vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2107123 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | PONTAULT LEGALIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 29 juillet 2021 et le 23 novembre 2021, M. B et Mme C A, représentés par Me Guerreau, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 février 2021 par lequel le maire de Sept-Sorts a retiré la déclaration préalable DP 077 448 00027 tacite accordée le 17 décembre 2020 à fin d'installation d'une terrasse ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Sept-Sorts une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable dès lors que les deux déclarations préalables ne concernent pas un projet identique compte tenu de la réduction de la surface de plancher ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure en l'absence de procédure contradictoire ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que c'est à tort que le maire a considéré que la terrasse suspendue entraînerait nécessairement une emprise au sol sur une zone non constructible, alors même que des adaptations mineures peuvent être accordées en application de l'article L. 152-3 du code de l'urbanisme ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'est pas cohérent avec les autres autorisations d'urbanisme concernant le terrain d'assiette du projet.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 octobre 2021 et le 11 janvier 2022, la commune de Sept-Sorts, représentée par Me Grau, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que l'arrêté attaqué constitue une décision confirmative ;
- le moyen tiré du vice de procédure est irrecevable et infondé ;
- le moyen tiré de l'absence de cohérence globale des autorisations d'urbanisme doit être écarté dès lors que les autorisations sont indépendantes les unes des autres et qu'ils ne sont pas titulaires d'un droit à la construction de cette terrasse ;
- le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté dès lors que la terrasse litigieuse s'implante sur la partie du terrain relevant de la zone N et protégée comme espace boisé classé et qu'aucune adaptation mineure n'est possible.
Par une ordonnance du 12 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Blanc, conseillère,
- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,
- et les observations de Me Garnier, représentant la commune de Sept-Sorts.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 18 mai 2017, le maire de Sept-Sorts a délivré à la société Nexity Foncier un permis d'aménager un lotissement sur un terrain situé avenue Franklin Roosevelt à Sept-Sorts. M. et Mme A, propriétaires du lot n° 12 du lotissement dénommé " Le Pas du Roy ", ont obtenu, par un arrêté du 8 octobre 2019, un permis de construire une maison d'habitation individuelle avec garage intégré sur ce lot situé 24 rue du Pas du Roy à Sept-Sorts. Par une demande déposée le 7 mars 2020, les requérants ont sollicité la délivrance d'une décision de non-opposition à déclaration préalable en vue de l'installation d'une terrasse suspendue en façade arrière de leur maison pour une surface de plancher de 19,8 m². Par un arrêté du 24 mars 2020, le maire de la commune s'est opposé à cette demande. Par un arrêté du 25 juillet 2020, les requérants se sont vus délivrer une décision de non-opposition à déclaration préalable avec prescriptions pour l'édification d'une clôture sur rue avec pose d'un portail et d'un portillon, en parpaing enduit ton pierre claire d'une hauteur de 1,70 mètre et l'édification de clôture sur les limites séparatives en parpaing enduit ton pierre claire en extérieur et en intérieur. Par une demande déposée le 17 novembre 2020, M. et Mme A ont déposé une déclaration préalable en vue de l'installation d'une terrasse de 15 m² sur pilotis, sur la façade arrière de la maison d'habitation. Une décision tacite de non-opposition est intervenue dans un délai d'un mois à compter de la réception du dossier de demande de déclaration préalable en raison du silence gardé par le maire de Sept-Sorts sur cette demande. Par un courrier du 11 janvier 2021, le maire de Sept-Sorts a informé les requérants de son intention de procéder au retrait de cette décision tacite de non-opposition. Par un arrêté du 18 février 2021, dont les requérants demandent l'annulation, le maire de Sept-Sorts a procédé au retrait de la décision tacite de non-opposition sur la demande déposée le 17 novembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire. / () ".
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; / () ". Aux termes de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. / L'administration n'est pas tenue de satisfaire les demandes d'audition abusives, notamment par leur nombre ou leur caractère répétitif ou systématique ". Il résulte des dispositions des articles L. 211-2 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration qu'il appartient à l'autorité administrative compétente pour adopter une décision individuelle entrant dans son champ de mettre elle-même la personne intéressée en mesure de présenter des observations. Le respect, par l'autorité administrative compétente, de la procédure contradictoire prévue par les dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration constitue une garantie pour le titulaire du permis qu'elle entend retirer. La décision de retrait est illégale s'il ressort de l'ensemble des circonstances de l'espèce que le bénéficiaire a été effectivement privé de cette garantie.
4. Les requérants soutiennent que la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière au motif que la procédure contradictoire n'a pas été respectée dans les faits dès lors qu'ils ont sollicité le 3 février 2021 la communication des documents graphiques du plan local d'urbanisme, documents qui pouvaient seuls leur permettre de présenter utilement des observations. D'une part, il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 11 janvier 2021, dont il est constant qu'il a été reçu le 15 janvier 2021 par les requérants, le maire de Sept-Sorts a informé les requérants de son intention de retirer la décision tacite de non-opposition, des motifs qui fondent ce retrait et de ce qu'ils pouvaient adresser leurs observations dans un délai de quinze jours à compter de la réception de ce courrier. D'autre part, si, par un courrier du 3 février 2021, reçu le 12 février 2021 par la commune, le conseil des requérants a sollicité la communication des documents graphiques du règlement du plan local d'urbanisme afin de s'assurer de la limite de la zone N et de l'espace boisé classé, il ressort des pièces du dossier que cette demande est parvenue à la commune après l'expiration du délai qui était imparti aux requérants pour présenter des observations et qu'en tout état de cause les requérants, qui étaient déjà en possession de ces documents dès lors que la limite entre la zone UB et la zone N était déjà matérialisée dans le permis de construire qu'ils avaient obtenu le 8 octobre 2019, pouvaient consulter ces documents sur le site internet de la commune. Il en résulte que, contrairement à ce que soutiennent les requérants, ils n'ont pas été privés de la possibilité de présenter effectivement leurs observations. Dans ces circonstances et compte tenu de ce que l'arrêté litigieux a été édicté le 18 janvier 2021, le moyen tiré du défaut de procédure contradictoire doit être écarté, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité d'un tel moyen.
5. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article N. 1 du règlement du plan local d'urbanisme sont interdites " toutes celles qui ne figurent pas à l'article N. 2 ". Aux termes de l'article N. 2 du règlement du plan local d'urbanisme, les occupations du sol soumises à conditions sont " les services publics ou d'intérêt collectif à condition qu'ils soient nécessaires à l'entretien ou à la gestion de l'aqueduc et que leurs parties hors sol ou imperméabilisées soient à au moins 50 mètres de la lisière avec un espace boisé classé figurant au document graphique ". D'autre part, aux termes de l'article L. 130-1 du code de l'urbanisme, aujourd'hui codifié aux articles L. 113-1 et L. 113-2 de ce code : " Les plans locaux d'urbanisme peuvent classer comme espaces boisés, les bois, forêts, parcs à conserver, à protéger ou à créer, qu'ils relèvent ou non du régime forestier, enclos ou non, attenant ou non à des habitations. Ce classement peut s'appliquer également à des arbres isolés, des haies ou réseaux de haies, des plantations d'alignements. / Le classement interdit tout changement d'affectation ou tout mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création des boisements. / () ".
6. Enfin, aux termes de l'article L. 123-1-9 du code de l'urbanisme, aujourd'hui codifié à l'article L. 152-3 du code de l'urbanisme : " Les règles et servitudes définies par un plan local d'urbanisme ne peuvent faire l'objet d'aucune dérogation, à l'exception des adaptations mineures rendues nécessaires par la nature du sol, la configuration des parcelles ou le caractère des constructions avoisinantes. / () ".
7. D'une part, il ressort des pièces du dossier et, en particulier, du document graphique du plan local d'urbanisme, que le terrain d'assiette du projet se situe en zone UB et en zone N du règlement du plan local d'urbanisme et que, la démarcation entre la zone UB et la zone N se situant le long de la façade arrière de la construction projetée dans le cadre de la demande de permis de construire obtenu le 8 octobre 2019, la terrasse litigieuse, dont l'implantation est prévue sur la façade arrière de la construction, se trouve en totalité en zone N et dans l'espace boisé classé. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'implantation de la terrasse litigieuse est de nature à compromettre la conservation, la protection et la création de l'espace boisé classé, ainsi qu'en témoigne d'ailleurs la circonstance que les requérants ont procédé à un défrichement de cette partie de leur terrain durant l'été 2020, alors même qu'ils n'en avaient pas obtenu d'autorisation, et n'est pas conforme aux dispositions des articles N. 1 et N. 2 du règlement du plan local d'urbanisme qui interdisent les constructions en zone naturelle. En outre, eu égard aux dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que ces travaux constituent une adaptation mineure. Enfin, la circonstance que des autorisations d'urbanisme relatives à des travaux distincts ont été délivrées aux requérants est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, les moyens tirés de l'illégalité du motif de retrait doivent être écartés.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par les requérants doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Sept-Sorts, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme que demandent les requérants au titre des frais liés à l'instance. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Sept-Sorts et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : M. et Mme A verseront à la commune de Sept-Sorts une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B et C A et à la commune de Sept-Sorts.
Délibéré après l'audience du 21 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Blanc, conseillère,
M. Cabal, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.
La rapporteure,
T. BLANCLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
C. ROUILLARD
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026