lundi 19 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2109026 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre, JU |
| Avocat requérant | MAIRESSE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 octobre 2021 et 21 janvier 2022, M. A B, représenté par Me Mairesse, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée " 48SI " du 11 septembre 2020 en tant que le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul ;
2°) d'annuler les décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 16 août 2019, 15 août 2019, 25 août 2018, 15 juin 2018, 4 novembre 2017 et 13 mai 2017 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de reconstituer le capital de points décidé par la présente juridiction dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge du ministre de l'intérieur la somme de 2 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à titre liminaire, il est recevable dans sa demande d'exception d'illégalité à l'encontre de l'ensemble des décisions successives de retrait de points prises par le ministre de l'intérieur ;
- il n'a pas reçu les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ; il entend exciper de sa bonne foi dès lors qu'il lui est impossible de rapporter la preuve de l'absence d'information reçue de la part de l'administration à défaut de disposer d'un accès suffisant aux documents administratifs et procès-verbaux rédigés au moment de l'infraction ; il appartient au ministre de l'intérieur de produire la copie des procès-verbaux d'infraction qu'il a signés ;
- il a effectué un stage de sensibilisation les 15 et 16 janvier 2021 qui aurait dû donner lieu à la récupération de quatre points sur son permis de conduire ;
- il a intérêt à agir contre les décisions portant retrait d'un point pour lesquelles le point retiré lui a été restitué.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 janvier 2022, le ministre de l'intérieur conclut, à titre principal, au non-lieu partiel à statuer sur la requête de M. B, et, à titre subsidiaire, au rejet des autres conclusions de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, les conclusions aux fins d'annulation de la décision " 48SI " du 11 septembre 2020 invalidant le permis de conduire de M. B et des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions relevées les 25 août 2018, 15 août 2019, 15 juin 2018 et 13 mai 2017 sont sans objet ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 19 janvier 2022, M. B maintient les conclusions de sa requête.
Par une ordonnance du 7 décembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au
7 avril 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Bonneau-Mathelot, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Bonneau-Mathelot a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a commis différentes infractions code de la route les 16 août 2019, 15 août 2019, 25 août 2018, 15 juin 2018, 4 novembre 2017 et 13 mai 2017 ayant entraîné la perte de dix points. Par une décision référencée " 48SI " du 11 septembre 2020, le ministre de l'intérieur a récapitulé les décisions de retraits de points, constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis. M. B a formé un recours gracieux, que le ministre de l'intérieur a rejeté. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler les décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 16 août 2019, 15 août 2019, 25 août 2018, 15 juin 2018, 4 novembre 2017 et 13 mai 2017 ainsi que la décision référencée " 48SI " du 11 septembre 2020.
Sur l'exception de non-lieu partiel à statuer opposée par le ministre de l'intérieur :
2. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral extrait du permis de conduire de M. B, édité le 17 janvier 2022, et produit par le ministre de l'intérieur, que, d'une part, le solde de points de son permis de conduire est positif après reconstitution partielle de son capital à concurrence quatre points résultant du stage de sensibilisation à la sécurité routière qu'il a effectué les 15 et 16 janvier 2021 et, d'autre part, qu'il n'est fait mention ni de la décision " 48SI " du 11 septembre 2020 ni d'une décision portant retrait de points consécutive à l'infraction commise le 25 août 2018. Dans ces conditions, le ministre de l'intérieur doit être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement retiré ces décisions. Il suit de là que les conclusions aux fins d'annulation de la décision référencée " 48SI " et de la décision portant retrait de points consécutive à l'infraction du 25 août 2018 sont devenues sans objet ainsi que, par voie de conséquence, et en tout état de cause, les conclusions aux fins d'injonction qui s'y rapportent. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.
Sur la recevabilité des conclusions aux fins d'annulation des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions commises les 15 juin 2018, 13 mai 2017 et 15 août 2019 :
3. Le ministre de l'intérieur fait valoir que les conclusions aux fins d'annulation des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions relevées les 15 juin 2018,
13 mai 2017 et 15 août 2019 sont sans objet dès lors que, d'une part, les points retirés consécutivement aux infractions des 15 juin 2018 et 13 mai 2017 ont été restitués à
M. B respectivement les 25 mars 2019 et 3 avril 2018, et d'autre part, l'infraction commise le 15 août 2019 n'a pas entraîné de retrait de point. Les conclusions aux fins d'annulation sont, ainsi que le relève le ministre de l'intérieur, sans objet. Elles ne peuvent donc qu'être rejetées comme irrecevables ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction s'y rapportant.
Sur le surplus des conclusions aux fins d'annulation :
4. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues auxdits articles L. 223-3 et R. 223-3, lesquelles constituent une garantie essentielle permettant à l'intéressé de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.
5. Il résulte de l'instruction que les infractions commises les 4 novembre 2017 et
16 août 2019 ont été relevées par radar automatique et ont donné lieu, ainsi que cela ressort de la copie du relevé d'information intégral, à l'émission des titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée. Le ministre de l'intérieur, qui s'est borné à produire la copie d'un avis de contravention établi le 13 novembre 2015 n'apporte aucun élément de nature à établir que l'avis de contravention ou le titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée se rapportant à chacune de ces deux infractions ait été effectivement et régulièrement adressé à M. B, les mentions du relevé d'information intégral relatif à la situation du permis de conduire de l'intéressé étant sans force probante sur ce point. Dans ces conditions, M. B ne peut être regardé comme ayant été informé dans les conditions prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Il suit de là que le moyen tiré du défaut d'information préalable à l'occasion des infractions des 4 novembre 2017 et 16 août 2019 doit être accueilli.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les
4 novembre 2017 et 16 août 2019.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique, dans la limite du nombre maximum de points que peut comporter le capital du permis de conduire de M. B et sous réserve de retraits de points éventuellement prononcés par ailleurs à raison d'infractions étrangères à la présente instance, de lui restituer les points illégalement retirés de son permis de conduire à la suite des infractions relevées les 4 novembre 2017 et 16 août 2019. Il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus de lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision référencée " 48SI " du 11 septembre 2020 en tant qu'elle invalide le permis de conduire de M. B et de la décision de retrait de points afférente à l'infraction commise le 25 août 2018 et sur les conclusions aux fins d'injonction s'y rapportant.
Article 2 : Les décisions du ministre de l'intérieur portant retrait de points consécutives aux infractions commises les 4 novembre 2017 et 16 août 2019 sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de restituer à M. B les points illégalement retirés à la suite des infractions commises les 4 novembre 2017 et
16 août 2019, dans la limite du nombre maximum de points que peut comporter le capital de points de son permis de conduire et sous réserve de retraits de points éventuellement prononcés par ailleurs à raison d'infractions étrangères à la présente instance, dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 4 : L'État versera à M. B une somme de 800 (huit cents) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5: Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au
ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 février 2024.
La magistrate désignée,
S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026