vendredi 3 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2108240 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | POUILHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 9 septembre 2021, 28 octobre 2022 et 29 novembre 2022, Mme C A, M. H D, Mme F E et Mme B G, représentés par Me Meurin, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération n° 28/2021 du 12 juillet 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de Mortcerf a retiré la délibération du 19 janvier 2021 approuvant le plan local d'urbanisme de la commune ;
2°) d'annuler la délibération n° 29/2021 du 12 juillet 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de Mortcerf a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Mortcerf une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la délibération n° 28/2021 du 12 juillet 2021 méconnaît les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle ne justifie pas de l'illégalité de la délibération du 19 janvier 2021 qu'elle retire et que le retrait n'est pas intervenu dans le délai de quatre mois, et qu'en tout état de cause elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que la procédure de modification simplifiée n'a pas été respectée ;
- la délibération n° 29/2021 du 12 juillet 2021 est illégale du fait de l'illégalité de la délibération n° 28/ 2021 du 12 juillet 2021 qui la prive de base légale ;
- elle est entachée d'illégalité tirée de ce que le plan local d'urbanisme de la commune de Mortcerf n'aurait pas dû être modifié postérieurement à l'enquête publique dès lors que cette modification affecte l'économie générale du plan local d'urbanisme de la commune et ne procède pas de l'enquête publique ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle étend la bande de protection de cinquante mètres imposée par le schéma directeur d'Ile-de-France au-delà de la voie ferrée alors que la forêt domaniale de Crécy s'arrête à l'emprise de la voie ferrée.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 septembre, 14 novembre et 12 décembre 2022, la commune de Mortcerf, représentée par Me Pouilhe, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à l'application des dispositions de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.
Par une lettre du 18 juillet 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 15 septembre 2022.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 1er juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dutour, conseillère,
- les conclusions de Mme Morisset, rapporteure publique,
- et les observations de Me Marneau, représentant les requérants, et de Me Pouilhe, représentant la commune de Mortcerf.
Considérant ce qui suit :
1. Par une première délibération n° 28/ 2021 du 12 juillet 2021, le conseil municipal de Mortcerf a retiré la délibération du 19 janvier 2021 approuvant le plan local d'urbanisme de la commune. Par une seconde délibération n° 29/ 2021 du 12 juillet 2021, le conseil municipal a approuvé la révision du plan local d'urbanisme de la commune. Mme A, M. D, Mme E et Mme G, en leur qualité de propriétaires de parcelles sur le territoire de la commune de Mortcerf, demandent l'annulation des deux délibérations du 12 juillet 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la première délibération contestée du 12 juillet 2021 portant retrait de la délibération du 19 janvier 2021 approuvant le plan local d'urbanisme de la commune de Mortcerf :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ".
3. Si les requérants soutiennent que la délibération attaquée retire le plan local d'urbanisme après l'expiration du délai de quatre mois prévu par les dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration, en tout état de cause, la délibération approuvant un plan local d'urbanisme est un acte réglementaire non créateur de droit. Par suite, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de la méconnaissance de l'article L. 242-1 précité.
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 153-45 du code de l'urbanisme : " La modification peut être effectuée selon une procédure simplifiée : / () 3° Dans le cas où elle a uniquement pour objet la rectification d'une erreur matérielle () ". Aux termes de l'article L. 153-47 du même code : " Le projet de modification, l'exposé de ses motifs et, le cas échéant, les avis émis par les personnes publiques associées mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9 sont mis à disposition du public pendant un mois, dans des conditions lui permettant de formuler ses observations. / Ces observations sont enregistrées et conservées () ".
5. Si les requérants soutiennent que la délibération litigieuse a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que la procédure de modification simplifiée n'a pas été respectée, la délibération litigieuse se borne à abroger le plan local d'urbanisme. Il en résulte que le moyen doit être écarté comme étant inopérant.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la deuxième délibération contestée du 12 juillet 2021 approuvant le plan local d'urbanisme de la commune de Mortcerf :
6. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par: / 1° L'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale à la majorité des suffrages exprimés après que les avis qui ont été joints au dossier, les observations du public et le rapport du commissaire ou de la commission d'enquête aient été présentés lors d'une conférence intercommunale rassemblant les maires des communes membres de l'établissement public de coopération intercommunale; / 2° Le conseil municipal dans le cas prévu au 2° de l'article L. 153-8 ".
7. Il résulte des dispositions de l'article L. 153-21 précité qu'il est loisible à l'autorité compétente de modifier le projet de plan local d'urbanisme après l'enquête publique, sous réserve, d'une part, que ne soit pas remise en cause l'économie générale du projet et, d'autre part, que ces modifications aient pour objet de tenir compte des avis joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire-enquêteur.
8. Les requérants soutiennent que le plan local d'urbanisme ne pouvait pas être modifié postérieurement à l'enquête publique dès lors que cette modification affecte l'économie générale du plan local d'urbanisme et ne procède pas de l'enquête publique. Il ressort des pièces du dossier que le projet de révision du plan local d'urbanisme a fait l'objet après l'enquête publique d'une modification visant à étendre la bande de protection de cinquante mètres imposée par le schéma directeur d'Ile-de-France au-delà de la voie ferrée. D'une part, cette modification, qui ne concerne qu'une superficie très limitée du territoire de la commune, n'est pas de nature à porter atteinte à l'économie générale du projet. D'autre part, il ressort du rapport du commissaire enquêteur que la question de la délimitation de cette bande de protection a été débattue lors de l'enquête publique, la commission départementale des espaces naturels, agricoles et forestiers et le sous-préfet de Provins ayant notamment insisté sur la nécessité de compléter la bande de protection des espaces boisés, paysagers et naturels. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le plan local d'urbanisme ne pouvait pas être modifié postérieurement à l'enquête publique dès lors que cette modification affecterait l'économie générale du plan local d'urbanisme et ne procèderait pas de l'enquête publique.
9. En deuxième lieu, l'illégalité de la délibération n° 28/2021 du 12 juillet 2021 portant retrait de la délibération du 19 janvier 2021 approuvant le plan local d'urbanisme de la commune de Mortcerf n'étant pas établie, l'exception tirée de l'illégalité de cette délibération, soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la délibération n° 29/2021 du 12 juillet 2021 approuvant le plan local d'urbanisme de la commune de Mortcerf, ne peut qu'être écartée.
10. En troisième et dernier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 131-6 du code de l'urbanisme : " En l'absence de schéma de cohérence territoriale, les plans locaux d'urbanisme, les documents en tenant lieu et les cartes communales sont compatibles avec les dispositions mentionnées au 1° et avec les documents énumérés aux 2° à 16° de l'article L. 131-1 ".
11. Il résulte de ces dispositions qu'au sein de la région d'Ile-de-France, les schémas de cohérence territoriale et, en leur absence, les plans locaux d'urbanisme, les documents en tenant lieu et les cartes communales sont soumis à une obligation de compatibilité avec le schéma directeur de cette région. Pour apprécier cette compatibilité, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire pertinent pour prendre en compte les prescriptions du schéma directeur de la région, si le schéma de cohérence territoriale ou, en son absence, le plan local d'urbanisme, le document en tenant lieu ou la carte communale ne contrarie pas les objectifs et les orientations d'aménagement et de développement fixés par le schéma, compte tenu du degré de précision des orientations adoptées, sans rechercher l'adéquation du plan à chaque orientation ou objectif particulier.
12. D'autre part, aux termes des orientations réglementaires du schéma directeur de la région d'Ile-de-France : " Les lisières des massifs boisés de plus de 100 hectares sont préservées dans une bande de 50 mètres : toute urbanisation y est exclue en dehors des sites urbains constitués, exception faite des bâtiments agricoles ".
13. Les requérants soutiennent que la délibération contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que les parcelles dont ils sont propriétaires cadastrées section B n° 113, n° 114, n° 1522, n° 1523 et n° 1524 et section C n° 501 et n° 502 sont situées à plus de 200 mètres de la forêt domaniale de Crécy qui prend en lisière ouest de la voie ferrée, et que le maître d'ouvrage et le commissaire enquêteur ont formulé des observations en faveur de la suppression de la bande de protection pour les parcelles concernées. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, en particulier des photographies aériennes et des plans produits en défense, que la forêt domaniale de Crécy n'est pas limitée, sur le territoire de la commune de Mortcerf, par l'emprise de la voie ferrée mais se poursuit au contraire au-delà. Dans ces conditions, les parcelles appartenant aux requérants constituent des espaces de lisière avec ces espaces boisés. Par suite, la commune de Mortcerf n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en étendant la bande de protection de cinquante mètres prévue par le schéma directeur de la région d'Ile-de-France au-delà de la voie ferrée sur les parcelles cadastrées section B n° 113, n° 114, n° 1522, n° 1523 et n° 1524 et section C n° 501 et n° 502 appartenant à Mme A, M. D, Mme E et Mme G.
14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par les requérants doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Mortcerf, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme que demandent les requérants au titre des frais liés à l'instance. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge solidaire de ces derniers la somme totale de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Mortcerf et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A, M. D, Mme E et Mme G est rejetée.
Article 2 : Mme A, M. D, Mme E et Mme G verseront solidairement à la commune de Mortcerf la somme totale de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. H D, désigné représentant unique pour l'ensemble des requérants, et à la commune de Mortcerf.
Délibéré après l'audience du 12 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Blanc, conseillère,
Mme Dutour, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2024.
La rapporteure,
L. DUTOURLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026