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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2107530

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2107530

jeudi 30 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2107530
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème chambre
Avocat requérantBRIDJI MARIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 août et 7 décembre 2021, Mme E, représentée en dernier lieu par Me Bridji, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté notifié le 4 mai 2021 par lequel la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la date de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la préfète du Val-de-Marne une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B soutient que :

- sa requête est recevable ;

S'agissant de la décision portant de refus de titre de séjour :

- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière à défaut pour la préfète du

Val-de-Marne d'avoir saisi la commission du titre de séjour ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière à défaut pour la préfète du

Val-de-Marne d'avoir saisi la commission du titre de séjour ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de séjour, qui la prive de base légale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 et de l'article 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle emporte des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de séjour.

La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une ordonnance du 24 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au

8 février 2023 à 12 heures.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 juillet 2021 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre l'administration et le public ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante ivoirienne née le 26 décembre 1985 à Zahia (Côte d'Ivoire), entrée sur le territoire français le 17 avril 2015 sous couvert d'un visa Schengen de type C, a sollicité le 29 mai 2020 son admission au séjour en qualité de parent d'un enfant français, sur le fondement des dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté notifié le 4 mai 2021, dont la requérante demande l'annulation, la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office.

Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

3. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée, qui vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, précise les principaux éléments de la situation administrative, personnelle et familiale de Mme B au regard des dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et rend compte de l'appréciation portée par la préfète du Val-de-Marne au titre de sa vie privée et familiale sur le territoire français, en tenant compte de l'intérêt supérieur de l'enfant garanti par les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. La décision contestée comporte ainsi l'indication suffisante des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il suit de là que le moyen tiré de ce que la décision critiquée serait insuffisamment motivée doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes, d'une part, du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, codifié, à compter du 1er mai 2021, aux articles L. 423-7 et L. 423-8, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public : " A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée ; / Lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent, en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, justifie que ce dernier contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du même code, ou produit une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ; / () ". Aux termes, d'autre part, des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. / () ".

5. Pour refuser de délivrer un titre de séjour à Mme B en qualité de parent d'enfant français, la préfète du Val-de-Marne a considéré que l'intéressée ne remplissait pas les conditions prévues par le 6° de l'article L. 313-11 du code susvisé, dans la mesure où le père de l'enfant, de nationalité française, ne justifiait pas contribuer de manière effective à l'entretien et à l'éducation de son enfant. La préfète du Val-de-Marne a, par ailleurs, estimé que la décision contestée ne portait pas une atteinte disproportionnée au droit de Mme B au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni à l'intérêt supérieur de l'enfant tel que garanti par l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

6. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a donné naissance, le 14 février 2019, à Saint Maurice, à une enfant qui a été reconnue par anticipation, le 29 août 2018, par M. A, de nationalité française. Pour justifier de la contribution du père de son enfant à l'entretien et à l'éducation de celui-ci, Mme B produit des documents relatifs à des transferts d'argent qui ne sont, toutefois, pas suffisants pour démontrer que M. A contribue à l'entretien et à l'éducation de sa fille. En effet, si deux " copie client " portent sur deux transferts de montants respectifs de 50 euros, le 19 mars 2021, et 200 euros, le 10 mai 2021, au bénéfice de la requérante, ils ne comportent aucune signature de M. A ni de l'agent d'Europhone services. Par ailleurs, les deux transferts d'argent de 100 euros et le transfert d'argent de 200 euros, identifiés par un numéro de suivi " MTCN ", ne permettent pas d'identifier leur émetteur ni leur destinataire ainsi que la date à laquelle ils ont été réalisés. Si, par ailleurs, Mme B produit un courrier dactylographié, au demeurant non signé, rédigé le 26 mai 2021 par M. A, qui indique avoir ouvert un compte bancaire au nom de son enfant et verser tous les mois " plus de 100 euros en espèce " à Mme B, ce courrier n'est pas davantage suffisant, en l'absence, notamment, des justificatifs des versements d'argent invoqués, de leur périodicité et de la date à laquelle ils ont débuté, pour démontrer la contribution de M. A à l'entretien et à l'éducation de son enfant. Il en va de même de la circonstance qu'il se rendrait régulièrement auprès de sa fille. Enfin, si Mme B se prévaut du jugement du 3 octobre 2022, postérieur à la décision attaquée, par lequel le juge aux affaires familiales près le tribunal judiciaire de Créteil s'est prononcé sur l'exercice conjoint de l'autorité parentale, a fixé la résidence de l'enfant au domicile de Mme B, a fixé les droits de visite et d'hébergement ainsi que le montant de la contribution à l'entretien et à l'éducation d'un montant mensuel de 200 euros due par M. A, ce jugement est insuffisant pour considérer que M. A a contribué effectivement à l'éducation et à l'entretien de son enfant à la date de la décision critiquée. De surcroît, Mme B, qui soutient avoir des attaches familiales en France, ne démontre pas entretenir de relations avec ses sœurs résidant en France. Elle ne justifie pas davantage d'une intégration sociale et professionnelle significative sur le territoire français par le fait qu'elle travaille depuis le 7 septembre 2020 sous couvert d'un contrat à durée déterminée, à temps partiel, conclu pour " faire face à un accroissement temporaire de l'activité habituelle de l'entreprise ". En outre, la circonstance que son enfant est scolarisé en classe de " toute petite section " pour l'année scolaire 2021-2022 n'est pas suffisant pour caractériser une méconnaissance de l'intérêt supérieur de l'enfant. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la préfète du Val-de-Marne aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et méconnu ces dispositions. Elle n'est pas davantage fondée à soutenir que le préfet de Seine-et-Marne aurait méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Il suit de là que les moyens invoqués ne peuvent qu'être écartés.

7. En troisième et dernier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile devenu, à compter du 1er mai 2021, l'article L. 432-13, le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues aux articles qu'elles visent et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions.

8. Il résulte de ce qui a été dit au point 6. du présent jugement que Mme B n'entre pas dans le champ d'application des dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, la préfète du Val-de-Marne n'était pas tenue, en application de l'article L. 312-2 de ce code, de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de refuser de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions du 6° de l'article L. 313-11. Il suit de là que le moyen invoqué ne peut qu'être écarté.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

9. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2. à 8. du présent jugement que la décision de refus de titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français est dépourvue de base légale et à invoquer à l'appui de ses conclusions dirigées contre cette décision le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision de refus de séjour. Le moyen invoqué est donc écarté.

10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile devenu, à compter du 1er mai 2021, l'article L. 611-1 : " I. - L'autorité administrative peut obliger à quitter le territoire français un étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse et qui n'est pas membre de la famille d'un tel ressortissant au sens des 4° et 5° de l'article L. 121-1, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : / () ; / 3° Si la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé à l'étranger ou si le titre de séjour qui lui avait été délivré lui a été retiré ; / (). / La décision énonçant l'obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour dans les cas prévus aux 3° et 5° du présent I () ". Il résulte de ces dispositions que lorsque l'obligation de quitter le territoire français, qui ressortit des catégories de décisions devant être motivées en droit et en fait, vise un étranger faisant l'objet d'un refus de titre de séjour, la motivation de cette mesure se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, par conséquent, dès lors que ce refus est lui-même motivé, de motivation spécifique.

11. Il ressort des termes de la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui vise les dispositions de l'article L. 511-1, notamment le 3° du I, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui en constituent le fondement, qu'elle n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de délivrer à Mme B un titre de séjour dès lors que cette dernière décision est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision contestée doit être écarté.

12. En troisième lieu, Mme B soutient que la décision attaquée a été prise au terme d'une procédure irrégulière à défaut pour la préfète du Val-de-Marne d'avoir saisi la commission du titre de séjour. Toutefois, ce moyen soulevé à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français est inopérant dès lors que les dispositions qui régissent la saisine de la commission du titre du séjour ne peuvent être invoquées qu'à l'appui des conclusions dirigées contre une décision portant refus de titre de séjour. Il suit de là que le moyen invoqué ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.

13. En quatrième lieu, aux termes, d'une part, des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes, d'autre part, des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. / () ".

14. Mme B, qui soutient que la préfère du Val-de-Marne a méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, se prévaut des liens qui existent entre sa fille et son père, de la volonté de ce dernier de maintenir sa fille auprès de lui, détenteur de l'autorité parentale, de la scolarisation de sa fille en petite section et de l'intérêt supérieur de son enfant. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point. 6 du présent jugement, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la préfète du

Val-de-Marne en prenant la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à l'intérêt supérieur de l'enfant. Par suite, les moyens invoqués ne peuvent qu'être écartés.

15. En cinquième lieu, à supposer que Mme B, qui fait valoir que la décision d'éloignement est susceptible d'avoir " des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation personnelle " ait entendu soutenir que la préfète du Val-de-Marne aurait entaché la décision contestée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale, ce moyen ne peut, compte tenu de ce qui a été dit au point 6. du présent jugement, qu'être écarté.

16. En sixième et dernier lieu, Mme B ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l'article 9 de la convention internationale des droits de l'enfant qui créent seulement des obligations entre Etats sans ouvrir de droits aux intéressés. Il suit de là que le moyen invoqué ne peut qu'être écarté comme inopérant.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

17. Il résulte de ce qui a été dit aux points 2. à 8. du présent jugement que la décision de refus de titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, Mme B ne saurait se prévaloir par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, pour demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.

18. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté notifié le 4 mai 2021 par lequel la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office. Il suit de là que les conclusions aux fins d'annulation de cet arrêté doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles que Mme B a présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et à la préfète du

Val-de-Marne.

Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Bonneau-Mathelot, présidente,

Mme Réchard, première conseillère,

Mme Luneau, première conseillère .

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.

La rapporteure,

F. C

La présidente,

S. BONNEAU-MATHELOTLa greffière,

S. SCHILDER

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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