mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2107446 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | MICHAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement le 6 août 2021 et le 19 novembre 2021, M. A B, représenté par Me Michaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 juillet 2021 par lequel la préfète du Val-de-Marne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou de réexaminer sa situation dans le délai de huit jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de l'admettre au titre de l'aide juridictionnelle provisoire.
M. B soutient que :
L'arrêté pris en ses décisions de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire :
- est entaché d'incompétence ;
- est insuffisamment motivé ;
- est illégal en l'absence d'examen particulier de sa situation par la préfète ;
- méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Les éléments de la procédure ont été communiqués à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense, malgré une mise en demeure adressée le 10 mars 2022.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Potin, conseillère.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant camerounais né le 28 novembre 1989 à Yaoundé (Cameroun), est entré, selon ses déclarations sur le territoire national le 21 janvier 2016 sous couvert d'un visa court séjour et déclare s'y maintenir en continu depuis. Il a épousé le 22 juillet 2017 une ressortissante française. Il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Au cours du mois d'octobre 2018, il a informé l'administration de la séparation avec sa compagne depuis le 3 octobre. Le 22 avril 2021, M. B a sollicité la modification des fondements de sa demande de régularisation au titre notamment de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 19 juillet 2021, la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête,
M. B demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 22 septembre 2021. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur sa demande présentée à ce titre.
Sur les conclusions en annulation :
3. Pour demander l'annulation des décisions de la préfète du Val-de-Marne,
M. B soutient que celle-ci n'a pas procédé à un examen sérieux de sa demande, dès lors qu'elle n'a pas examiné sa demande de changement de statut. À cet égard, il produit un courrier de son avocat daté du 22 avril 2021, dont la préfecture du Val-de-Marne ne conteste pas avoir eu notification le 23 avril 2021, soit avant l'édiction de la décision attaquée, par lequel il s'estime " contraint de déposer une nouvelle demande de titre de séjour et sollicite la délivrance d'un titre de séjour 'vie privée et familiale' sur le fondement des articles L. 313-11 7° et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 8 CEDH et sollicite la mise en application du pouvoir discrétionnaire du préfet ". Or il ne ressort aucunement des termes de la décision attaquée que la préfète du Val-de-Marne ait examiné cette demande de changement de statut. Dès lors, M. B est fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen de sa situation.
4. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 19 juillet 2021 par lequel la préfète du Val-de-Marne lui a refusé un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français, a fixé le délai de départ volontaire à trente jours ainsi que le pays de destination, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, au demeurant non fondés.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé ".
6. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement que la demande de M. B soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne ou à tout autre service de l'Etat territorialement compétent de procéder à ce réexamen et de prendre une nouvelle décision, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, et de délivrer à M. B une autorisation provisoire de séjour durant le temps nécessaire à ce réexamen. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté de la préfète du Val-de-Marne du 19 juillet 2021 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne, ou à tout autre service de l'Etat territorialement compétent, de procéder au réexamen de la demande de M. B dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour le temps de ce réexamen.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gracia, président,
M. Israël, premier conseiller,
Mme Potin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
La rapporteure,
M. Potin
Le président,
J-Ch. GraciaLa greffière,
C. Mahieu
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026