lundi 28 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2109300 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SEINGIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 12 octobre 2021, les 31 juillet et 20 septembre 2023, Mme C représentée par Me Seingier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 mars 2021, ensemble la décision du 27 juillet 2021, par laquelle le président du tribunal judiciaire de Créteil et la procureure de la République du tribunal judiciaire de Créteil ont rejeté sa demande de reconnaissance d'une maladie professionnelle ;
2°) d'enjoindre au président du tribunal judiciaire de Créteil et à la procureure de la République du tribunal judiciaire de Créteil de prendre une nouvelle décision de reconnaissance de sa maladie déclarée le 26 mars 2021, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision attaquée :
- est entachée d'un défaut de motivation et d'incompétence négative ;
- l'avis de la commission de réforme est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tirée de l'irrégularité de l'avis de la commission de réforme, tiré d'un déni d'office de la commission de réforme, de l'absence d'un médecin spécialiste de la maladie en commission de réforme, eu égard au défaut de prise en compte du rapport du médecin de travail par l'avis de la commission de réforme et à l'absence d'un représentant du personnel à la commission de réforme ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré du défaut d'enquête du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en s'appropriant l'avis de la commission de réforme ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de l'imputabilité au service de sa maladie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 26 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 26 octobre 2023 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 et la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rehman-Fawcett,
- les conclusions de Mme Deleplancque, rapporteure publique,
- et les observations de Me Seingier, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, est adjointe administrative affectée au tribunal judiciaire de Créteil à compter du mois de septembre 2016. Elle a été affectée au greffe du service civil à compter du 3 septembre 2017. Le 3 septembre 2020, elle a formulé une demande de reconnaissance d'imputabilité de sa maladie au service. Le 23 avril 2021, la commission de réforme départementale du Val-de-Marne a rendu un avis défavorable à sa demande. Par une décision du 26 mars 2021, notifiée le 10 avril 2021, le président du tribunal judiciaire de Créteil et la procureure de la République du tribunal judiciaire de Créteil ont rejeté sa demande. Par un recours hiérarchique formé le 3 juin 2021, Mme C a contesté cette décision. Par une décision du 27 juillet 2021, notifiée le 12 août 2021, le premier président de la Cour d'appel de Paris et le procureur général près la Cour d'appel de Paris ont rejeté son recours. Mme C demande au tribunal l'annulation de cette décision, ensemble la décision d'annulation de son recours hiérarchique.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 12 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable au cas d'espèce : " Dans chaque département, il est institué une commission de réforme départementale compétente à l'égard des personnels mentionnés à l'article 15. Cette commission, placée sous la présidence du préfet ou de son représentant, qui dirige les délibérations mais ne participe pas aux votes, est composée comme suit : / 1. Le chef de service dont dépend l'intéressé ou son représentant ; / 2. Le directeur départemental ou, le cas échéant, régional des finances publiques ou son représentant ; / 3. Deux représentants du personnel appartenant au même grade ou, à défaut, au même corps que l'intéressé, élus par les représentants du personnel, titulaires et suppléants, de la commission administrative paritaire locale dont relève le fonctionnaire ; toutefois, s'il n'existe pas de commission locale ou si celle-ci n'est pas départementale, les deux représentants du personnel sont désignés par les représentants élus de la commission administrative paritaire centrale, dans le premier cas et, dans le second cas, de la commission administrative paritaire interdépartementale dont relève le fonctionnaire ; 4. Les membres du comité médical prévu à l'article 6 du présent décret. () ". Aux termes de l'article 19 de ce décret : " La commission de réforme ne peut délibérer valablement que si la majorité absolue des membres en exercice assiste à la séance ; un praticien de médecine générale ou le spécialiste compétent pour l'affection considérée doit participer à la délibération. / Les avis sont émis à la majorité des membres présents. / Lorsqu'un médecin spécialiste participe à la délibération conjointement avec les deux praticiens de médecine générale, l'un de ces deux derniers s'abstient en cas de vote. () "
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier et notamment d'un courriel en date du 15 juillet 2021, que le médecin du travail confirme avoir transmis son rapport à la commission de réforme. Par la suite, le moyen de la requérante tirée de l'absence de mention par l'avis de la commission de réforme dudit rapport ne pourra qu'être écarté. Par ailleurs, si la requérante allègue un déni d'office de la commission, elle n'assortit toutefois cette branche du moyen d'aucune précision, elle ne pourra donc qu'être écartée.
4. En deuxième lieu, si la requérante soutient que le médecin du travail aurait dû être entendu par la commission de réforme et que l'absence d'un médecin spécialiste au sein de la commission de réforme entachent la décision attaquée d'une illégalité, de telles obligations ne résultent toutefois d'aucun texte, il y a lieu en conséquences d'écarter ce moyen en toutes ses branches.
5. En troisième lieu, si la requérante soutient que l'absence d'un représentant du personnel à la commission de réforme entache la décision attaquée d'un vice de procédure, toutefois, il ne ressort pas des dispositions précitées que la présence des représentants du personnel soit obligatoire dès lors que la majorité absolue des membres en exercice, soit au moins quatre membres présents en sus du président de la commission, assiste à la séance. Dès lors, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté en toutes ses branches.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ;() ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
7. Il ressort tant des termes de la décision attaquée que de l'avis de la commission de la réforme, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, notamment d'une part, l'article 34-2° de la loi du 11 janvier 1984 et que la nature des lésions ne remplit pas les conditions des critères du tableau professionnel numéro 98. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 53 du décret n° 82-453 du 28 mai 1982 : " Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail procède, dans le cadre de sa mission d'enquête en matière d'accidents du travail, d'accidents de service ou de maladies professionnelles ou à caractère professionnel, à une enquête à l'occasion de chaque accident de service ou de chaque maladie professionnelle ou à caractère professionnel au sens des 3° et 4° de l'article 6. Les enquêtes sont réalisées par une délégation comprenant le président ou son représentant et au moins un représentant des organisations syndicales siégeant au comité. Le médecin du travail, l'assistant ou, le cas échéant, le conseiller de prévention ainsi que l'inspecteur santé et sécurité au travail peuvent participer à la délégation. Le comité est informé des conclusions de chaque enquête et des suites qui leur sont données. ". L'article 6 du même décret dispose : " () 3° En cas d'accident de service grave ou de maladie professionnelle ou à caractère professionnel grave ayant entraîné mort d'homme ou paraissant devoir entraîner une incapacité permanente ou ayant révélé l'existence d'un danger grave, même si les conséquences ont pu en être évitées ; 4° En cas d'accident de service ou de travail ou de maladie professionnelle ou à caractère professionnel présentant un caractère répété à un même poste de travail ou à des postes de travail similaires ou dans une même fonction ou des fonctions similaires. () ".
9. Il résulte de ce qui précède que l'accident dont la requérante a été victime ne relève pas des 3° et 4° de l'article 6 précité. Dans ces conditions, elle ne peut donc utilement soutenir que son employeur aurait méconnu les dispositions précitées.
10. En sixième lieu, aux termes de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. () IV.- Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. / Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions. (). ". Le tableau n° 98 prévu par l'annexe II de cet article R. 461-3 énumère, parmi les affectations chroniques du rachis lombaire provoquées par la manutention manuelle de charges lourdes, la sciatique par hernie discale L4-L5 et subordonne sa qualification comme maladie professionnelle à un délai de prise en charge de six mois sous réserve d'une durée d'exposition de cinq ans à des " Travaux de manutention manuelle habituelle de charges lourdes " effectués dans certains domaines d'activités dont le brancardage et le transport de malades.
11. Si Mme C soutient que sa pathologie relève du tableau n° 98 des maladies professionnelles, relatif aux affections chroniques du rachis lombaire, et qu'elle devait à ce titre bénéficier de la présomption d'imputabilité mentionnée au premier alinéa du IV de l'article 21 bis précité de la loi du 13 juillet 1983, il ne ressort toutefois pas des pièce du dossier qu'elle aurait assuré pendant 5 ans, dans le cadre de son service, des " travaux de manutention manuelle habituelle de charges lourdes " dans l'un des secteurs limitativement énumérés par le tableau n° 98, ni que les travaux d'archivages de masse qu'elle allègue avoir assuré soit la cause directe de la maladie dont elle souffre. Dans ces conditions, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de l'erreur d'appréciation.
12. En dernier lieu, si la requérante soutient que la décision attaquée est entachée d'incompétence négative et d'une erreur droit, l'administration s'étant approprié l'avis de la commission de réforme, elle n'étaye toutefois cette allégation par aucune pièce, ni n'assortit ce moyen de précisions permettant au juge d'en apprécier le bien-fondé, par suite, ces moyens ne pourront qu'être écartés.
13. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 26 mars 2021, ensemble la décision du 27 juillet 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
14. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de Mme C, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction de la requérante ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 7 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dewailly, président,
Mme Seignat, conseillère,
M. Rehman-Fawcett, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2024.
Le rapporteur,
C. REHMAN-FAWCETT
Le président,
S. DEWAILLY La greffière,
L. SUEUR
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision ;
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026