jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2107645 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | PINTO OLINDA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 et 25 août 2021, Mme A C, représentée par Me Pinto, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2021 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle serait reconduite d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de réexaminer sa situation et de lui délivrer un certificat de résidence algérien sur le fondement des stipulations du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien et de celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de vingt euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros à verser à son conseil, Me Pinto, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour Me Pinto de renoncer à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Mme C soutient que :
- la requête est recevable ;
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- en l'absence de production par le préfet de Seine-et-Marne de l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, rien ne permet de s'assurer que le médecin rapporteur n'a pas siégé au sein de ce collège de médecins et n'a pas pris part au délibéré ;
- cet avis est insuffisamment motivé ;
- le préfet de Seine-et-Marne n'a pas procédé à un examen réel et complet de sa situation ; en reprenant à son compte l'avis émis par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, il a adopté, de manière automatique, une position de principe ;
- la décision critiquée a pour fondement principal l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ; or, le préfet de Seine-et-Marne n'est pas en situation de compétence liée ; en se rapportant à cet avis, alors que le traitement qui lui est prodigué est indisponible en Algérie, le préfet de Seine-et-Marne n'a pas dûment apprécié l'ensemble des éléments de sa situation personnelle ; le préfet de Seine-et-Marne a entaché la décision critiquée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de son pouvoir d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ces stipulations ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire :
- les arguments invoqués à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour valent également à l'encontre de la décision critiquée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision fixant le délai de départ :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet de Seine-et-Marne a fixé le délai de départ volontaire de manière automatique en méconnaissant l'étendue de sa compétence ;
- elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 août 2021, le préfet de Seine-et-Marne, qui a produit les pièces utiles du dossier de Mme C et qui n'entend présenter aucune observation, conclut au rejet de la requête.
Par une ordonnance du 13 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 13 janvier 2023 à 12 heures.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 juillet 2021 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, ressortissante algérienne, née le 29 septembre 1973 à Cheria (Algérie), entrée en France, le 17 mai 2017, sous couvert d'un visa de court séjour, et qui a résidé sur le territoire français sous couvert d'un certificat de résidence, délivré sur le fondement des stipulations du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien, valable pour la période courant du 28 février 2020 au 27 novembre 2020, en a sollicité le renouvellement le 21 octobre 2020. Par un arrêté du 29 avril 2021, dont elle demande l'annulation, le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui renouveler son certificat de résidence, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle serait reconduite d'office.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " (). / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () ; / 7. au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays ".
3. Mme C fait valoir que, pour rejeter sa demande tendant au renouvellement, sur le fondement des stipulations précitées de l'accord franco-algérien, de son certificat de résidence, le préfet de Seine-et-Marne, qui s'est essentiellement fondé sur l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), " n'a fait qu'adopter de manière automatique une position de principe ", alors qu'il n'est pas en situation de compétence liée, et a méconnu " la règle de l'examen des circonstances de l'espèce ". Il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet de Seine-et-Marne a rejeté la demande de Mme C en se fondant sur l'avis émis par le collège de médecins de l'OFII, aux termes duquel l'état de santé de Mme C nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que son état de santé lui permet de voyager, sans préciser qu'aucun élément du dossier ni aucune circonstance particulière ne justifiait de s'écarter de cet avis. Dans ces conditions, le préfet de Seine-et-Marne, qui ne peut être regardé comme ayant procédé à un examen de la situation de la requérante au regard de son état de santé, s'est cru, à tort, lié par l'avis du collège de médecins de l'OFII. Il suit de là que Mme C est fondée à soutenir que la décision contestée, qui ne procède pas d'un examen de sa situation, est entachée d'erreur de droit.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du 29 avril 2021 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et, par voie de conséquence, les décisions par laquelle il l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle serait reconduite d'office.
Sur les conclusions aux fin d'injonction :
5. L'exécution du présent jugement, eu égard au motif d'annulation retenu et dès lors qu'aucun autre des moyens soulevés n'est de nature à entraîner la délivrance d'un titre de séjour, implique seulement que la demande de Mme C soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Mme C ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, Me Pinto, son avocate, peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, en application de ces dispositions, le versement à Me Pinto, avocate de Mme C, la somme de 1 300 euros qu'elle demande.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 29 avril 2021 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a refusé de délivrer à Mme C un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle serait reconduite d'office est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Seine-et-Marne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de procéder au réexamen de la situation de Mme C dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : L'Etat versera à Me Pinto, avocate de Mme C, la somme de 1 300 (mille trois cents) euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à Me Pinto et au préfet de
Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Réchard, première conseillère,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
La rapporteure,
F. B
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOTLa greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026