jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2108855 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DE SEZE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 29 septembre 2021 et 9 août 2022, M. C A, représenté par Me de Seze, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le directeur territorial l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil a implicitement refusé de procéder au rétablissement à son profit des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de le rétablir rétroactivement dans le bénéfice des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 200 euros à verser à son conseil, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision contestée n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen de sa vulnérabilité ;
- elle ne tient pas compte de sa vulnérabilité ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il a respecté les obligations qui lui incombaient et n'a pas abandonné son lieu d'hébergement.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 8 et 9 août 2022, l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est irrecevable dès lors qu'elle est dirigée contre une décision inexistante.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né en 2001, a sollicité le bénéfice de l'asile en France le 17 janvier 2020, et a accepté le même jour le bénéfice des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile. Par une décision du 13 novembre 2020, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de Créteil a suspendu le bénéfice de ces allocations au motif qu'il avait abandonné son lieu d'hébergement depuis le 23 juillet 2020. Par courriel en date du 21 mai 2021, l'intéressé a sollicité leur rétablissement. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision par laquelle le directeur territorial de l'OFII a implicitement rejeté sa demande.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir. ". Et aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, comme il a été dit au point 1, à la suite de la décision de suspension du bénéfice des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile que lui a opposée le directeur territorial de l'OFII de Créteil, M. A a demandé le rétablissement de ces allocations le 21 mai 2021. Une décision implicite de rejet de cette demande étant née le 21 juillet 2021, l'intéressé a demandé à cette autorité, le jour même, de lui communiquer les motifs de cette décision, conformément aux dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration. Par un courriel daté du lendemain, le directeur territorial de l'OFII lui a indiqué que sa demande du 21 mai 2021 était incomplète, faute d'avoir renvoyé complété le dossier médical qui lui avait été remis le 3 juin 2021. Dans ces conditions, la décision attaquée doit être regardée comme suffisamment motivée et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort d'aucun élément du dossier que le directeur territorial de l'OFII n'aurait pas procédé à l'examen particulier de la situation de droit et de fait du requérant.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines ".
6. Dans le cas où les conditions matérielles d'accueil ont été suspendues sur le fondement de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le demandeur peut, notamment dans l'hypothèse où la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile, en demander le rétablissement. Il appartient alors à l'OFII, pour statuer sur une telle demande de rétablissement, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil.
7. D'une part, contrairement à ce que soutient le requérant, il ressort des pièces du dossier que le directeur territorial de l'OFII a procédé à un nouvel entretien de vulnérabilité, le 3 juin 2021, avant de refuser le rétablissement des conditions matérielles d'accueil.
8. D'autre part, M. A ne produit aucune précision ni aucune pièce sur l'état de vulnérabilité dont il se prévaut, alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'il a lui-même abandonné l'hébergement mis à sa disposition par l'OFII sans présenter de raison valable. Au surplus, s'il est constant que l'intéressé a fait part de problèmes de santé lors de son entretien individuel, il n'est pas sérieusement contesté que l'intéressé n'a pas retourné le certificat médical qui lui a été remis à cette occasion.
9. En quatrième lieu, à supposer que M. A soutient que la décision litigieuse est illégale en raison de l'illégalité de la décision du 13 novembre 2020 prononçant la suspension des conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait, prise au motif qu'il avait abandonné son hébergement depuis le 23 juillet 2020, il ressort des pièces du dossier que cette décision lui a été régulièrement notifiée et qu'elle est devenue définitive. Il ne saurait dès lors en invoquer l'illégalité par la voie de l'exception. En tout état de cause, si M. A soutient avoir été contraint par son bailleur de quitter son hébergement, il ressort des pièces du dossier, et en particulier du courrier du bailleur social CdC habitat Adoma, que le requérant avait manifesté à plusieurs reprises son intention de quitter l'hébergement mis à sa disposition, avant que la structure ne constate, à la date du 23 juillet 2020, qu'il avait emporté l'ensemble de ses affaires, sans motif légitime. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait été contraint de quitter son lieu d'hébergement, ni qu'il disposait d'une raison valable pour le faire. Par suite, le moyen ne peut être qu'écarté.
10. Il résulte de ce qui précède, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile. Doivent également être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me de Seze et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Copie en sera adressée au directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Van Daële, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
La rapporteure,
M. B
La présidente,
I. BILLANDON
Le greffier,
G. NGASSAKI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026