lundi 5 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2108187 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | MARAS BILLARD AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 septembre 2021 et 13 août 2022, la société DMB, représentée par le cabinet Maras-Billard avocats, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 mars 2021 par lequel le maire d'Arcueil a refusé de lui délivrer un permis de construire un bâtiment à usage d'habitation comprenant deux logements sur un terrain situé 59 avenue de la Convention (Arcueil) ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire d'Arcueil de lui délivrer le permis de construire sollicité dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Arcueil une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est recevable ; en particulier, elle n'est pas tardive ;
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que le projet s'insère parfaitement dans son environnement, lequel ne présente pas de caractéristiques architecturales particulières et n'est pas exclusivement pavillonnaire ;
- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors que les places de stationnement prévues par le projet sont conformes aux dispositions de l'article 4 du règlement du plan local d'urbanisme, ce projet ne prévoyant que deux logements et les places étant accessibles de manière satisfaisante ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir.
Par des mémoires, enregistrés les 18 juillet 2022 et 15 septembre 2022, la commune d'Arcueil, représentée par le cabinet CGCB et associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société DMB au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable pour être tardive ;
- les moyens soulevés par la société DMB ne sont pas fondés ;
- à titre subsidiaire, il est sollicité une substitution de motifs tirée de l'incomplétude du dossier en l'absence de description de l'état initial du terrain, en l'absence d'attestation démontrant
la réalisation préalable d'une étude au titre du plan de prévention des risques de mouvement de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols dans le département du Val-de-Marne.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cabal,
- les conclusions de M. Zanella rapporteur public,
- et les observations de Me Gaschard, représentant la société DMB et de Me Bordet, représentant la commune d'Arcueil.
Considérant ce qui suit :
1. La société DMB a déposé le 23 novembre 2020 auprès de la mairie d'Arcueil une demande de permis de construire portant sur la réalisation d'un immeuble à usage d'habitation comprenant deux logements sur un terrain situé 59 avenue de la Convention (Arcueil). Par un arrêté du 5 mars 2021, le maire d'Arcueil a refusé de lui délivrer le permis sollicité. Par un courriel et un courrier du 5 mai 2021, reçu le 7 mai 2021, elle a demandé le retrait de cet arrêté. Sa demande a été rejetée par une décision implicite née le 7 juillet 2021. La société DMB demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 5 mars 2021 ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 17 juillet 2020, transmis en préfecture le 17 juillet 2020 et régulièrement affiché le 23 juillet 2020, le maire d'Arcueil a notamment délégué à Mme B, adjointe au maire et auteur de l'arrêté attaqué, la signature de tous " actes ou arrêtés relatifs à la délivrance des autorisations d'occupation et d'utilisation des sols () et notamment () [les] permis de construire ". Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté du 5 mars 2021 aurait été pris par une autorité incompétente doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes du paragraphe 2 du chapitre 2 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux aires de stationnement en zone UC : " Les constructions, par leur situation, leur volume, leur aspect, le rythme ou la coloration des façades, doivent être conçues de manière à assurer une bonne insertion dans leur environnement naturel ou urbain, et cela quel que soit le type d'architecture (traditionnelle ou moderne) utilisé. L'autorisation de bâtir pourra être refusée si les constructions par leur situation, leurs dimensions ou l'aspect extérieur sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, ou ne contribuent pas à une meilleure cohérence du paysage urbain environnant. ".
4. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel ou urbain de nature à fonder le refus de permis de construire, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel ou urbain sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site
5. Il ressort des pièces du dossier que le projet doit s'implanter en zone UC du plan local d'urbanisme de la commune d'Arcueil, laquelle est définie par le règlement de ce plan qui lui est applicable comme " une zone mixte pouvant accueillir des maisons, de petits immeubles collectifs ainsi que des activités économiques ". L'avenue de la Convention fait, en outre, l'objet d'une orientation d'aménagement et de programmation précisant que " l'avenue de la Convention est caractérisée par une mixité fonctionnelle où les activités à dominante artisanales côtoient des sites plus résidentiels et le centre ancien commerçant. L'objectif est de parvenir à un embellissement général de cet axe, de préserver les activités économiques et d'y accueillir de nouveaux logements ". Le projet en litige s'insère plus particulièrement dans un environnement constitué de maisons individuelles et de bâtiments publics, notamment l'école maternelle Louise Michel, sans unité architecturale particulière. Il prévoit, par ailleurs, un traitement des façades en " briques de teinte paille " et des pignons en " enduit ton pierre ". Si ce projet, qui porte sur la réalisation d'un immeuble à usage d'habitation en R+3 d'une hauteur de 12,90 mètres, est d'une hauteur légèrement supérieure à celle des maisons individuelles mitoyennes, cette circonstance ne permet pas de le regarder comme constituant un volume " important et massif " en rupture avec son environnement. En outre, la circonstance que l'aspect de la façade située sur jardin, laquelle n'est pas visible depuis l'espace public, serait " caractéristique d'un immeuble collectif " n'est pas davantage de nature à caractériser un défaut d'insertion du projet dans son environnement. Par suite, la société DMB est fondée à soutenir que le maire d'Arcueil a entaché sa décision d'erreur d'appréciation en estimant que le projet ne satisfaisait pas aux exigences d'insertion fixées par les dispositions précitées du paragraphe 2 du chapitre 2 du règlement du plan local d'urbanisme applicable en zone UC.
6. En troisième lieu, aux termes du paragraphe 4 du chapitre 2 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux aires de stationnement en zone UC : " Normes techniques - Chaque aire doit présenter une accessibilité satisfaisante et respecter les préconisations ci-après : / Longueur : 5 mètres / Largeur : 2,50 mètres / 5 mètres de dégagement ". Cet article prévoit en outre que pour les bâtiments à usage d'habitation doivent être créées " 1 aire de stationnement par logement () / Pour la construction de plus de deux logements, les places commandées sont interdites ". Enfin, ce règlement définit la place commandée comme " une place qui n'est pas accessible directement depuis la voie de desserte mais en passant par une autre place de stationnement ".
7. Un permis de construire n'a d'autre objet que d'autoriser la construction d'immeubles conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire. La circonstance que ces plans et indications pourraient ne pas être respectés ou que ces immeubles risqueraient d'être ultérieurement transformés ou affectés à un usage non conforme aux documents et aux règles générales d'urbanisme n'est pas, par elle-même, sauf le cas d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date de la délivrance du permis, de nature à affecter la légalité de celui-ci. En l'espèce, le permis de construire sollicité porte sur la construction de deux logements et prévoit, à ce titre, la création de deux places de stationnement. Si la commune soutient que le projet est " très comparable " à un précédent projet portant sur quatre logements pour lequel un permis de construire a été refusé le 28 août 2020 au motif notamment que chaque étage est doté de toilettes, que la superficie de chaque appartement, de plus de 300 m², " apparaît suspicieuse et peu crédible " et que la composition de la façade arrière laisse penser que plus de deux logements seraient prévus, ces éléments ne permettent pas, à eux-seuls, de caractériser une manœuvre frauduleuse ayant pour seul objet d'échapper aux règles du plan local d'urbanisme. Il s'ensuit que le projet n'avait pas à prévoir plus de deux places de stationnement.
8. Toutefois, il résulte des termes de l'arrêté en litige que pour refuser à la société DMB le permis de construire sollicité, le maire d'Arcueil s'est fondé sur le motif tiré de ce que la place de stationnement commandée " ne dispose pas d'un espace de dégagement suffisant pour le rayon de braquage de véhicules autres qu'une voiture de type citadine ". Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la création de deux places de stationnement situées dans un garage d'une longueur de 5,25 mètres et d'une largeur de 5,56 mètres, composées d'une place commandée située à côté de la place directement accessible depuis la voie publique par un espace de trois mètres de large. Toutefois, la place commandée ne dispose pas, au regard de la configuration du garage, d'un espace de dégagement suffisant, son accès étant particulièrement difficile pour les véhicules à l'exception, ainsi que le mentionne au demeurant expressément le plan PC 3 joint à la demande de permis de construire, des plus petits de type " smart électrique ". Dans ces conditions, la place commandée prévue n'étant pas accessible de manière suffisamment satisfaisante, le maire d'Arcueil a pu, sans erreur de droit, refuser de délivre le permis de construire sollicité pour méconnaissance des dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme. Il résulte de l'instruction que le maire d'Arcueil aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que ce motif.
9. En quatrième lieu, le permis de construire en litige pouvant être régulièrement refusé en raison de l'insuffisance des places de stationnement, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté en litige soit entaché d'un détournement de pouvoir.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la société DMB n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 5 mars 2021 par lequel le maire d'Arcueil a refusé de lui délivrer un permis de construire.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent être accueillies.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Arcueil, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société DMB demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société DMB une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune d'Arcueil et non compris dans les dépens
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société DMB est rejetée.
Article 2 : la société DMB versera à la commune d'Arcueil une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société DMB et à la commune d'Arcueil.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. A, président,
M. Duhamel, premier conseiller,
M. Cabal, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2023.
Le rapporteur,
P.Y. CABAL
Le président,
M. A
La greffière,
G. AUMOND
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026