jeudi 29 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2107517 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | CALVO PARDO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 août 2021, M. D A, représenté par Me Calvo Pardo, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 juin 2021 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a rejeté la demande de regroupement familial qu'il a présentée au bénéfice de son épouse ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne d'autoriser le regroupement familial sollicité au bénéfice de son épouse dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de délivrer à cette dernière un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
3°) de mettre à la charge du préfet du Val-de-Marne la somme de 1 500 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut ou d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 434-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui a n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 2 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 octobre 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de Mme Letort, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant chinois, né le 27 août 1988, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable du 20 mars 2019 au 19 mars 2023, a déposé une demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse, ressortissante chinoise, née le 8 août 1989. Par une décision du 8 juin 2021 dont le requérant demande l'annulation, la préfète du
Val-de-Marne a rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " L'étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial : /1° Par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans ; / () ". Aux termes de l'article R. 434-6 du même code : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 434-7, le bénéfice du regroupement familial peut être accordé au conjoint et, le cas échéant, aux enfants de moins de dix-huit ans de l'étranger, qui résident en France, sans recours à la procédure d'introduction. / Pour l'application du premier alinéa est entendu comme conjoint l'étranger résidant régulièrement en France sous couvert d'une carte de séjour temporaire d'une durée de validité d'au moins un an ou d'une carte de séjour pluriannuelle qui contracte mariage avec le demandeur résidant régulièrement en France dans les conditions prévues aux articles R. 434-1 et R. 434-2 ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2°Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'il se prononce sur une demande de regroupement familial, le préfet est en droit de rejeter la demande dans le cas où l'intéressé ne justifierait pas remplir l'une des conditions légalement requises, notamment en cas de présence anticipée sur le territoire français du conjoint bénéficiaire de la demande qui n'y réside pas régulièrement. Il dispose, toutefois, d'un pouvoir d'appréciation et n'est pas tenu par les dispositions précitées, notamment dans le cas où il est porté une atteinte excessive au droit du demandeur de mener une vie familiale normale tel qu'il est protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A est marié depuis le 11 septembre 2015 à Mme B, ressortissante chinoise, qui réside en France depuis 2012 et avec laquelle il se prévaut, sans être contredit, d'une communauté de vie depuis 2015. Il ressort également des pièces du dossier qu'un enfant est né de cette union le 26 juillet 2017 et qu'il est scolarisé en école primaire, en classe de moyenne section, à la date de la décision litigieuse. En outre, l'épouse du requérant, a bénéficié d'un visa long séjour " étudiant " puis de titres de séjour portant la mention " étudiant " à compter de 2012, destinés à lui permettre de suivre des études, qu'elle a effectivement suivies jusqu'en 2019 et aux termes desquelles elle a obtenu un MBA en " marketing et communication ". Il ressort, par ailleurs, des pièces du dossier que le requérant justifie d'un emploi stable en qualité de représentant commercial de e-commerce de la Sas Paris Look sous couvert d'un contrat à durée indéterminée qui a pris effet à compter du 1er novembre 2017. Enfin, M. A et son épouse ont fait l'acquisition d'un appartement, en cours de construction, au mois de mars 2021 sur la commune d'Ivry-sur-Seine. Dans ces conditions, compte tenu de l'ancienneté et des conditions du séjour du requérant et de son épouse en France, et compte tenu de l'incidence qu'aurait sur leur vie familiale et sur leur jeune enfant, un retour, même temporaire, de Mme B en Chine pour initier la procédure de regroupement familial, M. A est fondé à soutenir qu'en refusant de faire droit à sa demande, la préfète du Val-de-Marne a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 8 juin 2021 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a rejeté la demande de regroupement familial qu'il a présentée au bénéfice de son épouse.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, sous réserve d'un changement dans la situation de droit ou de fait de M. A, le présent jugement implique que la préfète du Val-de-Marne fasse droit à sa demande. Il y a lieu, dans ces conditions, d'enjoindre à la préfète du
Val-de-Marne d'accorder le bénéfice du regroupement familial à l'épouse de M. A, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement. Pour les mêmes motifs, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de délivrer à Mme B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ".
Sur les frais de l'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 8 juin 2021 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a rejeté la demande de regroupement familial que M. A a présentée au bénéfice de son épouse est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de faire droit à la demande de regroupement familial présentée par M. A au bénéfice de son épouse, Mme B, dans un délai de trois mois à compter de la date de notification du présent jugement et de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ".
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 200 (mille-deux-cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et à la préfète du
Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
M. Delmas, premier conseiller,
Mme Réchard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2022.
La rapporteure,
J. RECHARDLa présidente,
S. BONNEAU-MATHELOT
La greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2107517
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026