vendredi 10 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2108150 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | NKOUNKOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 septembre 2021 et 28 février 2022, Mme E A, représentée par Me Nkounkou, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2021 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente dès lors qu'il n'est pas établi qu'un texte régulièrement publié ait habilité le signataire à signer l'arrêté litigieux ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'est pas établi que la reconnaissance de paternité du fils de la requérante, qui a eu lieu six mois avant sa naissance, soit de complaisance, que la loi française laisse la possibilité aux parents de choisir le nom de famille de l'enfant, que les parents sont libres de donner plusieurs prénoms à leur enfant, que l'enfant a été conçu en Italie avec un ressortissant français avec lequel elle entretenait une relation, que la requérante produit des pièces de nature à établir la contribution financière à l'entretien de son fils par son père, qu'elle produit des certificats médicaux attestant de la présence paternelle dans la vie de l'enfant et que l'intéressée n'a reçu aucune convocation de police relative à une enquête pour suspicion de reconnaissance frauduleuse de paternité ;
- il est entaché d'une erreur de droit au regard des dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la requérante est la mère d'un enfant de nationalité française, qu'elle a disposé d'un premier titre de séjour en tant que parent d'enfant français valable du 1er mars 2018 au 28 février 2019 et qu'elle produit des pièces qui attestent de la présence paternelle dans la vie de l'enfant ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 février 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une lettre du 23 septembre 2021, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 8 octobre 2021 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 8 novembre2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Nkounkou, représentant la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante congolaise née le 2 février 1985, est entrée en France le 1er novembre 2016 selon ses déclarations. Elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Elle demande l'annulation de l'arrêté du 27 juillet 2021 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ". Aux termes de l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. Cette obligation ne cesse de plein droit ni lorsque l'autorité parentale ou son exercice est retiré, ni lorsque l'enfant est majeur ".
3. Pour refuser la renouvellement d'un titre de séjour à la requérante, le préfet a considéré que, si le fils de la requérante a été reconnu par M. C, de nationalité française, celui-ci n'a pas de projet de vie avec cet enfant et ne pourvoit pas à ses intérêts matériels et moraux. Il s'appuie en particulier sur le fait que l'enfant ne porte pas le nom de famille de M. C, qu'il porte en deuxième prénom le prénom du père de ses demi-frères et sœurs, que la requérante est entrée sur le territoire français enceinte, que M. D pourrait être le père biologique de l'enfant et qu'une enquête de police pour suspicion de reconnaissance frauduleuse de paternité à visée a été demandée aux services de police.
4. D'une part, contrairement aux allégations du préfet selon lesquelles la reconnaissance de paternité a eu lieu plus de six mois après la naissance de l'enfant, celle-ci est intervenue six mois avant sa naissance. En outre, ainsi que le fait valoir la requérante, les parents ont la possibilité de choisir le nom de famille porté par l'enfant sans que cet élément ne caractérise une quelconque reconnaissance frauduleuse de paternité. La circonstance que l'enfant porterait en second prénom le prénom du père des premiers enfants de la requérante ne permet pas davantage d'établir que la reconnaissance de paternité serait frauduleuse alors que la requérante fait valoir que le prénom Prince a été choisi parce qu'elle considère son enfant comme un prince. Par ailleurs, le préfet n'établit pas, par ses seules allégations, que M. D serait le père biologique de l'enfant. Enfin, si le préfet indique qu'une enquête de police pour suspicion de reconnaissance frauduleuse de paternité a été demandée aux services de police, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une action en contestation de filiation ait été initiée depuis par le ministère public alors que la requérante soutient, sans être utilement contredite, n'avoir reçu aucune convocation de police. Dans ces conditions, le préfet ne peut être regardé comme ayant apporté des éléments précis et concordants de nature à remettre en cause la reconnaissance de paternité de M. C.
5. D'autre part, pour bénéficier d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, l'intéressée doit également établir la contribution à l'entretien et à l'éducation de l'enfant français résidant en France par celui qui en a reconnu la paternité, conformément à l'article L. 423-8 du code précité. Par les pièces qu'elle produit, telles que des virements mensuels réguliers de 150 euros depuis mai 2020, soit plus d'un an avant l'édiction de l'arrêté litigieux ou encore des attestations du médecin traitant indiquant que M. C s'occupe de la santé de son enfant et des attestations de M. C indiquant qu'il subvient aux besoins de son fils et lui rend visite régulièrement, la requérante est fondée à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision portant refus de titre de séjour doit être annulée. Par voie de conséquence, doivent également être annulées les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. Sous réserve de changement dans les circonstances de droit ou de fait, il y a lieu, par application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de délivrer à la requérante une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de Seine-et-Marne du 27 juillet 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Seine-et-Marne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de délivrer à Mme A un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A et au préfet de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 17 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Jeannot, première conseillère,
Mme Blanc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mars 2023.
La rapporteure,
F. BLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026