mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2108126 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | VI VAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 septembre 2021, M. C B, représenté par Me Vi Van, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision implicite de rejet de son recours administratif préalable obligatoire formé le 3 septembre 2021 qui confirme la décision initiale du 24 août 2021 par laquelle le président du conseil départemental de Seine-et-Marne a refusé de prolonger sa prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance dans le cadre d'un contrat jeune majeure au-delà du 31 août 2021 ;
3°) d'enjoindre au président du conseil départemental de Seine-et-Marne, à titre principal, de lui accorder le bénéfice d'une prise en charge " jeune majeur " dans un délai de
vingt-quatre heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous une astreinte de
50 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge du département de Seine-et-Marne le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision du 24 août 2021 est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen réel et sérieux dès lors qu'elle ne fait pas référence à son isolement familial, à l'absence de capacités financières, à son parcours scolaire exemplaire ou à ses nombreux efforts pour se former à un métier et acquérir son autonomie financière ;
- la décision du 24 août 2021 méconnaît les dispositions de l'article 18 de la loi du
23 mars 2020 dans sa rédaction issue de l'article 9 de la loi du 31 mai 2021 relative à la gestion de la sortie de crise sanitaire interdisant aux conseils départementaux de mettre fin aux prises en charge au titre de l'aide sociale à l'enfance avant le 30 septembre 2021 ;
- les décisions attaquées sont entachées d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 221-1 et L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles.
La requête a été communiquée au département de Seine-et-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par un courrier du 2 avril 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur les moyens soulevés d'office tirés du :
- non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle dès lors que M. B a été admis au bénéfice totale de cette aide par une décision du 20 octobre 2021 ;
- non-lieu à statuer sur les autres conclusions de la requête, le requérant ayant atteint l'âge de vingt-et-un ans en cours d'instance.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Avirvarei, conseillère.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que M. B, ressortissant guinéen né le 5 janvier 2003 à Gaoual (Guinée), est entré en France au cours de l'année 2017, à l'âge de quatorze ans. Il a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance du département de Seine-et-Marne par un jugement du 19 octobre 2017 du juge des enfants du tribunal pour enfants de A, ce placement ayant été prolongé jusqu'à sa majorité par une ordonnance du 8 avril 2018. M. B a été scolarisé et a obtenu un diplôme de CAP " réparation des carrosseries " en 2021. Il a demandé le maintien de sa prise en charge en qualité de jeune majeur avant son dix-huitième anniversaire. Sa prise en charge a été prolongée en application de l'article 18 de la loi du 23 mars 2020 d'urgence pour faire face à l'épidémie de covid-19 jusqu'au 1er juin 2021. La loi du 31 mai 2021 relative à la gestion de la sortie de crise sanitaire a permis cette prolongation pour les mineurs jusqu'au
30 septembre 2021. Le 3 août 2021, M. B a déposé une demande de prolongation de prise en charge, étant sans ressources à compter du 31 août 2021, son contrat d'apprentissage prenant fin. Par une décision du 24 août 2021, remise en main propre le jour suivant, le président du conseil départemental de Seine-et-Marne a rejeté sa demande et l'a informé de la fin de sa prise en charge au 31 août 2021. Le 3 septembre 2021, M. B a formé un recours préalable obligatoire à l'encontre de la décision du 24 août 2021. En l'absence de réponse de la part du président du conseil départemental, une décision implicite de rejet est née. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision implicite de rejet de son recours administratif préalable obligatoire formé le 3 septembre 2021 qui confirme le refus de prolonger sa prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance dans le cadre d'un contrat jeune majeure au-delà du 31 août 2021.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans le cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".
3. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du
29 octobre 2021. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur sa demande présentée à ce titre.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 112-3 du code de l'action sociale et des familles : " La protection de l'enfance vise à garantir la prise en compte des besoins fondamentaux de l'enfant, à soutenir son développement physique, affectif, intellectuel et social et à préserver sa santé, sa sécurité, sa moralité et son éducation, dans le respect de ses droits. () Ces interventions peuvent également être destinées à des majeurs de moins de vingt et un ans connaissant des difficultés susceptibles de compromettre gravement leur équilibre () ". Aux termes de l'article L. 221-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le service de l'aide sociale à l'enfance est un service non personnalisé du département chargé des missions suivantes : / 1° Apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique tant aux mineurs et à leur famille ou à tout détenteur de l'autorité parentale, confrontés à des difficultés risquant de mettre en danger la santé, la sécurité, la moralité de ces mineurs ou de compromettre gravement leur éducation ou leur développement physique, affectif, intellectuel et social, qu'aux mineurs émancipés et majeurs de moins de vingt et un ans confrontés à des difficultés familiales, sociales et éducatives susceptibles de compromettre gravement leur équilibre () ". Aux termes de l'article L. 222-5 du même code : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental : / / 5° Les majeurs âgés de moins de vingt et un ans et les mineurs émancipés qui ne bénéficient pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants, lorsqu'ils ont été confiés à l'aide sociale à l'enfance avant leur majorité (). / Peuvent être également pris en charge à titre temporaire par le service chargé de l'aide sociale à l'enfance les mineurs émancipés et les majeurs âgés de moins de vingt et un ans qui éprouvent des difficultés d'insertion sociale faute de ressources ou d'un soutien familial suffisants. / Un accompagnement est proposé aux jeunes mentionnés au 1° du présent article devenus majeurs et aux majeurs mentionnés à l'avant-dernier alinéa, au-delà du terme de la mesure, pour leur permettre de terminer l'année scolaire ou universitaire engagée ".
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant une prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner la situation de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler, s'il y a lieu, cette décision en accueillant lui-même la demande de l'intéressé s'il apparaît, à la date à laquelle il statue, eu égard à la marge d'appréciation dont dispose le président du conseil départemental dans leur mise en œuvre, qu'un défaut de prise en charge conduirait à une méconnaissance des dispositions du code de l'action sociale et des familles relatives à la protection de l'enfance et en renvoyant l'intéressé devant l'administration afin qu'elle précise les modalités de cette prise en charge sur la base des motifs de son jugement.
6. Il est constant que M. B est né le 5 janvier 2003, de sorte qu'il a atteint l'âge de vingt-et-un ans au cours de l'instance devant le tribunal administratif de A. Il n'est ainsi plus susceptible de faire l'objet d'une prise en charge en tant que jeune majeur par l'aide sociale à l'enfance à la date à laquelle le tribunal administratif statue. Dans ces conditions et eu égard à l'office du juge défini au point 5, consistant à examiner la situation de l'intéressé à la date où il statue, les conclusions de M. B dirigées contre la décision implicite de rejet de son recours administratif préalable obligatoire formé le 3 septembre 2021 qui confirme la décision initiale du 24 août 2021 par laquelle le président du conseil départemental de Seine-et-Marne a refusé de prolonger sa prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance dans le cadre d'un contrat jeune majeure au-delà du 31 août 2021 sont devenues sans objet après l'introduction de sa demande devant le tribunal administratif de A. Dès lors, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions principales de la requête présentée par M. B.
Article 2 : Les conclusions présentées par M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au département de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 9 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Xavier Pottier, président,
Mme Andreea Avirvarei, conseillère,
Mme Jeanne Darracq-Ghitalla-Ciock, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
La rapporteure,
A. Avirvarei
Le président,
X. PottierLa greffière,
C. Mahieu
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026