jeudi 15 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2107221 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | CUJAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 30 juillet 2021 et
3 août 2021, M. B A, représenté par Me Cujas, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 juillet 2021 par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et l'a interdit de circulation sur le territoire national pour une durée de deux ans et l'a signalé aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de procéder à la suppression du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'État (la préfète du Val-de-Marne) la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire :
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision portant interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de deux ans :
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Les éléments de la procédure ont été communiqués à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense, malgré une mise en demeure adressée le 8 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Potin,
- et les observations de Me Cujas, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant roumain né le 27 février 1991 à Danciulesti (Roumanie), a été interpelé et placé en garde à vue le 27 juillet 2021 pour des faits de recel de vol aggravé. Par arrêté du 28 juillet 2021, la préfète du Val-de-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office et lui a fait interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / () ; / 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; / () ". En application de ces dispositions, il appartient à l'autorité administrative, qui ne saurait se fonder sur la seule existence d'une infraction à la loi, d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence d'un citoyen de l'Union européenne autre que la France sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle, et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française, ces conditions étant appréciées en fonction de sa situation individuelle, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.
3. D'une part, M. A ne peut utilement invoquer la méconnaissance des dispositions des articles L. 211-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration, relatifs à la motivation des actes administratifs, à l'appui du moyen tiré du défaut de motivation de la décision critiquée portant obligation de quitter le territoire français.
4. D'autre part, la décision attaquée de la préfète du Val-de-Marne comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il est suffisamment motivé même s'il ne reprend pas l'ensemble des éléments dont M. A entend se prévaloir. Il suit que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire serait entachée d'un défaut de motivation.
5. En deuxième lieu, chaque moyen soulevé par le requérant doit être clairement identifié, avec un sous-titre et un développement par moyen. Par conséquent, le juge peut refuser de regarder comme un moyen une phrase glissée dans un " rappel des faits et de la procédure " ou dans un développement consacré à un tout autre sujet.
6. En l'espèce, le requérant, qui est représenté par un avocat, ne conteste ni l'application faite par la préfète du Val-de-Marne des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni le fait qu'il constitue une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société et ce malgré les éléments relatifs à son intégration sur le territoire national.
7. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. Le requérant soutient qu'il réside en France depuis quatre ans et qu'il est parfaitement intégré. Il fait également valoir, au soutien d'autres moyens, qu'il réside avec sa compagne de nationalité roumaine, qu'il occupe un emploi stable depuis trois ans à temps partiel, qu'il complète son activité par un commerce de restauration rapide sur la voie publique, qu'il souffre d'une hémopathie grave depuis l'année 2018. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant est arrivé en France au cours de l'année 2018, qu'il ne démontre la vie commune avec sa compagne que depuis décembre 2019, que le dernier compte-rendu médical transmis au tribunal précise qu'il est en " excellent état général ". Dans ces conditions, et quand bien même le requérant démontre la stabilité de sa situation professionnelle, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
9. Pour les mêmes raisons que celles mentionnées au point précédent, la préfète du
Val-de-Marne, en prenant l'obligation de quitter le territoire français attaquée, n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.
En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :
10. Aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. / L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel ".
11. D'une part, le requérant ne conteste pas les conditions de mise en œuvre de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment la condition d'urgence. D'autre part, et pour les mêmes motifs que ceux précédemment énoncés au point 8, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision de la préfète du Val-de-Marne sur la situation personnelle du requérant doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de deux ans :
12. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant conteste la matérialité des faits de recel de vol aggravé retenue par la préfète du Val-de-Marne. Dès lors, et compte tenu des éléments mentionnés au point 6 ci-dessus, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision de la préfète du Val-de-Marne sur la situation personnelle du requérant doit être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé, par les moyens qu'il invoque, à demander l'annulation de l'arrêté du 28 juillet 2021, par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et l'a interdit de circulation sur le territoire national pour une durée de deux ans.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A, doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gracia, président,
M. Israël, premier conseiller,
Mme Potin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.
La rapporteure,
M. Potin
Le président,
J-Ch. GraciaLa greffière,
C. Mahieu
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026