spécialités médicamenteuses, qu'elle ne peut être suivi médicalement et psychologiquement dans son pays d'origine et qu'en cas de
de nécessité de procéder à une opération de sa lombarthrose, il n'est pas établi qu'elle pourra accéder à une structure adaptée, qu'elle est isolée dans son pays d'origine et dépourvue de ressource. Toutefois, si Mme A, qui allègue, sans l'établir, être isolée dans son pays d'origine ou sans ressource, produit plusieurs ordonnances médicales et des attestations de suivi pour ses pathologies, aucun de ces documents n'indique quel type de soins adapté à son état de santé ne serait pas disponible dans son pays d'origine, ni les raisons pour lesquelles elle ne pourrait en bénéficier. Par suite, l'intéressée à laquelle incombait la charge de la preuve, n'apporte pas d'éléments probants de nature à remettre en cause l'appréciation portée par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration dans son avis émis le 15 décembre 2020. Dès lors, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision méconnaîtrait les dispositions précitées ou serait entachée d'une erreur d'appréciation en refusant de lui délivrer un titre de séjour en raison de son état de santé.
12. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont les dispositions ont été reprises à l'article L. 435-1 de ce code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
13. En se bornant à se prévaloir de son âge, de la circonstance qu'elle serait isolée dans son pays d'origine, ce qui n'est au demeurant pas établi par la seule production d'un certificat de décès d'un homme présenté comme son mari, de la circonstance qu'elle a fui son pays en raison de ses craintes alors qu'au demeurant sa demande d'asile a été rejetée par une décision définitive de la Cour nationale du droit d'asile, qu'elle est investie dans une association et auprès de son église, qu'elle a confectionné des masques durant la pandémie, qu'elle a des amis en France et compte-tenu des considérations qui précèdent sur l'état de santé de l'intéressée, cette dernière ne peut se prévaloir d'aucune circonstance humanitaire, ni d'aucun motif exceptionnel justifiant que lui soit octroyée une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet de Seine-et-Marne n'a pas méconnu les dispositions précitées en refusant de l'admettre au séjour à ce titre ni, à supposer le moyen invoqué, entaché la décision attaquée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle.
14. En dernier lieu, et compte-tenu des considérations qui précèdent, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision de refus de séjour serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation.
15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de séjour doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
16. En premier lieu, aux termes du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : / () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".
17. Pour les mêmes raisons que celles énoncées au point 11 du présent jugement, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le préfet a méconnu les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni en tout état de cause l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
18. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
19. Mme A soutient qu'elle réside en France depuis 2015 et qu'elle n'a plus d'attache dans son pays d'origine dès lors que son mari est décédé et que ses trois enfants auraient fui le pays. Toutefois, alors que ce dernier point n'est pas établi par la seule la production d'un certificat de décès d'un homme présenté comme son mari, il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté, que l'intéressée est célibataire, sans charge de famille sur le territoire français et qu'elle n'est pas démunie d'attaches dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 65 ans. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Elle n'a donc méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation.
20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
21. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa numérotation alors en vigueur : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
22. Si Mme A soutient que la décision fixant le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office méconnaît les stipulations et dispositions précitées dès lors qu'elle craint pour son intégrité physique en cas de retour en République démocratique du Congo, elle n'apporte aucun élément probant de nature à établir la réalité des risques et faits dont elle se prévaut en se bornant à faire référence à des rapports, des documents, des articles de presse de portée générale sur la situation du pays alors qu'au demeurant elle s'est vue refuser le bénéfice du statut de réfugié en dernier lieu par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 14 mars 2017. Par suite, le moyen doit être écarté.
23. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.
24. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 8 juin 2021 du préfet de Seine-et-Marne en tant qu'il lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle de Mme A.
Article 2 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Dewailly, président,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Lacote, conseiller.
Lu en audience publique le 23 septembre 2022.
Le rapporteur,
J.-N. LACOTE
Le président,
S. DEWAILLY
La greffière,
C. SISTAC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et de l'outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026