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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2109318

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2109318

jeudi 20 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2109318
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantCABINET HUG & ABOUKHATER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 octobre 2021, M. B A, représenté par Me Hug, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 11 octobre 2021 par laquelle le directeur territorial de l'office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil a mis fin au bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile ;

2°) d'enjoindre à l'office français de l'immigration et de l'intégration de lui verser rétroactivement les allocations pour demandeur d'asile à compter de la date à laquelle leur bénéfice a été interrompu, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 200 euros à verser à son conseil, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la procédure contradictoire n'a pas été respectée préalablement à l'édiction de la décision ;

- la décision contestée est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce qu'elle ne tient pas compte de sa vulnérabilité ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il a respecté les obligations qui lui incombaient.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 septembre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 novembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant soudanais né en 1992, a sollicité le bénéfice de l'asile en France le 22 avril 2021 et a accepté le même jour le bénéfice des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile. Par une décision du 11 octobre 2021, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de Créteil a mis fin à son profit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.

2. En premier lieu, aux termes de l'article D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que, par lettre du 21 septembre 2021, notifiée le lendemain, le directeur territorial de l'OFII a informé le requérant de son intention de mettre fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile et l'a invité à faire parvenir ses observations dans un délai de quinze jours. Par suite, le moyen tiré de la violation du principe du contradictoire doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 () prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Cette décision prend effet à compter de sa signature. ".

5. M. A soutient que l'OFII n'a pas pris en compte sa vulnérabilité. Toutefois, il n'apporte aucun élément de nature à justifier d'une vulnérabilité particulière. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le requérant a bénéficié d'un entretien évaluant sa vulnérabilité lors de l'enregistrement de sa demande d'asile qui n'a pas mis en lumière d'éléments particuliers de vulnérabilité, laquelle avait été évaluée à 1 sur une échelle de 0 à 3. Le requérant n'allègue ni avoir demandé un nouvel entretien, ni avoir fait état de circonstances nouvelles quant à sa vulnérabilité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes du 3° de l'art L. 551-16 de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités () ".

7. Pour décider de mettre fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil de M. A, l'OFII s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé ne s'était pas présenté aux autorités en charge de l'asile. Si le requérant soutient ne s'être soustrait à aucune convocation, l'administration fait valoir en défense qu'il ne s'est pas présenté, sans motif valable, aux convocations des 30 août et 29 septembre 2021 prévues dans les locaux de la préfecture de Seine-et-Marne, et produit les convocations en cause retournées à l'expéditeur. Dans ces conditions, M. A, qui ne justifie pas des manquements qui lui sont reprochés et ni qu'il n'aurait pas été destinataire des convocations précitées, a pu, à bon droit et sans erreur d'appréciation, être regardé comme n'ayant pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti en acceptant les conditions matérielles d'accueil. Par suite, le moyen doit être écarté.

8. En quatrième et dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'OFII aurait omis de procéder à un examen particulier de la situation de M. A avant de prendre à son encontre la décision contestée, au regard notamment de sa vulnérabilité. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier doit être écarté.

9. Il résulte de ce qui précède, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 11 octobre 2021. Doivent également être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Hug et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Copie en sera adressée au directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil.

Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022 à laquelle siégeaient :

Mme Billandon, présidente,

M. Meyrignac, premier conseiller,

Mme Van Daële, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2022.

La rapporteure,

M. C

La présidente,

I. BILLANDON

Le greffier,

G. NGASSAKI

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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