mercredi 21 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2106764 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SELARL JOVE - LANGAGNE - BOISSAVY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juillet 2021, complétée le 2 septembre 2022, M. C B, représenté par Me Langagne, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 21 juin 2021 par lequel la préfète du Val-de-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, ou de réexaminer sa situation dans le même délai et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) le versement d'une somme de 1.500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision portant refus de séjour contestée est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation car il est en France avec toute sa famille et notamment ses enfants qui ont pour certains le statut de réfugié et qu'elle méconnait aussi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, que la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise sans qu'il ait été entendu et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et enfin que la décision fixant le pays de renvoi l'expose à des risques inhumains et dégradants.
Le 3 septembre 2022, la préfète du Val-de-Marne a communiqué des pièces mais n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- l'arrêté attaqué ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision en date du 8 octobre 2018 par laquelle la Cour nationale du droit d'asile (3ème section, 1ère chambre) a rejeté le recours formé le 30 avril 2018 par M. B contre la décision en date du 30 mars 2018 par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides avait rejeté sa demande d'asile ;
- l'ordonnance en date du 12 mars 2021 par laquelle le président de la formation de jugement de la Cour nationale du droit d'asile a rejeté le recours formé le 19 février 2021 par M. B contre la décision en date du 25 janvier 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides avait jugé irrecevable sa demande de réexamen de sa demande d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-13-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 8 septembre 2022, en présence de Mme Aumond, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Langagne, représentant M. B, requérant, absent, qui rappelle que le requérant dispose de plusieurs membres de sa famille en France, dont beaucoup ont le statut de réfugié et qu'il est veuf ;
- et les observations de Me El Assaad, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête et qui soutient que les liens familiaux invoqués ne sont pas établis.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant sri-lankais né le 28 juin 1954 à Kilinochi (Province du Nord), entré en France selon ses dires le 15 avril 2017 pour y solliciter l'asile, a vu sa demande rejetée par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 30 avril 2018, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 8 octobre 2018. Il a présenté une demande de réexamen de sa demande d'asile qui lui a été refusée par le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 25 janvier 20213, confirmée par une ordonnance de la Cour nationale du droit d'asile le 12 mars 2014. Par un arrêté du 21 juin 2021, la préfète du Val-de-Marne a donc refusé d'admettre l'intéressé au séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par une requête enregistrée le 12 juillet 2021, M. B demande au présent tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la préfète du Val-de-Marne :
2. Aux termes de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3°; () ". Aux termes de l'article L. 614-5 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision. () Lorsque l'étranger conteste une décision portant obligation de quitter le territoire fondé sur le 4° de l'article L. 611-1 et une décision relative au séjour intervenue concomitamment, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin statue par une seule décision sur les deux contestations ".
3. Si la préfète du Val-de-Marne soutient que la requête formée le 12 juillet 2021 par M. B serait tardive car formée au-delà du délai de quinze jours après la date d'édiction de l'arrêté contesté, elle ne démontre pas, par la production notamment de l'accusé de réception de la lettre recommandée par laquelle cette décision a été notifiée à l'intéressé, que ce dernier l'aurait reçue antérieurement au 27 juin 2021. Par suite, la fin de non-recevoir ne pourra qu'être écartée.
Sur la décision portant refus de séjour :
4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter tout élément permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B, âgé de presque 67 ans à la date de la décision contestée, est veuf et dispose, sur le territoire national, de plusieurs membres de sa famille la plus proche, soit en l'espèce son fils et ses filles disposant de cartes de résident en qualité de réfugiés ou d'épouses de réfugiés. Dans ces conditions, il est fondé à soutenir qu'en refusant de l'admettre au séjour, la préfète du Val-de-Marne, a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
7. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 21 juin 2021 doit être annulé en ce qu'il a refusé d'admettre au séjour M. B, ainsi que, par voie de conséquence, la décision portant obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et la décision fixant le pays de renvoi, privées de base légale par l'annulation initiale prononcée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".
9. La présente décision, qui annule l'obligation de quitter le territoire français prononcée par la préfète du Val-de-Marne à l'encontre M. B a pour conséquence que ce dernier doit être mis en possession sans délai d'une autorisation provisoire de séjour et que sa situation soit réexaminée.
10. Il y a donc lieu d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer la situation de M. B dans un délai de deux mois et de le munir, sans délai, et dans l'attente de ce réexamen, d'une autorisation provisoire de séjour.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. M. B ayant bénéficié dans la présente instance d'un avocat commis d'office, il n'y a pas lieu de faire droit à ses conclusions tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté en date du 21 juin 2021 par lequel la préfète du Val-de-Marne a refusé d'admettre M. C B au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision et de le munir, sans délai, et dans l'attente de ce réexamen, d'une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. C B et à la préfète du Val-de-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
Signé : M. A
La greffière,
Signé : G. Aumond La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
G. Aumond
N°2106764
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026