jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2107478 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | GOINEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 9 août 2021 et 14 mars 2022, Mme C B, représentée par Me Goineau, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 3 juin 2021 par laquelle le directeur de l'établissement public de santé national de Fresnes ne l'a pas admise au bénéfice des dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 autorisant le remboursement des frais médicaux, pharmaceutiques et soins divers entraînés par l'accident qu'elle a déclaré le 8 avril 2021 à 12 heures 45 ;
2°) d'enjoindre au directeur de l'établissement public de santé national de Fresnes de prendre une décision reconnaissant l'imputabilité au service de son invalidité et de la placer en congé pour accident de service imputable au service dans un délai d'une semaine à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'établissement public de santé national de Fresnes la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- cette décision a été prise à l'issue d'une procédure entachée d'irrégularité à défaut pour le directeur de l'établissement public de santé national de Fresnes d'avoir consulté un médecin expert agréé ou procédé à une enquête administrative en application de l'article 47-4 du décret du 14 mars 1986 ;
- cette décision a été prise à l'issue d'une procédure entachée d'irrégularité à défaut pour le directeur de l'établissement public de santé national de Fresnes d'avoir saisi la commission de réforme en application de l'article 47-6 du décret du 14 mars 1986 et de l'article 16 du décret du 19 avril 1988 ;
- cette décision a été prise à l'issue d'une procédure entachée d'irrégularité, alors au surplus qu'elle n'a pas été informée de la nécessité d'un examen ou d'une enquête complémentaire, à défaut pour le directeur de l'établissement public de santé national de Fresnes d'avoir respecté le délai d'un mois imparti à compter du certificat médical du 8 avril 2021 en application de l'article 47-5 du décret du 14 mars 1986 ;
- l'accident dont elle a été victime est bien imputable au service dès lors qu'il est survenu sur son lieu de travail, durant ses heures de travail et qu'elle exerçait des tâches usuelles ; il y a un lien direct entre l'accident dont elle a été victime le 8 avril 2021 et ses préjudices ; c'est à tort que le directeur de l'établissement public de santé national de Fresnes a émis un avis défavorable à sa prise en charge au titre de la législation sur les accidents de service ; il a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions du 2° de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 ;
- elle a subi de lourds préjudices en lien avec son accident ;
- ni le rapport établi par la cadre de santé le 16 septembre 2021, ni le courrier de la société Otis, ni les images de vidéo-surveillance ne sont de nature à exclure l'existence de l'accident ainsi que son imputabilité au service ; l'examen médical réalisé par le psychiatre agréé établit l'imputabilité au service de l'accident dont elle a été victime.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 4 février 2022 et 9 mai 2022, l'établissement public de santé national de Fresnes, représenté par son directeur en exercice, représenté par la Selarl Kos avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 21 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 mai 2022 à 12 heures.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur les moyens relevés d'office tirés de ce que, d'une part, l'administration a méconnu le champ d'application de la loi en ayant appliqué les dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 dans leur version applicable avant l'entrée en vigueur de l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 à la situation de Mme B alors que celle-ci relève des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 et, d'autre part, le tribunal est susceptible de procéder d'office à une substitution de base légale en substituant les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 aux dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Letort, rapporteure publique,
- et les observations de Me Uzel, représentant l'établissement public de santé national de Fresnes.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, agent des services hospitaliers titulaire au sein de l'établissement public de santé national (EPSN) de Fresnes depuis le 2 mai 1988, a été victime, le 8 avril 2021, sur son lieu de travail, d'une chute de sa hauteur en sortant de l'ascenseur, qu'elle a déclarée comme accident du travail. Par une décision du 3 juin 2021, dont elle demande l'annulation, le directeur de l'EPSN de Fresnes a refusé de l'admettre au bénéfice des dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 autorisant le remboursement des frais médicaux, pharmaceutiques et soins divers entraînés par cet accident.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction alors applicable : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () ; / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. (). / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de la maladie ou de l'accident est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. / () ".
3. Aux termes de l'article 47-6 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congé de maladie des fonctionnaires, dans sa rédaction alors applicable : " La commission de réforme est consultée : / 1° Lorsqu'une faute personnelle ou toute autre circonstance particulière est potentiellement de nature à détacher l'accident du service ; / 2° Lorsqu'un fait personnel du fonctionnaire ou toute autre circonstance particulière étrangère notamment aux nécessités de la vie courante est potentiellement de nature à détacher l'accident de trajet du service ; / 3° Lorsque l'affection résulte d'une maladie contractée en service telle que définie au IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée dans les cas où les conditions prévues au premier alinéa du même IV ne sont pas remplies ".
4. Aux termes de l'article 16 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction alors applicable : " La commission départementale de réforme prévue par le décret du 26 décembre 2003 mentionné ci-dessus est notamment consultée sur l'octroi du congé de maladie ou de longue maladie susceptible d'être accordé en application des dispositions du deuxième alinéa du 2° de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée et sur l'application des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, dans les conditions prévues au titre VI bis du présent décret ".
5. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
6. Mme B soutient que la décision attaquée du 3 juin 2021 a été prise à l'issue d'une procédure entachée d'irrégularité à défaut pour le directeur de l'établissement public de santé national de Fresnes d'avoir saisi la commission de réforme en application de l'article
47-6 du décret du 14 mars 1986 et de l'article 16 du décret du 19 avril 1988. Il ressort des pièces du dossier, ainsi que cela a été rappelé au point 1. du présent jugement, qu'elle a été victime, le 8 avril 2021, sur son lieu de travail, d'une chute de sa hauteur en sortant de l'ascenseur, qu'elle a déclarée comme accident du travail. Le jour même, le médecin qu'elle a consulté et qui a procédé à la déclaration d'accident de travail, a rappelé les circonstances dans lesquelles elle avait chuté et a constaté plusieurs lésions aux avant-bras et genoux droit et gauche ainsi qu'un traumatisme sans lésion ouverte des avant-bras et genoux droit et gauche. Pour refuser de reconnaître à Mme B le bénéfice des dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986, le directeur de l'EPSN s'est fondé sur plusieurs circonstances tirées de l'absence de témoin, de l'absence de blessure ou douleur apparente sur la vidéo, de l'absence d'urgence à voir un médecin et du caractère extraordinaire des conditions de l'accident rapportées par l'intéressée. Dans ces circonstances, au vu de la déclaration de Mme B et des constatations du médecin qu'elle a consulté, il appartenait au directeur de l'EPSN de Fresnes, qui se prévaut de circonstances particulières susceptibles de détacher l'accident du service, de saisir, dans les conditions fixées par les dispositions précitées aux points 3. et 4. du présent jugement la commission de réforme. L'avis de la commission de réforme contribuant à la garantie que la décision prise le sera de façon éclairée, quand bien même cet avis n'est que consultatif, l'absence de saisine de la commission de réforme ayant privé Mme B d'une garantie, la requérante est fondée à soutenir que la décision contestée a été prise au terme d'une procédure irrégulière.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 3 juin 2021 par laquelle le directeur de l'EPSN de Fresnes a refusé de reconnaître l'accident qu'elle a déclaré le 8 avril 2021 comme étant imputable au service et lui a refusé le bénéfice de la législation sur les accidents de service.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. L'exécution du présent jugement implique seulement que la demande de Mme B soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au directeur de l'EPSN de Fresnes de procéder à ce réexamen et de prendre une nouvelle décision, après avoir soumis la demande de la requérante à l'avis de la commission de réforme, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'EPSN de Fresnes la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, en revanche, de mettre à la charge de Mme B, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme que l'EPSN demande sur le fondement des mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 3 juin 2021 par laquelle le directeur de l'établissement public de santé national de Fresnes n'a pas admis Mme B, qui a déclaré un accident de travail le 8 avril 2021 à 12 heures 45, au bénéfice des dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 autorisant le remboursement des frais médicaux, pharmaceutiques et soins divers entraînés par cet accident est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur de l'établissement public de santé national de Fresnes de procéder au réexamen de la demande d'imputabilité au service de l'accident dont a été victime le 8 avril 2021 Mme B et de prendre une nouvelle décision, après avoir soumis sa demande à l'avis de la commission de réforme, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'établissement public de santé national de Fresnes versera à Mme B la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions de l'établissement public de santé national de Fresnes présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à l'établissement public de santé national de Fresnes.
Délibéré après l'audience du 16 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Réchard, première conseillère,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.
La rapporteure,
J. RECHARD
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOT
La greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026