LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2108798

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2108798

vendredi 27 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2108798
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantMOGENIER PIERRE-ALAIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 septembre 2021 et le 16 mars 2023, Mme D C, représentée par Me Yapo, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 26 janvier 2021 par laquelle l'inspecteur du travail a autorisé la société SIO2 à la licencier pour inaptitude ainsi que la décision du 29 octobre 2021 par laquelle la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a rejeté le recours hiérarchique qu'elle a formé contre cette décision ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été prise par une autorité habilitée ;

- elle est entachée d'illégalité dès lors que le comité social et économique (CSE) n'a pas été régulièrement consulté ;

- l'inspecteur du travail a inexactement apprécié les efforts de reclassement de la société SIO2.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 novembre 2021 et les 14 et 22 février 2023, la société SIO2, représentée par Me Chastagnol, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme C.

Elle fait valoir que :

- la requête est tardive ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 février 2023, le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cyril Dayon, conseiller,

- les conclusions de Mme Linda Mentfakh, rapporteure publique,

- les observations de Me Yapo, avocate de Mme C,

- et les observations de Me Valentin, avocate de la société SIO2.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, salariée de la société SIO2 depuis le 10 octobre 2016, a présenté sa candidature aux élections au comité social et économique dont le scrutin a eu lieu le 21 octobre 2020. La société SIO2 a sollicité le 25 novembre 2020 l'autorisation de licencier Mme C pour inaptitude. L'inspecteur du travail de la section 5 de l'unité de contrôle 3 de l'unité départementale du Val-de-Marne a fait droit à cette demande par une décision du 26 janvier 2021. Mme C a présenté un recours hiérarchique contre cette décision le 26 mars 2021. Par une décision du 29 octobre 2021, dont Mme C doit être regardée comme demandant l'annulation, la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a rejeté ce recours hiérarchique.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme C exerçait ses fonctions au siège de la société SIO2, situé au 33 rue du Bois Galon sur le territoire de la commune de Fontenay-sous-Bois. En application de la décision du 28 octobre 2019 relative à la localisation et à la délimitation des unités de contrôle et des sections d'inspection du travail et l'unité départementale du Val-de-Marne, la demande d'autorisation de licenciement de Mme C présentée par la société SIO2 relevait de la compétence de l'inspecteur du travail affecté à la section 5 de l'unité de contrôle n° 3 de l'unité départementale. M. A B, signataire de la décision attaquée, a, par un arrêté du 19 novembre 2020 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-de-Marne, été nommé inspecteur du travail pour cette section. Par suite, M. B était compétent pour signer la décision attaquée, la circonstance que la lettre de notification de cette décision ait été signé " pour ordre " étant sans incidence sur ce point.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2421-3 du code du travail : " le licenciement envisagé par l'employeur d'un membre élu à la délégation du personnel au comité social et économique titulaire ou suppléant ou d'un représentant syndical au comité social et économique ou d'un représentant de proximité est soumis au comité social et économique, qui donne un avis sur le projet de licenciement dans les conditions prévues à la section 3 du chapitre II du titre Ier du livre III () ". Saisie par l'employeur d'une demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé auquel s'appliquent ces dispositions, il appartient à l'administration de s'assurer que la procédure de consultation du comité d'entreprise a été régulière. Elle ne peut légalement accorder l'autorisation demandée que si le comité d'entreprise a été mis à même d'émettre son avis en toute connaissance de cause, dans des conditions qui ne sont pas susceptibles d'avoir faussé sa consultation.

4. Il ressort des pièces du dossier que le comité social et économique de la société SIO2 a eu connaissance, à l'occasion de la réunion du 29 octobre 2020, de l'avis du 12 octobre 2020 par lequel le médecin du travail s'est prononcé en faveur de l'inaptitude de Mme C au maintien sur son poste de commerciale et a précisé que l'intéressée pouvait être reclassée sur un poste équivalent ou suivre une formation compatible avec son état de santé. A ce titre, le comité a, ainsi que l'indique l'attestation de l'unique membre titulaire de celui-ci, produite par la société SIO2, évoqué la recherche d'un reclassement au sein des entreprises SIO2 et 102Graphic, faisant partie d'un même groupe. Par ailleurs, si Mme C soutient que le comité social et économique n'a pas été invité à se prononcer sur la possibilité de mettre en place une mutation ou transformation du poste ainsi qu'un aménagement du temps de travail, il ressort des pièces du dossier que le médecin du travail s'était prononcé en faveur de l'inaptitude de Mme C au maintien sur son poste de commerciale, ce qui s'opposait à toute mesure d'aménagement de celui-ci. Il résulte de ce qui précède que le comité social et économique a bénéficié d'une information sur la situation de Mme C et a été mis à même d'émettre un avis en toute connaissance de cause sur le projet de licenciement pour inaptitude de Mme C. Par suite, le moyen tiré de ce que l'avis du comité social et économique n'a pas été régulièrement recueilli préalablement à l'édiction de la décision de l'inspecteur du travail doit être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 1226-2 du code du travail : " Lorsque le salarié victime d'une maladie ou d'un accident non professionnel est déclaré inapte par le médecin du travail, en application de l'article L. 4624-4, à reprendre l'emploi qu'il occupait précédemment, l'employeur lui propose un autre emploi approprié à ses capacités, au sein de l'entreprise ou des entreprises du groupe auquel elle appartient le cas échéant, situées sur le territoire national et dont l'organisation, les activités ou le lieu d'exploitation assurent la permutation de tout ou partie du personnel. / Pour l'application du présent article, la notion de groupe désigne le groupe formé par une entreprise appelée entreprise dominante et les entreprises qu'elle contrôle dans les conditions définies à l'article L. 233-1, aux I et II de l'article L. 233-3 et à l'article L. 233-16 du code de commerce. / Cette proposition prend en compte, après avis du comité social et économique lorsqu'il existe, les conclusions écrites du médecin du travail et les indications qu'il formule sur les capacités du salarié à exercer l'une des tâches existantes dans l'entreprise. Le médecin du travail formule également des indications sur la capacité du salarié à bénéficier d'une formation le préparant à occuper un poste

adapté. / L'emploi proposé est aussi comparable que possible à l'emploi précédemment occupé, au besoin par la mise en œuvre de mesures telles que mutations, aménagements, adaptations ou transformations de postes existants ou aménagement du temps de travail ".

6. Dans le cas où la demande de licenciement d'un salarié protégé est motivée par l'inaptitude physique de ce salarié, il appartient à l'administration de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, que l'employeur a respecté son obligation de reclassement dans les conditions prévues par les dispositions précitées des articles L. 1226-2 et L. 1226-2-1 du code du travail. Lorsqu'il est fait application de l'article L. 1226-2-1, la présomption instaurée par le deuxième alinéa de ce texte ne joue que si l'employeur a proposé au salarié, loyalement, en tenant compte des préconisations et indications du médecin du travail, un autre emploi approprié à ses capacités, aussi comparable que possible à l'emploi précédemment occupé, au besoin par la mise en œuvre de mesures telles que mutations, aménagements, adaptations ou transformations de postes existants ou aménagement du temps de travail.

7. Il ressort des termes de l'avis d'inaptitude qu'il a rendu le 12 octobre 2020 que le médecin du travail a exclu le maintien de Mme C à son poste de commerciale au sein de la société SIO2 et retenu la possibilité pour l'intéressée d'occuper un poste équivalent dans une autre entreprise ou de bénéficier d'une formation compatible avec ses capacités restantes. Par des lettres du 19 octobre 2020, la société SIO2 a, d'une part, notifié à Mme C l'avis du médecin du travail et l'a informée de ce qu'une recherche d'un poste de reclassement compatible avec les préconisations du médecin du travail allait être mise en œuvre et, d'autre part, sollicité auprès du médecin du travail des précisions quant aux préconisations de cet avis. Par un courriel du 22 octobre 2020, le médecin du travail a indiqué à la société SIO2 que Mme C était susceptible d'être reclassée sur un poste de commerciale ou un poste comportant des missions équivalentes. A ce titre, il ressort des pièces du dossier que par des échanges de courriels au mois d'octobre 2020, il a été procédé à la recherche au sein des sociétés SIO2 et 102Graphic d'un poste de commerciale conforme aux préconisations du médecin du travail sans qu'aucun poste ne puisse être identifié. Si Mme C soutient que l'obligation de reclassement n'a pas été satisfaite dès lors que des postes de cariste et de commercial étaient à pourvoir au cours de la procédure de reclassement, il ressort des pièces du dossier, notamment de la fiche de poste produite par la société SIO2 en défense que le poste de cariste impliquait des activités différentes d'un poste de commercial. En outre, le poste de commercial auquel fait référence Mme C et pour lequel la société a transmis une promesse d'embauche le 28 avril 2021 constitue en réalité le poste occupé par Mme C jusqu'à la reconnaissance de son inaptitude de sorte que la société SIO2 ne pouvait lui proposer au titre de son obligation de reclassement. Par ailleurs, il résulte de ce qui a été dit que l'inaptitude de Mme C constatée par le médecin du travail impliquait le reclassement sur un autre poste, de sorte qu'elle ne peut utilement se prévaloir de l'absence de proposition par la société SIO2 de mutation ou transformation de son poste ainsi que d'un aménagement de son temps de travail. Dans ces conditions, la société SIO2 a satisfait son obligation de reclassement au regard des éléments dont elle disposait sur l'état de santé de Mme C. Par suite, le moyen tiré de ce que l'inspecteur du travail a inexactement apprécié ses efforts de reclassement doit être écarté.

8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de

non-recevoir opposée par la société SIO2, les conclusions de Mme C tendant à l'annulation de la décision du 29 octobre 2021 par laquelle la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a rejeté le recours hiérarchique présenté par Mme C contre la décision du 26 janvier 2021 par laquelle l'inspecteur du travail a autorisé la société SIO2 à la licencier pour inaptitude doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de la société SIO2 présentée sur le même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la société SIO2 présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, à la société SIO2 et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.

Délibéré après l'audience du 13 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Timothée Gallaud, président,

M. Dominique Binet, premier conseiller,

M. Cyril Dayon, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2023.

Le rapporteur,

C. Dayon

Le président,

T. Gallaud

La greffière,

C. Mahieu

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions