LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2107363

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2107363

vendredi 31 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2107363
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre
Avocat requérantMIGAULT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête n° 2103113 et un mémoire, enregistrés le 3 avril 2021 et le 25 avril 2022, M. A B, représenté par Me Migault, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, de conclure au non-lieu à statuer sur la demande d'annulation de l'arrêté du 12 mars 2021 d'opposition à la déclaration préalable à fin d'élargissement de son portail fermant le terrain situé 6 rue de l'Étang ;

2°) à titre subsidiaire, d'annuler l'arrêté du 12 mars 2021 portant opposition à la déclaration préalable ;

3°) d'enjoindre au maire de Lumigny-Nesles-Ormeaux de lui délivrer un certificat de non-opposition à déclaration préalable pour la modification de son portail à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Lumigny-Nesles-Ormeaux une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée constitue une décision de retrait de la décision tacite de non-opposition à la demande de déclaration préalable dont il était titulaire depuis le 19 mars 2021 ;

- la décision attaquée, qui constitue le retrait de cette autorisation tacite, est illégale dès lors qu'elle n'a pas respecté la procédure contradictoire des articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est insuffisamment motivée en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle méconnaît l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme dès lors qu'elle retire une autorisation tacite qui n'est pas illégale ;

- elle méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que, d'une part, des prescriptions particulières peuvent pallier un risque pour la sécurité publique et, d'autre part, les travaux sollicités portent sur la modification d'un portail localisé au même endroit que le portail existant, qui donne sur une route à faible circulation et s'ouvre vers l'intérieur ;

- la substitution de motifs sollicitée doit être écartée dès lors que, d'une part, son projet n'est pas constitutif d'une construction nouvelle alors que les dispositions invoquées ne valent qu'en cas de construction de la maison principale et que le plan local d'urbanisme ne peut imposer des prescriptions relatives aux distances des clôtures depuis la voirie ou même contraindre à ce que les clôtures ne soient construites qu'en même temps que la construction principale.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 mars 2022, la commune de Lumigny-Nesles-Ormeaux, représentée par Me Gorand, conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 12 mars 2021 dès lors que cet arrêté a été retiré par un arrêté du 15 juin 2021 qui a été lui-même retiré par un arrêté du 16 juin 2021 retirant également la décision tacite de non-opposition intervenue antérieurement ;

- les moyens dirigés contre l'arrêté du 12 mars 2021 ne sont pas fondés ;

- elle sollicite une substitution de motifs sur le fondement des articles UB 3 et 4 du règlement du plan local d'urbanisme.

Par une lettre du 17 janvier 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 21 mars 2022 sans information préalable.

Une ordonnance portant clôture immédiate de l'instruction a été émise le 15 juin 2022.

II. Par une requête n° 2107363 et des mémoires, enregistrés le 4 août 2021, le 24 mars 2022 et le 16 mai 2022, M. A B, représenté par Me Migault, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 juin 2021 par lequel le maire de Lumigny-Nesles-Ormeaux a retiré l'autorisation tacite ;

2°) d'annuler l'arrêté du 16 juin 2021 par lequel le maire de Lumigny-Nesles-Ormeaux a retiré l'autorisation tacite et l'arrêté du 15 juin 2021 ;

3°) d'enjoindre au maire de Lumigny-Nesles-Ormeaux de lui délivrer un certificat de non-opposition à déclaration pour la modification de son portail à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Lumigny-Nesles-Ormeaux une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 15 juin 2021 qui a été retiré par l'arrêté du 16 juin 2021 ;

- l'arrêté du 16 juin 2021 est illégal dès lors qu'il n'a pas été édicté dans le délai de trois mois prévu à l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme et n'a pas respecté la procédure contradictoire des articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- il méconnaît l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme dès lors qu'il retire une autorisation tacite qui n'est pas illégale ; d'une part, l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme n'est pas applicable à une construction existante et l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme est illégal dès lors que le règlement du plan local d'urbanisme ne peut imposer des prescriptions relatives aux distances des clôtures depuis la voirie ; d'autre part, les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ne sont pas méconnues par le projet tacitement autorisé et le maire de Lumigny-Nesles-Ormeaux aurait pu prescrire des dispositions particulières au lieu d'interdire le projet ;

- il est entaché d'un détournement de pouvoir.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 24 février et le 21 avril 2022, la commune de Lumigny-Nesles-Ormeaux, représentée par Me Gorand, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les conclusions dirigées contre l'arrêté du 15 juin 2021 sont irrecevables ;

- les moyens soulevés dans la requête doivent être écartés ;

- elle sollicite une substitution de motifs sur le fondement de l'article 4 du règlement du plan local d'urbanisme.

Par une lettre du 17 janvier 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 21 mars 2022 sans information préalable.

Une ordonnance portant clôture immédiate de l'instruction a été émise le 15 juin 2022.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Blanc, conseillère,

- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,

- et les observations de Me Migault, représentant le requérant.

Considérant ce qui suit :

1. Par une demande du 19 février 2021, le requérant a déposé une déclaration préalable afin notamment d'élargir le portail existant le long de son terrain situé 6, rue de l'Étang à Lumigny-Nesles-Ormeaux. Par un arrêté du 12 mars 2021, notifié le 22 mars 2021, le maire de Lumigny-Nesles-Ormeaux s'est opposé à cette déclaration préalable de travaux. Dans l'instance n° 2103113, le requérant demande l'annulation de cet arrêté. Par un courrier du 4 juin 2021, le maire de la commune a indiqué à M. B qu'il envisageait le retrait de décisions prises et notamment de la décision tacite du 19 mars 2021 de non-opposition à sa déclaration préalable relative à l'élargissement du portail existant avec création du portillon concernant la même propriété. Par un arrêté du 15 juin 2021, le maire de Lumigny-Nesles-Ormeaux a retiré la décision de non-opposition tacite à la déclaration préalable déposée le 19 février 2021. Par un arrêté du 16 juin 2021, le maire de Lumigny-Nesles-Ormeaux a retiré l'arrêté du 15 juin 2021 et la décision de non-opposition tacite à la déclaration préalable déposée le 19 février 2021. Dans l'instance n° 2107363, le requérant demande l'annulation de ces arrêtés des 15 et 16 juin 2021.

2. Les requêtes susvisées n° 2103113 et n° 2107363 présentées par le requérant présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur la requête n° 2103113 :

En ce qui concerne l'exception de non-lieu à statuer :

3. Si la commune de Lumigny-Nesles-Ormeaux informe le tribunal de ce que le maire de la commune a, par deux arrêtés des 15 et 16 juin 2021, retiré la décision de non-opposition sur la déclaration préalable déposée par le requérant le 19 février 2021, cette circonstance n'est pas de nature à rendre sans objet la présente requête qui porte sur l'arrêté du 12 mars 2021 portant opposition à cette déclaration préalable. Par suite, il y a lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la requête du requérant.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-2 du code de l'urbanisme : " Le permis est tacitement accordé si aucune décision n'est notifiée au demandeur à l'issue du délai d'instruction. / Un décret en Conseil d'État précise les cas dans lesquels un permis tacite ne peut être acquis. " Aux termes de l'article R. 424-1 du code de l'urbanisme : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : / a) Décision de non-opposition à la déclaration préalable ; / () ". Aux termes de l'article R. 423-19 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet ". Aux termes de l'article R. 423-22 de ce code : " Pour l'application de la présente section, le dossier est réputé complet si l'autorité compétente n'a pas, dans le délai d'un mois à compter du dépôt du dossier en mairie, notifié au demandeur ou au déclarant la liste des pièces manquantes dans les conditions prévues par les articles R. 423-38 et R. 423-41 ". Aux termes de l'article R. 423-23 de ce code : " Le délai d'instruction de droit commun est de : / a) Un mois pour les déclarations préalables ; / () ". Aux termes de l'article R. 423-38 du code de l'urbanisme : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes ". Aux termes de l'article R. 423-41 du code de l'urbanisme : " Une demande de production de pièce manquante notifiée après la fin du délai d'un mois prévu à l'article R*423-38 ou ne portant pas sur l'une des pièces énumérées par le présent code n'a pas pour effet de modifier les délais d'instruction définis aux articles R*423-23 à R*423-37-1 et notifiés dans les conditions prévues par les articles R*423-42 à R*423-49 ". Aux termes de l'article R. 423-46 du code de l'urbanisme : " Les notifications et courriers prévus par les sous-sections 1 et 2 ci-dessus sont adressés par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou, dans le cas prévu par l'article R. 423-48, par échange électronique ".

5. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a déposé le 19 février 2021 une déclaration préalable, enregistrée en mairie, à fin d'élargir son portail. Il est constant qu'aucune demande de pièce complémentaire n'a été adressée au requérant et le dossier est réputé complet à compter du 19 février 2021, en application des articles R. 423-19 et R. 423-22 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, une décision de non-opposition est née le 20 mars 2021. Or, il ressort des pièces du dossier que, par l'arrêté attaqué du 12 mars 2021, notifié le 22 mars 2021, ce que ne conteste pas la commune défenderesse, le maire de Lumigny-Nesles-Ormeaux s'est opposé à cette déclaration préalable.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire. / () ".

7. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; / () ". Aux termes de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. / L'administration n'est pas tenue de satisfaire les demandes d'audition abusives, notamment par leur nombre ou leur caractère répétitif ou systématique ". Il résulte de ces dispositions que la décision qui, comme dans le cas d'espèce, procède au retrait d'une décision de non-opposition à déclaration préalable, laquelle a le caractère d'une décision créatrice de droit, doit être prise au terme d'une procédure contradictoire. Le respect, par l'autorité administrative compétente, de la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 121-1 constitue une garantie pour le titulaire de l'autorisation d'urbanisme dont le retrait est envisagé.

8. D'une part, l'arrêté qui vise la demande de déclaration préalable, le code de l'urbanisme, le plan local d'urbanisme modifié le 11 février 2020, l'objet du projet objet de la demande ne vise pas l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme servant de base légale aux décisions de retrait des autorisations d'urbanisme, et ne comporte aucune motivation se rapportant aux conditions énoncées à cet article et applicables au prononcé d'une décision de retrait d'une telle autorisation. En outre, il n'apporte pas davantage de précisions sur les motifs de fait de ce retrait. Il s'ensuit que ces énonciations n'ont pas mis à même le destinataire de l'arrêté de comprendre les motifs de droit et de fait de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être accueilli.

9. D'autre part, il est constant que le requérant n'a pas été destinataire d'un courrier l'informant de ce que le retrait de la décision de non-opposition tacite était envisagé par la commune. Ainsi, cette méconnaissance du principe du contradictoire a privé le requérant d'une garantie, et est également susceptible d'avoir exercé une incidence sur le sens de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de la procédure contradictoire doit être accueilli.

10. Enfin, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

11. Il ressort des pièces du dossier que les travaux envisagés consistent à modifier la largeur du portail d'accès afin de permettre au requérant de faire entrer son camion au sein de sa propriété située rue de l'Étang et que cette rue est une voie rectiligne, qui ne pose aucune difficulté de visibilité. Si le maire de Lumigny-Nesles-Ormeaux a considéré que le projet est de nature à porter atteinte à la sécurité publique du fait de sa situation, la commune ne produit aucun élément permettant d'établir que cet accès présenterait un danger tel qu'un refus serait justifié en application des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être accueilli.

12. Ainsi qu'il a été dit précédemment, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la substitution de motif sollicitée, l'arrêté attaqué qui retire la décision de non-opposition à une déclaration préalable est intervenue sans procédure contradictoire préalable. Dans ces conditions, aucun motif substitué ne pourrait la fonder légalement.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 12 mars 2021 doivent être accueillies.

Sur la requête n° 2107363 :

En ce qui concerne l'exception de non-lieu à statuer :

14. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque que le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.

15. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté initial du 15 juin 2021 a été retiré par l'arrêté du 16 juin 2021 qui a le même objet, et qui fait également l'objet du présent recours. Dans ces conditions, le retrait n'ayant pas acquis un caractère définitif, il y a lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre l'arrêté initial du 15 juin 2021 et celles dirigées contre l'arrêté du 16 juin 2021.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation des arrêtés du 15 et 16 juin 2021 :

16. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire. / () ".

17. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; / () ". Aux termes de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. / L'administration n'est pas tenue de satisfaire les demandes d'audition abusives, notamment par leur nombre ou leur caractère répétitif ou systématique ". Il résulte de ces dispositions que la décision qui, comme dans le cas d'espèce, procède au retrait d'une décision de non-opposition à déclaration préalable, laquelle a le caractère d'une décision créatrice de droit, doit être prise au terme d'une procédure contradictoire permettant au titulaire de la décision de non-opposition d'être informé de la mesure qu'il est envisagé de prendre, ainsi que des motifs sur lesquelles elle se fonde, et de bénéficier d'un délai suffisant pour présenter ses observations. Le respect, par l'autorité administrative compétente, de la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 121-1 constitue une garantie pour le titulaire de l'autorisation d'urbanisme dont le retrait est envisagé.

18. S'il est constant que M. B a été destinataire du courrier du 4 juin 2021 du maire de Lumigny-Nesles-Ormeaux l'informant de ce qu'il envisageait de retirer la décision tacite de non-opposition à sa demande de déclaration préalable de travaux déposée le 19 février 2021 et l'invitait à lui faire part de ses observations dans un délai de sept jours à compter de la réception de ce courrier et au plus tard le 14 juin 2021, il ne ressort pas des mentions de ce courrier qu'il a été informé des motifs pour lesquels cette mesure a été envisagée. Ainsi, la circonstance que M. B a transmis ses observations le 14 juin 2021 n'est pas de nature à permettre de considérer que la procédure contradictoire a été régulièrement suivie préalablement à l'édiction de ces deux arrêtés. Par suite, le moyen tiré du non-respect de la procédure contradictoire doit être accueilli.

19. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

20. Pour les mêmes motifs que ceux déjà exposés au point 11, ce moyen doit être accueilli.

21. En troisième lieu, aux termes de l'article UB 3. 3 du règlement du plan local d'urbanisme : " En outre, un recul de portail, de 2 mètres minimum, sera autorisé pour permettre la manœuvre et le stationnement des véhicules hors de la voie publique. Il pourra en outre être prescrit pour des motifs de sécurité routière. / () / Dans l'ensemble de la zone, il n'est pas fixé de règle pour : - les aménagements et extensions limitées à 40 m² d'emprise au sol, réalisées dans le même prolongement de façade, des constructions existantes à la date d'approbation du présent plan local d'urbanisme ; () ".

22. Ainsi que le soutient le requérant, l'article UB 3.3 du règlement du plan local d'urbanisme n'est pas opposable aux constructions existantes. Or, les travaux objets de la déclaration préalable litigieuse concernent la modification d'un portail existant. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que les arrêtés attaqués ne pouvaient être fondés sur les dispositions de l'article UB 3.3 du règlement du plan local d'urbanisme doit être accueilli.

23. Aux termes de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d'urbanisme (), la juridiction administrative se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête qu'elle estime susceptibles de fonder l'annulation (), en l'état du dossier ". Pour l'application de ces dispositions, aucun des autres moyens de la requête n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation des arrêtés des 15 et 16 juin 2021 du maire de Lumigny-Nesles-Ormeaux.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

24. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ". Aux termes de l'article L. 911-3 du code de justice administrative : " Saisie de conclusions en ce sens, la juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet ". Aux termes de l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme : " En cas de permis tacite ou de non-opposition à un projet ayant fait l'objet d'une déclaration, l'autorité compétente en délivre certificat sur simple demande du demandeur, du déclarant ou de ses ayants-droit. () ".

25. Il y a lieu, sur le fondement de ces dispositions, d'enjoindre à la commune de Lumigny-Nesles-Ormeaux de délivrer à M. B un certificat attestant de l'obtention d'une décision de non-opposition à sa déclaration préalable sollicitée le 19 février 2021 dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du requérant la somme demandée par la commune de Lumigny-Nesles-Ormeaux. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Lumigny-Nesles-Ormeaux, une somme de 3 000 euros au titre des frais exposés par le requérant, et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 12 mars 2021 du maire de Lumigny-Nesles-Ormeaux est annulé.

Article 2 : Les arrêtés des 15 et 16 juin 2021 du maire de Lumigny-Nesles-Ormeaux sont annulés.

Article 3 : Il est enjoint à la commune de Lumigny-Nesles-Ormeaux de délivrer à M. B un certificat attestant de l'obtention d'une décision de non-opposition à sa déclaration préalable sollicitée le 19 février 2021 dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : La commune de Lumigny-Nesles-Ormeaux versera à M. B une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 6 : Les conclusions de la commune de Lumigny-Nesles-Ormeaux présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Lumigny-Nesles-Ormeaux.

Délibéré après l'audience du 10 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Mullié, présidente,

Mme Jeannot, première conseillère.

Mme Blanc, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2023.

La rapporteure,

T. BLANCLa présidente,

N. MULLIE

La greffière,

H. KELI

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

Nos 2103113

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions