vendredi 19 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2108574 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 septembre 2021 et le 16 septembre 2022, M. D C, représenté par Me Ingelaere, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 août 2019 par lequel le maire de Croissy-Beaubourg, au nom de l'État, a délivré à Mme E un permis de construire pour la démolition d'un local, l'édification d'une véranda, l'agrandissement de deux châssis de toit, la suppression d'une cheminée, le remplacement de la porte d'entrée, la création d'un gîte indépendant supplémentaire, la surélévation et l'extension d'une annexe existante pour créer un gîte indépendant à l'étage et la réfection de la clôture sur un terrain situé 12 rue de Paris à Croissy-Beaubourg, ensemble la décision du maire de la commune du 21 juillet 2021 rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- son recours est recevable dès lors qu'il dispose d'un intérêt à agir ;
- son recours est recevable dès lors qu'il a respecté les prescriptions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de permis de construire est incomplet aux motifs qu'il ne mentionne pas la démolition de l'annexe existante et que le document graphique, ainsi que la notice, ne permettent pas d'apprécier l'environnement immédiat du projet ;
- l'arrêté méconnait les dispositions de l'article UA.7 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que l'annexe ne sera pas implantée en limite séparative de propriété et que les règles de recul minimum de 4 mètres imposées par cet article ne seront dès lors pas respectées ;
- en tout état de cause, si l'annexe devait être considérée comme s'implantant en limite séparative de propriété, l'arrêté méconnaitrait les dispositions de l'article UA.7 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que celle-ci ne s'adosserait pas à une construction de mêmes dimensions et en bon état existante sur le fond voisin.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 mars 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que le requérant ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- le dossier ne souffre d'aucune incomplétude ;
- le projet est conforme aux dispositions de l'article UA.7 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la partie de la construction implantée en mitoyenneté dans la bande de 20 mètres comporte deux niveaux et s'appuie sur un mur séparatif aveugle ;
- le projet est conforme aux dispositions de l'article UA.7 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la partie de la construction implantée en mitoyenneté au-delà de la bande de 20 mètres ne comporte qu'un seul niveau.
Par deux mémoires en intervention, enregistrés le 15 décembre 2021 et le 3 octobre 2022, la commune de Croissy-Beaubourg, représentée par Me Pyanet, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- le dossier ne souffre d'aucune incomplétude ;
- le projet est conforme aux dispositions de l'article UA.7 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que l'extension de l'annexe existante se fait en limite séparative et s'adosse à l'habitation présente sur le fond voisin qui est en bon état.
La requête a été communiquée à Mme E qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une lettre du 1er juin 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir 30 juin 2023 sans information préalable.
Une ordonnance de clôture immédiate de l'instruction a été prise le 26 septembre 2023.
Les parties ont été informées, le 21 novembre 2023, qu'en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, le tribunal était susceptible de surseoir à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 19 août 2021 pour le motif tiré de la méconnaissance de l'article UA.7 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qu'il n'autorise pas, au-delà de la bande des 20 mètres, les constructions qui sont à usage d'habitation, les dispositions relatives aux annexes ne permettant pas d'y déroger dès lors que l'article R. 151-29 du code de l'urbanisme dispose que " () Les locaux accessoires sont réputés avoir la même destination et sous-destination que le local principal ".
Des observations présentées pour le préfet de Seine-et-Marne ont été reçues le 28 novembre 2023 et communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Senichault de Izaguirre, conseillère,
- les conclusions de Mme Morisset, rapporteure publique,
- les observations de Mme B, représentant de la préfecture de Seine-et-Marne, et de Me Masson, représentant de la commune de Croissy-Beaubourg.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 19 août 2019, le maire de Croissy-Beaubourg, au nom de l'État, a délivré à Mme E un permis de construire autorisant la démolition d'un local existant, l'édification d'une véranda, l'agrandissement de deux châssis de toit, la suppression d'une cheminée, le remplacement de la porte d'entrée, la création d'un gîte indépendant supplémentaire, la surélévation et l'extension d'une annexe existante pour créer un gîte indépendant à l'étage et la réfection de la clôture, sur un terrain situé 12 rue de Paris à Croissy-Beaubourg. Par la présente instance, M. C demande l'annulation de cet arrêté, ensemble la décision du 21 juillet 2021 par laquelle le maire de la commune a rejeté son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
3. En premier lieu, il ressort du dossier de permis de construire, en particulier du cadre 5 du document cerfa, que le pétitionnaire a coché la mention " démolition partielle " et précisé que son projet portait sur la " démolition du local eau pour permettre le passage du nouveau portail coulissant ", ainsi que sur la " démolition de la cheminée de l'ancienne chaudière ". La notice architecturale mentionne également la démolition du local eau et les plans fournis dans le dossier de demande font état de cette construction à démolir. Contrairement à ce que soutient le requérant, le projet, qui a notamment pour objet de surélever une annexe existante pour permettre la création d'un gîte à l'étage et de l'agrandir afin de permettre le stationnement de voitures supplémentaires, ne prévoit pas la démolition de l'annexe existante mais seulement sa transformation. Dans ces conditions, la première branche du moyen tiré de ce que le dossier de permis de construire était incomplet doit être écartée.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
5. Contrairement à ce que soutient le requérant, le dossier de demande de permis de construire comporte différentes photographies et photomontages permettant d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement immédiat notamment au regard des constructions avoisinantes. Par suite, la seconde branche du moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis de construire doit être écartée comme manquant en fait.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article UA.7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Croissy-Beaubourg relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives applicable au secteur U.A a : " 1. Dans une bande de 20 mètres, et de 50 mètres s'il s'agit de constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif, comptée à partir de l'alignement les constructions peuvent être implantées, soit sur les limites séparatives si le mur séparatif est aveugle ou doté de jour de souffrance ou de pavé de verre en l'absence de servitude de vue, soit en observant la marge de reculement définie ci-dessous. / 2. Au-delà des bandes de 20 mètres et de 50 mètres ci-dessus définie. Seules seront admises les constructions qui ne sont pas affectées à un usage d'habitat, d'activité industrielle, commerciale ou professionnelle et dont la hauteur à l'égout du toit ne dépassera pas 3 mètres sauf s'il s'agit de construction et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif auquel cas la hauteur à l'égout du toit ne dépassera pas 6 mètres. () Toutefois, l'implantation en limite séparative pourra être autorisée si elle s'adosse à des constructions de mêmes dimensions et en bon état existant sur le fond voisin ou s'il s'agit de constructions annexes ne comportant qu'un seul niveau ".
7. Il ressort des pièces du dossier, que le projet litigieux, qui consiste notamment en la surélévation et l'extension de l'annexe existante se situe pour partie dans la bande de 20 mètres et pour partie au-delà de la bande de 20 mètres. D'une part, dans la bande de 20 mètres, le projet consiste en la création d'un gîte à l'étage rehaussé par une toiture. Il ressort des plans et photographies jointes au dossier de demande de permis de construire que cette construction s'implante sur les limites séparatives et que le mur séparatif est aveugle. Dans ces conditions, dans la bande des 20 mètres, le projet respecte les prescriptions des dispositions du 1 de l'article UA.7 du règlement du plan local d'urbanisme. D'autre part, au-delà de la bande de 20 mètres, il ressort des pièces du dossier que la partie de l'annexe concernée sera seulement remontée d'un toit terrasse d'agrément et ne comportera qu'un seul niveau. Ainsi, cette portion de la construction entre dans le champ d'application de la deuxième exception fixée par l'article UA.7 qui autorise l'implantation en limite séparative des constructions annexes ne comportant qu'un seul niveau. Dans ces conditions, le projet ne méconnait pas les dispositions de l'article UA.7 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, ce moyen doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 19 août 2019 par lequel le maire de la commune de Croissy-Beaubourg a délivré à Mme E un permis de construire, ensemble la décision du maire de la commune du 21 juillet 2021 rejetant le recours gracieux, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le requérant demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à Mme A E.
Copie en sera adressée au préfet de Seine-et-Marne ainsi qu'à la commune de Croissy-Beaubourg.
Délibéré après l'audience du 22 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Blanc, conseillère,
Mme Senichault de Izaguirre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 janvier 2024.
La rapporteure,
J. SENICHAULT DE IZAGUIRRELa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026