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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2108646

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2108646

mardi 13 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2108646
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantOUEDRAOGO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2021, Mme C, représentée par Me Ouedgraogo, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 29 avril 2021 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans

un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée ;

2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer une carte de séjour " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

La décision portant refus de titre de séjour :

- méconnaît les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- doit être annulée en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- méconnaît les dispositions du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

La décision fixant le pays de destination doit être annulée en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2021, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 juillet 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Félicie Bouchet, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante de la République du Congo, née le

15 septembre 1981 à Brazzaville, se maintenant en situation irrégulière sur le territoire français, a sollicité l'octroi d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". Par un arrêté du 29 avril 2021 dont Mme A demande l'annulation, le préfet de Seine-et-Marne a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans

un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : / () 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".

3. Pour refuser à Mme A la délivrance du titre de séjour qu'elle avait sollicité, le préfet de Seine-et-Marne, a relevé, s'appuyant sur le sens de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qu'il avait recueilli, que si l'état de santé de la requérante nécessitait une prise en charge médical et que si le défaut de prise en charge médical pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, elle pouvait y bénéficier effectivement d'un traitement approprié à son état de santé. Si la requérante soutient qu'elle ne peut pas bénéficier d'un traitement adapté dans son pays d'origine dans la mesure où le médicament qui lui est habituellement prescrit dans le cadre du traitement de son hypothyroïdie ne serait pas commercialisé au Congo, elle n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le préfet de Seine-et-Marne a fait une inexacte application des dispositions citées au point 2.

4. En second lieu, Mme A fait valoir qu'elle vit en France depuis plus de cinq années, qu'elle souffre d'une pathologie reconnue comme une affection de longue durée, qu'elle est mère d'un enfant né en 2021 dont le père est un compatriote et qu'elle a travaillé à temps partiel comme auxiliaire de vie. Il ressort, toutefois, des pièces du dossier que la requérante est née en 1981 en République du Congo où elle a vécu jusqu'à son entrée en France en 2016, et il n'apparaît pas qu'elle soit dans l'impossibilité de reconstituer sa cellule familiale dans son pays d'origine où, au demeurant, vivent, aux termes de la décision attaquée, un de ses enfants, sa mère ainsi que ses frères et sœurs. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en s'abstenant de faire usage de son pouvoir de régularisation à son endroit.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen, invoqué par voie d'exception, tiré de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ne peut qu'être écarté.

6. En second lieu, si ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, en application du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur, l'étranger " résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ", il résulte de ce qui a été dit au point 3 que l'état de santé de Mme A ne fait pas obstacle au prononcé d'une obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

7. Il résulte de ce qui précède que le moyen, invoqué par voie d'exception, tiré de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ne peut qu'être écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles qui tendent à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D et au préfet de Seine-et-Marne.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 26 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Timothée Gallaud, président,

Mme Aurore Perrin, première conseillère,

Mme Félicie Bouchet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2023.

La rapporteure,

F. BouchetLe président,

T. Gallaud

La greffière,

O. Dusautois

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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