LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2107377

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2107377

mercredi 10 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2107377
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7ème chambre
Avocat requérantSEBAG

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 5 août 2022, 7 février 2022, 17 mars 2022 et 11 avril 2022, la SAS " Sara ", représentée par la SELARL A. Sebag avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 juillet 2021 par lequel la préfète du Val-de-Marne a décidé de procéder à la fermeture administrative de son établissement de restauration nommé " Perfecto pizza " situé à l'Haÿ-les-Roses pendant un mois ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 3 500 euros en réparation du préjudice que lui a causé cet arrêté ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il méconnait les droits de la défense et le principe du contradictoire ;

- la préfète a commis une erreur de fait et une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2022, la préfète du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par la société Sara ne sont pas fondés.

Par un courrier du 17 mars 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré, sauf régularisation de la requête sur ce point dans un délai de quinze jours, de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'indemnisation en l'absence de demande préalablement formée devant l'administration conformément à l'article L. 421-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Duhamel a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. La SAS " Sara " exploite un établissement dénommé " Perfecto Pizza " de restauration rapide et de vente à emporter au 140 rue de Chevilly à l'Haÿ-les-Roses. A la suite d'un contrôle effectué le 22 juin 2021 par les services de l'unité de lutte contre l'immigration irrégulière, la préfète du Val-de-Marne a prononcé, par un arrêté du 26 juillet 2021, la fermeture administrative de cet établissement pour une durée d'un mois, du 30 juillet 2021 au 30 août 2021. La SAS " Sara " demande au tribunal d'annuler cet arrêté et de condamner l'Etat à l'indemniser de ses préjudices résultant de cette mesure.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 8272-2 du code du travail : " Lorsque l'autorité administrative a connaissance d'un procès-verbal relevant une infraction prévue aux 1° à 4° de l'article L. 8211-1 ou d'un rapport établi par l'un des agents de contrôle mentionnés à l'article L. 8271-1-2 constatant un manquement prévu aux mêmes 1° à 4°, elle peut, si la proportion de salariés concernés le justifie, eu égard à la répétition ou à la gravité des faits constatés, ordonner par décision motivée la fermeture de l'établissement ayant servi à commettre l'infraction, à titre temporaire et pour une durée ne pouvant excéder trois mois. Elle en avise sans délai le procureur de la République ". Aux termes de l'article L. 8211-1 du même code : " Sont constitutives de travail illégal, dans les conditions prévues par le présent livre, les infractions suivantes : 4° Emploi d'étranger non autorisé à travailler ". D'autre part, aux termes de l'article L. 5221-2 du même code : " Sont dispensés de l'autorisation de travail prévue à l'article R. 5221-1 :1° Les ressortissants des Etats membres de l'Union européenne (). ".

3. Par ailleurs, lorsqu'un salarié s'est prévalu lors de son embauche de la nationalité française ou de sa qualité de ressortissant d'un Etat pour lequel une autorisation de travail n'est pas exigée, l'employeur ne peut être sanctionné s'il s'est assuré que ce salarié disposait d'un document d'identité de nature à en justifier et s'il n'était pas en mesure de savoir que ce document revêtait un caractère frauduleux ou procédait d'une usurpation d'identité.

4. La fermeture administrative de l'établissement de la société requérante est fondée sur le motif tiré de ce qu'à l'occasion d'un contrôle effectué le 22 juin 2021, il avait été constaté la présence de trois salariés qui n'avaient fait l'objet d'aucune déclaration préalable à l'embauche et qui étaient dépourvus de titres les autorisant à travailler sur le territoire français.

5. Il ressort toutefois des pièces du dossier, notamment des justificatifs joints à la requête et qui ne sont pas contestés par la préfète, d'une part, que les trois salariés présents le jour du contrôle avaient été dûment déclarés auprès des services compétents et avaient fait l'objet d'une déclaration préalable à l'embauche et, d'autre part, que ces derniers avaient présenté à leur employeur, non des titres de séjour susceptibles de faire l'objet d'une demande d'authentification auprès des administrations territorialement compétentes, mais des titres d'identité italiens. Si la préfète du Val-de-Marne soutient que la SAS " Sara " aurait été néanmoins en mesure de constater leur caractère frauduleux, cette dernière allègue cependant qu'elle n'a eu connaissance de ces faits qu'au moment du contrôle effectué le 22 juin 2021 après que les salariés incriminés les eurent reconnus.

6. Les trois salariés mis en cause lui ayant présenté des documents d'identité d'un pays membre de l'Union européenne, la SAS " Sara " n'était dès lors pas soumise à l'obligation de solliciter une autorisation de travail. Il ne ressort pas des pièces du dossier, comme le soutient au demeurant la société requérante, qu'elle aurait pu raisonnablement penser que ces documents, dont elle a, par ailleurs, conservé les copies pour les communiquer aux autorités compétentes à l'issue du contrôle et les verser au dossier de la présente instance, présentaient un caractère frauduleux. De plus, ces trois salariés étant inscrits au registre du commerce en qualité d'entrepreneurs individuels depuis plusieurs années sous l'identité connue par leur employeur, ce que ne conteste pas l'administration. Cette circonstance a été de nature à conforter la société requérante dans son absence de doute quant à la situation régulière de ses employés. Dans ces conditions, si la préfète du Val-de-Marne soutient que la société requérante ne pouvait ignorer qu'il s'agissait de faux documents d'identité, notamment par la forme différente qu'ils revêtaient à savoir une carte électronique et deux cartes cartonnées ainsi que la présence de rivets sur une carte et leur absence sur l'autre, ces anomalies ne présentent pas un caractère suffisamment apparent pour être décelées par un employeur normalement vigilant alors qu'en outre, la société requérante fait valoir la difficulté à pouvoir établir un rapprochement entre les titres dès lors que les recrutements sont intervenus de manière éloignée dans le temps (recrutements opérés les 7 décembre 2017, 19 février 2020 et 30 octobre 2020). Il suit de là que, dans les circonstances de l'espèce, la SAS " Sara ", qui peut utilement se prévaloir de sa bonne foi, est fondée à faire valoir qu'elle n'était pas en mesure de savoir que les documents qui lui avaient été présentés revêtaient un caractère frauduleux. Elle ne saurait, dès lors, être sanctionnée pour avoir employé ces trois salariés.

7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'arrêté préfectoral du 26 juillet 2021 doit être annulé.

Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :

8. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".

9. Conformément à ces dispositions, un recours indemnitaire doit être formé contre une décision préalable. En l'absence de toute décision préalable de la préfète du Val-de-Marne rejetant une demande indemnitaire de la société " Sara ", les conclusions indemnitaires, qui n'ont pas été régularisées en dépit d'une mise en demeure adressée à la société requérante, sont irrecevables et doivent dès lors être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

10. Pour l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société " Sara " et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 26 juillet 2021 par lequel la préfète du Val-de-Marne a décidé de procéder à la fermeture administrative de l'établissement de restauration nommé " Perfecto pizza " situé à l'Haÿ-les-Roses pendant un mois est annulé.

Article 2 : L'Etat versera une somme de 1 500 euros à la SAS " Sara " au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SAS " Sara " et à la préfète du Val-de-Marne.

Délibéré après l'audience du 18 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. B, président,

M. Duhamel, premier conseiller,

Mme Morisset, première conseillère.

Lu en audience publique le 10 mai 2023.

Le rapporteur,

B. DUHAMEL

Le président,

M. BLa greffière,

M. A

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions