vendredi 20 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2108324 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | RICCI |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête n° 2108324 enregistrée le 13 septembre 2021, Mme B C, représentée par Me Ricci, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 juillet 2021 par laquelle le président de l'université Paris-Est Créteil Val-de-Marne a refusé son admission en première année de master " Justice, procès, procédures " ;
2°) d'enjoindre au président de l'Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne de réexaminer sa candidature dans un délai de dix jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'un défaut de base légale dès lors qu'il appartient à l'université Paris-Est Créteil Val-de-Marne de justifier de l'existence de la délibération du conseil d'administration fixant les capacités d'accueil de la formation sollicitée, du respect des formalités requises de publicité et de la transmission des dispositions réglementaires au recteur.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 mai 2022, l'université Paris-Est Créteil Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par lettre du 7 juillet 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de ce que l'instruction était susceptible d'être close par l'émission d'une ordonnance de clôture à compter du 16 août 2022.
Une ordonnance de clôture immédiate de l'instruction a été émise le 3 novembre 2022.
II. Par une requête n° 2108325 enregistrée le 13 septembre 2021, Mme B C, représentée par Me Ricci, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 juillet 2021 par laquelle le président de l'université Paris-Est Créteil Val-de-Marne a refusé son admission en première année de master " Droit pénal et sciences criminelles " ;
2°) d'enjoindre au président de l'Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne de réexaminer sa candidature dans un délai de dix jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'un défaut de base légale dès lors qu'il appartient à l'université Paris-Est Créteil Val-de-Marne de justifier de l'existence de la délibération du conseil d'administration fixant les capacités d'accueil de la formation sollicitée, du respect des formalités requises de publicité et de la transmission des dispositions réglementaires au recteur.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 mai 2022, l'université Paris-Est Créteil Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par lettre du 7 juillet 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de ce que l'instruction était susceptible d'être close par l'émission d'une ordonnance de clôture à compter du 16 août 2022.
Une ordonnance de clôture immédiate de l'instruction a été émise le 3 novembre 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,
- et les observations de M. A, représentant l'université Paris-Est Créteil Val-de-Marne.
Considérant ce qui suit :
1. Par une première décision du 15 juillet 2021, le président de l'université Paris-Est Créteil Val-de-Marne a refusé l'admission de Mme C en première année de master " Justice, procès, procédures " au titre de l'année universitaire 2021-2022. Par une première requête, enregistrée sous le n° 2108324, la requérante demande l'annulation de cette décision. Par une seconde décision du 15 juillet 2021, le président de l'université Paris-Est Créteil Val-de-Marne a refusé l'admission de la requérante en première année de master " Droit pénal et sciences criminelles " au titre de l'année universitaire 2021-2022. Par une seconde requête, enregistrée sous le n° 2108325, la requérante demande l'annulation de cette décision.
2. Les requêtes susvisées nos 2108324 et 2108325 présentées par la requérante présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions du 15 juillet 2021 :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'éducation : " Les formations du deuxième cycle sont ouvertes aux titulaires des diplômes sanctionnant les études du premier cycle ainsi qu'à ceux qui peuvent bénéficier de l'article L. 613-5 ou des dérogations prévues par les textes réglementaires. / Les établissements peuvent fixer des capacités d'accueil pour l'accès à la première année du deuxième cycle. L'admission est alors subordonnée au succès à un concours ou à l'examen du dossier du candidat. / () ". Aux termes de l'article L. 712-6-1 de ce même code : " I.- La commission de la formation et de la vie universitaire du conseil académique est consultée sur les programmes de formation des composantes. / Elle adopte : / 1° La répartition de l'enveloppe des moyens destinée à la formation telle qu'allouée par le conseil d'administration et sous réserve du respect du cadre stratégique de sa répartition, tel que défini par le conseil d'administration ; / 2° Les règles relatives aux examens ; / 3° Les règles d'évaluation des enseignements ; / 4° Des mesures recherchant la réussite du plus grand nombre d'étudiants ; / 5° Les mesures de nature à permettre la mise en œuvre de l'orientation des étudiants et de la validation des acquis, à faciliter leur entrée dans la vie active et à favoriser les activités culturelles, sportives, sociales ou associatives offertes aux étudiants, ainsi que les mesures de nature à améliorer les conditions de vie et de travail, notamment les mesures relatives aux activités de soutien, aux œuvres universitaires et scolaires, aux services médicaux et sociaux, aux bibliothèques et aux centres de documentation et à l'accès aux ressources numériques ; / () ". Il résulte des dispositions précitées que les établissements d'enseignement supérieur peuvent subordonner l'admission en formation de deuxième cycle conduisant au diplôme national de master aux capacités d'accueil de ces établissements et, éventuellement, au succès à un concours ou à l'examen du dossier du candidat. En outre, le conseil d'administration, auquel il appartient de déterminer la politique de l'établissement, est compétent pour fixer, s'il y a lieu, les capacités d'accueil et les modalités de sélection pour l'accès à la première année du deuxième cycle.
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 719-7 du code de l'éducation : " Les décisions des présidents des universités et des présidents ou directeurs des autres établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel ainsi que les délibérations des conseils entrent en vigueur sans approbation préalable () Toutefois, les décisions et délibérations qui présentent un caractère réglementaire n'entrent en vigueur qu'après leur transmission au recteur de région académique, chancelier des universités. () ". Aux termes de l'article L. 221-2 du code des relations entre le public et l'administration : " L'entrée en vigueur d'un acte réglementaire est subordonnée à l'accomplissement de formalités adéquates de publicité, notamment par la voie, selon les cas, d'une publication ou d'un affichage, sauf dispositions législatives ou réglementaires contraires ou instituant d'autres formalités préalables. Un acte réglementaire entre en vigueur le lendemain du jour de l'accomplissement des formalités prévues au premier alinéa, sauf à ce qu'il en soit disposé autrement par la loi, par l'acte réglementaire lui-même ou par un autre règlement. Toutefois, l'entrée en vigueur de celles de ses dispositions dont l'exécution nécessite des mesures d'application est reportée à la date d'entrée en vigueur de ces mesures ". En l'absence de dispositions prescrivant une formalité de publicité déterminée, les actes à caractère réglementaire du conseil d'administration d'une université sont opposables aux tiers à compter de la date de leur affichage sur des emplacements dédiés des locaux de cet établissement et permettant de répondre aux exigences d'information des tiers, ou, afin d'assurer une publicité adéquate de ces derniers, de celle de leur mise en ligne, dans des conditions garantissant sa fiabilité, sur le site internet de cette personne publique.
5. La requérante soutient que les décisions attaquées sont entachées d'une erreur de droit et d'un défaut de base légale dès lors qu'il appartient à l'université Paris-Est Créteil Val-de-Marne de justifier de l'existence de la délibération du conseil d'administration fixant les capacités d'accueil des formations sollicitées, du respect des formalités requises de publicité et de la transmission des dispositions réglementaires au recteur. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, par une délibération n° 2020-91 du 18 décembre 2020, dûment transmise le 7 janvier 2021 au recteur de l'académie de Créteil en application de l'article L. 719-7 du code de l'éducation et publiée sur le site internet de l'université, le conseil d'administration de l'université Paris-Est Créteil Val-de-Marne a fixé les capacités d'accueil pour les premières années de master auxquelles la requérante a candidaté et fixé les critères d'admission. Dans ces conditions, les moyens tirés d'une erreur de droit et d'un défaut de base légale doivent être écartés.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions du 15 juillet 2021 du président de l'université Paris-Est Créteil Val-de-Marne doivent rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à l'université Paris-Est Créteil Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 6 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Jeannot, première conseillère,
Mme Blanc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 janvier 2023.
La rapporteure,
F. DLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Nos 2108324
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026