jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2107960 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | EDBERG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 août 2021, Mme C D, représentée par Me Edberg, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 31 juillet 2021 par lesquelles le préfet de Seine-et-Marne lui a retiré le titre de séjour qui lui avait été délivré, l'a obligée à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire supérieur à trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
La requérante soutient que :
S'agissant de la décision de retrait de titre de séjour :
- cette décision est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- l'illégalité de la décision de retrait de titre entraîne l'illégalité de cette décision ;
- cette dernière est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
S'agissant de la décision fixant à trente jours le délai de départ volontaire :
- l'illégalité des décisions de refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français entache d'illégalité cette décision ;
- son éventuel départ nécessite un délai de départ volontaire supérieur.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- l'illégalité des décisions de refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français entache d'illégalité cette décision.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2021, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens développés ne sont pas fondés.
Par décision du 20 octobre 2021, Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu :
- les décisions contestées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapporteur public ayant été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
A été entendu au cours de l'audience publique du 8 septembre 2022 :
- le rapport de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante cap-verdienne née en 1981, s'est vu délivrer plusieurs cartes de séjour temporaires en qualité de conjointe d'un ressortissant de l'Union européenne, en dernier lieu jusqu'au 12 juin 2022. Par arrêté du 30 juillet 2021, le préfet de Seine-et-Marne a retiré ce dernier titre, l'a obligée à quitter le territoire français, a fixé à trente jours le délai de départ volontaire et a fixé le pays de destination. Par la requête précitée, l'intéressée demande l'annulation de ces décisions.
Sur la légalité des décisions contestées :
S'agissant de la décision de retrait de titre de séjour,
2. En premier lieu, la décision contestée comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, en particulier les éléments ayant trait à la situation personnelle et familiale de la requérante, les circonstances qu'une enquête de police avait permis de déterminer que la carte d'identité portugaise détenue par le conjoint de l'intéressée était une contrefaçon et que cette fausse pièce d'identité lui avait permis d'obtenir frauduleusement un titre de séjour portant mention " membre de famille A ", ainsi que la mention des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions des articles L. 233-2, L. 233-3 et L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision contestée qui manque en fait, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales prévoit que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. Mme D soutient qu'elle est présente en France depuis dix-huit ans, qu'elle a deux enfants mineurs, nés en France en 2011 et 2015, de nationalité française, qui sont scolarisés sur le territoire national, et qu'elle travaille en tant que gouvernante dans un hôtel. Toutefois, elle ne justifie pas de la durée de séjour dont elle se prévaut, dès lors qu'elle ne produit aucune pièce et alors qu'elle indique également dans ses écritures qu'elle ne réside en France que " depuis 2015 ". Elle n'établit pas davantage être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à, au moins, l'âge de trente-quatre ans, ni de liens privés et familiaux sur le territoire, inscrits dans la durée et la stabilité. De plus, la présence en France de son concubin, qui s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour par décision préfectorale du même jour, et de leurs deux enfants dont il n'est pas établi qu'ils ont effectivement la nationalité française, ne suffit pas à démontrer que sa vie privée et familiale serait désormais située sur le territoire français, alors que rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue dans leur pays d'origine, où tous ses membres sont légalement admissibles. Ainsi et compte tenu de la durée et des conditions de son séjour sur le territoire national, la décision contestée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Cette décision n'est donc pas entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de la requérante.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
6. En l'espèce, il n'est pas établi, par les pièces du dossier, que la décision en litige serait intervenue en méconnaissance de l'intérêt supérieur des enfants de la requérante, au sens des stipulations précitées, dès lors que cette décision n'a ni pour objet, ni pour effet de priver ces enfants de la présence de leurs parents et que rien ne s'oppose, par ailleurs, à ce que leur vie familiale se poursuive au Cap-Vert où ils sont tous légalement admissibles, ni à ce que les enfants y poursuivent leur scolarité. Dans ces conditions, Mme D n'est pas fondée à invoquer la méconnaissance des stipulations précitées.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français,
7. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, la décision portant retrait de titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Dès lors, l'exception d'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écartée.
8. En second lieu, les moyens tirés l'insuffisance de motivation et de ce que le préfet de Seine-et-Marne aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ne peuvent qu'être écartés pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment.
S'agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours,
9. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, les décisions portant retrait de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ne sont pas entachées d'illégalité. Dès lors, l'exception d'illégalité de ces décisions à l'encontre de la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours doit être écartée.
10. En second lieu, si la requérante soutient que son éventuel départ nécessite un délai supérieur à trente jours, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressée aurait demandé un tel délai ou fait état, devant le préfet, avant l'édiction de l'arrêté contesté, de circonstances particulières, propres à justifier une prolongation du délai de départ volontaire qui lui a été accordé.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination,
11. Compte tenu de ce qui précède, les décisions portant retrait de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ne sont pas entachées d'illégalité. Dès lors, l'exception d'illégalité de ces décisions à l'encontre de la décision fixant le pays de destination doit être écartée.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme D à fin d'annulation des décisions contenues dans l'arrêté du préfet de Seine-et-Marne en date du 30 juillet 2021 doivent être rejetées. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter également ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que ses conclusions tendant au bénéfice des frais de justice.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, à Me Edberg et au préfet de Seine-et-Marne.
Copie en sera adressée au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Van Daële, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
Le rapporteur,
P. B La présidente,
I. BILLANDON
Le greffier,
G. NGASSAKI
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026