lundi 10 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2109187 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | WEINBERG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2021 sous le n° 2109187, M. A B, incarcéré au centre pénitentiaire de Fresnes, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 6 octobre 2021 par lequel la préfète du Val-de-Marne :
- l'a obligé à quitter le territoire français ;
- lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire ;
- a fixé le pays de destination ;
- l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) d'être assisté d'un avocat ainsi que d'un interprète.
M. B soutient que :
- les décisions contenues dans l'arrêté litigieux sont entachées d'un vice de forme en ce que l'arrêté ne fait nulle mention de son droit d'être informé dans une langue qu'il comprend de ce qu'il peut demander l'assistance d'un interprète ainsi que d'un conseil, conformément à l'article L. 614-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté ne mentionne pas davantage son droit de déposer une requête auprès du directeur de l'établissement pénitentiaire en application des dispositions combinées des articles R. 776-19 et R. 776-31 du code de justice administrative ;
- l'arrêté litigieux, qui se contente d'affirmer que du fait de sa situation pénale, il constitue une menace pour l'ordre public, est insuffisamment motivée en violation de la loi du 11 juillet 1979 ;
- la menace à l'ordre public doit s'apprécier au regard de l'ensemble des éléments de fait et de droit caractérisant le comportement personnel de l'étranger en cause, aux termes de la circulaire du 8 février 1994 ;
- l'arrêté contesté est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de la menace qu'il représente pour l'ordre public ;
- il contrevient gravement au respect de sa vie privée et familiale garanti par le droit français et les normes internationales ;
- sa fille ayant obtenu le statut de réfugiée, il dispose d'un droit au séjour à ce titre.
Vu :
- l'arrêté litigieux de la préfète du Val-de-Marne en date du 6 octobre 2021 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. E pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-10 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique tenue le 3 octobre 2022 en présence de Mme Darly, greffière d'audience, M. Freydefont, magistrat désigné, qui a présenté son rapport.
Ni M. B, requérant, ni la préfète du Val-de-Marne, défendeur, ne sont présents ou représentés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () " ; aux termes de l'article L. 614-1 du même code : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. " ; aux termes de l'article L. 614-6 dudit code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. "
2. Par un arrêté en date du 6 octobre 2021, la préfète du Val-de-Marne a, sur le fondement des 1° et 5° de l'article L. 611-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, obligé M. A B, ressortissant ivoirien né le 25 septembre 1992 à Abidjan, à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par la requête susvisée, enregistrée le 6 octobre 2021, M. B demande l'annulation des décisions contenues dans cet arrêté préfectoral.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 614-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En cas de détention de l'étranger, celui-ci est informé dans une langue qu'il comprend, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, qu'il peut, avant même l'introduction de sa requête, demander au président du tribunal administratif l'assistance d'un interprète ainsi que d'un conseil ". M. B ne peut utilement se prévaloir de la circonstance que la notification de l'arrêté attaqué a été faite sans qu'il soit assisté d'un interprète et sans que les dispositions de l'article L. 614-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été respectées, circonstances liées aux modalités de notification de l'arrêté et qui sont sans incidence sur la légalité des décisions qu'il contient.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 776-19 du code de justice administrative : " Si, au moment de la notification d'une décision mentionnée à l'article R. 776-1, l'étranger est retenu par l'autorité administrative, sa requête peut valablement être déposée, dans le délai de recours contentieux, auprès de ladite autorité administrative ". De plus, il résulte des dispositions combinées des articles R. 776-29 et R. 776-31 du même code, issues du décret du 28 octobre 2016 pris pour l'application du titre II de la loi du 7 mars 2016 relative au droit des étrangers en France, que les étrangers ayant reçu notification d'une décision mentionnée à l'article R. 776-1 du code alors qu'ils sont en détention ont la faculté de déposer leur requête, dans le délai de recours contentieux, auprès du chef de l'établissement pénitentiaire. Depuis l'entrée en vigueur notamment, pour les étrangers détenus, des dispositions du décret du 28 octobre 2016 précité, il incombe à l'administration, pour les décisions présentant les caractéristiques mentionnées ci-dessus, de faire figurer, dans leur notification à un étranger retenu ou détenu, la possibilité de déposer sa requête dans le délai de recours contentieux auprès de l'administration chargée de la rétention ou du chef de l'établissement pénitentiaire.
5. M. B ne peut utilement se prévaloir de la circonstance qu'il n'a pas été informé de la faculté qui lui est reconnue de déposer son recours auprès du directeur du centre pénitentiaire, cette circonstance étant sans incidence sur la légalité des décisions contenues dans l'arrêté attaqué.
6. En troisième lieu, aux termes L. 612-12 de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office. " ; aux termes de aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. " ; aux termes de l'article L. 613-2 dudit code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. "
7. D'une part, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait de l'obligation faite à M. B de quitter le territoire français puisqu'il vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 611-1 précité et mentionne que le requérant ne peut justifier être entré régulièrement en France en 2015 selon ses dires et qu'il n'a pas sollicité de titre de séjour depuis la date alléguée de son arrivée en France. L'arrêté précise également que le requérant a été condamné à une peine de 8 mois d'emprisonnement et écroué le 18 mai 2021 à Fresnes pour des faits de violences suivies d'incapacité supérieure à 8 jours par une personne ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité (PACS). L'arrêté indique enfin que l'intéressé est célibataire, que ses liens personnels et familiaux en France ne sont pas intenses et stables et que la décision qui lui est opposée ne viole pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le requérant soutient plus particulièrement que l'insuffisance de motivation de l'obligation de quitter le territoire français découle du raisonnement par syllogisme selon lequel la préfète s'est contentée d'affirmer dans son arrêté que du fait de sa situation pénale, il constitue une menace pour l'ordre public ; toutefois, un tel moyen ne relève pas tant de la motivation que de l'erreur de droit ; au demeurant, la motivation peut très bien s'appuyer sur la situation pénale d'un étranger. Il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français est suffisamment motivée en droit comme en fait conformément à l'obligation prévue à l'article L. 613-1 précité.
8. D'autre part, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " ; aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () " En plus de ce qui a été développé au point précédent, l'arrêté vise également l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire lorsque le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public. L'arrêté indique en outre que M. B s'est soustrait à deux précédentes mesures d'éloignement en date du 5 mars 2019 prise par le préfet de l'Essonne et en date du 14 août 2020 prise par le préfet de police et qu'il ne dispose pas de documents d'identité ou transfrontière en cours de validité. Par suite, la décision de refus de délai de départ volontaire est suffisamment motivée en droit comme en fait conformément aux dispositions de l'article L. 613-2 du même code.
9. De plus, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait de la décision fixant le pays de destination puisqu'il vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, précise la nationalité de M. B, en l'espèce ivoirienne, et indique en son avant-dernier considérant que l'intéressé n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à l'article 3 de cette convention européenne. Ces considérations suffisent à établir une décision fixant le pays de destination motivée en droit comme en fait.
10. Enfin, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. " ; aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. "
11. Il résulte des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait fondement de l'interdiction faite à M. B de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans puisqu'il vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles L. 612-6 et L. 612-10 précités, et mentionne la date d'entrée alléguée du requérant en France en 2015, le fait qu'il y est célibataire sans attaches familiales intenses et stables, le fait qu'il représente une menace pour l'ordre public eu égard à sa condamnation à 8 mois d'emprisonnement et à son incarcération à Fresnes en date du 18 mai 2021 et enfin le fait qu'il s'est soustrait à deux précédentes mesures d'éloignement des 5 mars 2019 et 14 août 2020. Par suite, l'interdiction de retour sur le territoire français est suffisamment motivée conformément aux dispositions de l'article L. 613-2.
12 En quatrième lieu, il ressort tant des termes de l'arrêté attaqué, qui comporte pas moins de 13 considérants et précise en son dernier qu'il a été procédé à un examen approfondi de la situation de M. B, que de sa motivation décrite ci-dessus que la préfète du Val-de-Marne a suffisamment examinée la situation du requérant avant de prendre à son encontre les décisions contestées.
13. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales relatif au droit au respect de la vie privée et familiale : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". M. B soulève la violation de ces stipulations. S'il a déclaré être entré en France en 2015, il ne l'établit pas ; au surplus, il n'est pas contesté que sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) par décision du 9 octobre 2017 confirmée par décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 26 avril 2018 ; or, il est constant que la durée du séjour du requérant sur le territoire national n'est qu'en grande partie la résultante de la durée d'examen de sa demande d'asile par les instances compétentes et ne lui créée, par elle-même, aucun droit. De plus, il n'est pas contesté que M. B a été écroué le 18 mai 2021 suite à condamnation à une peine d'emprisonnement de 8 mois ; or, il est de jurisprudence constante que les périodes passées en détention au titre d'une peine privative de liberté ne peuvent s'imputer dans le calcul des durées de résidence habituelle en France. En outre, si l'intéressé se prévaut de la présence en France de sa fille C D née le 17 novembre 2017 et qu'il a reconnue le 29 janvier 2018, celle-ci demeure avec sa mère d'avec laquelle il est séparé depuis de nombreuses années, de telle sorte que le requérant ne démontre pas subvenir à son entretien ni participer à son éducation. Au surplus, M. B ne démontre ni même n'allègue aucune insertion, notamment professionnelle. Enfin, il n'établit pas être isolé dans son pays d'origine. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté comme infondé.
14. Pour les mêmes raisons que celles qui viennent d'être développées, la préfète n'a pas davantage entaché les décisions querellées d'erreur manifeste d'appréciation de la gravité de ses effets sur la situation personnelle du requérant.
15. En sixième lieu, M. B soutient que sa fille ayant obtenu le statut de réfugiée par décision de la CNDA du 19 avril 2019, il dispose d'un droit au séjour à ce titre. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 13, le requérant ni vit pas avec sa fille et n'établit donc pas subvenir à son entretien ni participer à son éducation ; par suite, il ne saurait se prévaloir d'aucun droit au séjour à raison de la régularité au séjour de sa fille.
16. En septième lieu, M. B soutient que la menace à l'ordre public doit s'apprécier au regard de l'ensemble des éléments de fait et de droit caractérisant le comportement personnel de l'étranger en cause, aux termes de la circulaire du 8 février 1994 relative à l'application de la loi n° 93-1027 du 24 août 1993 ; toutefois, un tel moyen ne peut être écarté que comme inopérant dès lors que cette loi ne peut utilement être invoquée.
17. En huitième lieu, M. B soutient que l'arrêté contesté est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de la menace qu'il représente pour l'ordre public ; toutefois, il ne conteste ni la condamnation pénale dont il a fait l'objet le 18 mai 2021, ni les faits de violences qui l'ont conduit à être emprisonné. Compte tenu de la gravité de ces faits commis par une personne ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par PACS et du caractère récent de la condamnation, c'est à bon droit et sans erreur d'appréciation que la préfète a estimé que le comportement de M. B constituait une menace pour l'ordre public.
18. En neuvième lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. " M. B soutient que l'ensemble des décisions contenues dans les arrêtés querellés violent l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
19. D'une part, le requérant ne saurait utilement se prévaloir de ces dispositions et stipulations à l'encontre de décisions ne fixant pas en elles-mêmes le pays de destination comme l'obligation de quitter le territoire français, le refus de délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français. D'autre part, s'agissant de la décision fixant le pays de renvoi, M. B ne démontre pas de manière probante qu'il serait directement et personnellement exposé à des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour forcé dans son pays d'origine, soit du fait des autorités de cet Etat, soit même du fait de personnes ou de groupes de personnes ne relevant pas des autorités publiques, dès lors que, dans ce dernier cas, les autorités de l'Etat de destination ne sont pas en mesure de parer à un tel risque par une protection appropriée. De plus, il est constant que la demande d'asile l'intéressé a été rejetée successivement et définitivement par l'OFPRA et la CNDA par décisions des 9 octobre 2017 et 26 avril 2018 ; or, l'intéressé n'apporte aucun élément nouveau sur lequel ces instances ne se seraient pas déjà prononcées.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté préfectoral du 6 octobre 2021 doivent être rejetées.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Val-de-Marne.
Lu en audience publique le 10 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
Signé : C. ELa greffière,
Signé : F. Darly
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2109187
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026