jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2109396 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MOULA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 octobre 2021, M. B D, demeurant 8 rue d'Orient à La Ferté-Gaucher (77320), demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 8 octobre 2021 par lequel le préfet de Seine-et-Marne :
- l'a obligé à quitter le territoire français ;
- lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire ;
- a fixé le pays de destination ;
- l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
M. D doit être entendu comme soutenant que l'arrêté litigieux méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales puisqu'il vit en France depuis 2017 avec son épouse et ses deux filles, qu'il exerce une activité professionnelle déclarée depuis mai 2021 et que son épouse exerce à titre bénévole un soutien auprès du secours populaire, et que ses deux filles sont scolarisées en école primaire depuis trois ans.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que le moyen soulevé n'est pas fondé ; il fait également valoir que l'arrêté a été signé par une autorité compétente, qu'il est suffisamment motivé, qu'il n'est pas entaché d'un défaut d'examen de la situation du requérant, et qu'il ne viole pas les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu :
- l'arrêté litigieux du préfet de Seine-et-Marne en date du 8 octobre 2021 ;
- les pièces complémentaires, enregistrées le 14 octobre 2022, présentées pour M. D ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. G pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-10 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique tenue le 17 octobre 2022 en présence de Mme Riellant, greffière d'audience :
- M. Freydefont, magistrat désigné, qui a présenté son rapport ;
- les observations de Me Moula, représentant M. D, requérant absent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en demandant, de plus, d'enjoindre au préfet de faire retirer son signalement dans le système d'information Schengen (SIS) aux fins de non admission sur le territoire français, de réexaminer sa situation et de lui délivrer un titre de séjour sous astreinte de 200 euros par jour de retard ; M. D soutient, en outre, que son épouse et ses deux enfants vivent en France et qu'il travaille ; l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen de sa situation ; de plus, ses enfants sont scolarisés en France et il a donc été porté atteinte à leur intérêt supérieur ; l'interdiction de retour est entachée d'erreur manifeste d'appréciation car elle a comme conséquence de le priver pendant un an de ses enfants et de sa femme qui a fait des démarches en février 2022 en vue de régulariser sa situation ; enfin, il ne peut retourner en Albanie où il n'a plus aucune attache.
Le préfet de Seine-et-Marne n'est ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () / 6° L'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois a méconnu les dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail. " ; aux termes de l'article L. 614-1 du même code : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. " ; aux termes de l'article L. 614-6 dudit code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. "
2. Par un arrêté en date du 8 octobre 2021 notifié à 14 heures 45, le préfet de Seine-et-Marne a, sur le fondement des 1°, 3° et 6° de l'article L. 611-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, obligé M. B D, ressortissant albanais né le 17 février 1980 à Kukes, à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par la requête susvisée, enregistrée le 10 octobre 2021 à 12 heures 08, M. D demande l'annulation des décisions contenues dans cet arrêté préfectoral.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Or, par un arrêté n° 21/BC/063 du 18 juin 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour, le préfet de Seine-et-Marne a donné à Mme E C, attachée d'administration de l'Etat, adjointe à la cheffe du bureau de l'éloignement, délégation, à l'effet de signer notamment les décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme C n'aurait pas été absente ou empêchée à la date de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen d'incompétence doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes L. 612-12 de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office. " ; aux termes de aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. " ; aux termes de l'article L. 613-2 dudit code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. "
5. D'une part, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait de l'obligation faite à M. D de quitter le territoire français puisqu'il vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et les 1°, 3° et 6° de l'article L. 611-1 précité et mentionne que le requérant a déclaré être entré sur le territoire français en 2017 sans être titulaire d'un titre de séjour régulièrement délivré ; l'arrêté précise également que M. D a vu sa demande d'asile être rejetée successivement par l'OFPRA et la CNDA par décisions des 31 mai 2018 et 20 février 2019 régulièrement notifiées les 9 juin 2018 et 28 février 2019 ; l'arrêté indique en outre que l'intéressé déclare travailler occasionnellement de manière illégale et sans autorisation en méconnaissance de l'article L. 5221-5 du code du travail ; l'arrêté indique enfin que le requérant déclare être marié et avoir deux enfants mais ne peut justifier les entretenir puisqu'il est sans ressources légales et sans domicile personnel et certain et que, dans ces conditions, il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale tel qu'établi à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français est suffisamment motivée en droit comme en fait conformément à l'obligation prévue à l'article L. 613-1 précité.
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " ; aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français () / 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () " En plus de ce qui a été développé au point précédent, l'arrêté vise également le 3° de l'articles L. 612-2 et les 1°, 4°, 7° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que l'intéressé s'est soustrait à une précédente obligation de quitter le territoire français du 13 juin 2019 du préfet de la Savoie notifiée le 17 juin et qu'il est sans domicile fixe et certain. Par suite, la décision de refus de délai de départ volontaire est suffisamment motivée en droit comme en fait conformément aux dispositions de l'article L. 613-2 du même code.
7. De plus, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait de la décision fixant le pays de destination puisqu'il vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, précise la nationalité de M. D, en l'espèce albanaise, et indique que l'intéressé n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à l'article 3 de cette convention européenne. Ces considérations suffisent à établir une décision fixant le pays de destination motivée en droit comme en fait.
8. Enfin, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. " ; aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. "
9. Il résulte des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait fondement de l'interdiction faite à M. D de retour sur le territoire français pour une durée d'un an puisqu'il vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles L. 612-6 et L. 612-10 précités, mentionne la durée alléguée de séjour en France du requérant depuis 2017, précise sa situation de famille, indique qu'il travaille de manière occasionnelle sans autorisation et qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement du 13 juin 2019. Par suite, l'interdiction de retour sur le territoire français est suffisamment motivée conformément aux dispositions de l'article L. 613-2.
10. En troisième lieu, il ressort tant des termes de l'arrêté attaqué, qui comporte pas moins de 13 considérants et qui précise en son, dernier considérant qu'il a été procédé à un examen approfondi de la situation personnelle de M. D, que de sa motivation décrite ci-dessus que le préfet de Seine-et-Marne a suffisamment examinée la situation du requérant avant de prendre à son encontre les décisions contestées.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales relatif au droit au respect de la vie privée et familiale : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". D'une part, si M. D soutient être entré en France en 2017, il est constant que sa durée de présence sur le territoire français n'est que la résultante, d'une part, de la durée d'examen de sa demande d'asile par les instances compétentes en 2018 et 2019 et, d'autre part, de son refus de se soumettre à une précédente mesure d'éloignement du préfet de la Savoie du 13 juin 2019 à laquelle il s'est soustrait, ce qui ne lui créée aucun droit. D'autre part, si le requérant se prévaut de la présence en France de sa famille, à savoir son épouse, Mme F A épouse D, et ses deux filles, il n'est pas démontré ni même allégué que son épouse serait en situation régulière ; au contraire, il résulte de l'instruction que la demande d'asile de cette dernière a été rejetée par l'OFPRA et la CNDA en même temps que celle de son époux et que Mme D est donc également en situation irrégulière en France ; si le requérant se prévaut de ce que cette dernière a effectué des démarches en vue de régulariser sa situation administrative, ces démarches n'ont été effectuées qu'en février 2022, postérieurement à l'arrêté contesté. Par suite, rien ne s'oppose à ce que la cellule familiale du requérant se reconstitue dans son pays d'origine, qui est aussi celui de son épouse. De plus, l'intégration professionnelle de M. D est intermittente et très récente à la date de l'arrêté contesté, puisque le requérant a déclaré travailler depuis juin 2021 comme peintre pour un salaire mensuel de 1 250 euros ; d'ailleurs, il ne produit des bulletins de salaire de l'Enterprise Patrimoine et rénovation que depuis cette date ; et une promesse d'embauche d'octobre 2022, largement postérieure à l'arrêté contesté. Enfin, l'intéressé ne démontre pas être isolé dans son pays d'origine où pourront de toutes façons le suivre son épouse et ses enfants. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté comme infondé.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
13. M. D soulève la violation de l'intérêt supérieur de ses deux enfants qui sont scolarisés en France et qui seront séparés de leur père en raison de l'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 11, son épouse est également en situation irrégulière et rien ne s'oppose donc à ce qu'elle suive son époux avec ses enfants en Albanie. Par suite, l'arrêté litigieux n'a ni pour objet, ni pour effet de séparer les enfants de leur père pas plus que de leur mère. Quant à leur scolarité, elle pourra se poursuivre sans difficulté en Albanie. Par suite, le moyen tiré de la violation des articles 3-1 et 16 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté comme infondé.
14. Pour les mêmes raisons que celles qui ont été développées aux points 11 et 13, le préfet n'a pas davantage entaché les décisions contenues dans son arrêté litigieux d'erreur manifeste d'appréciation de la gravité de ses effets sur la situation personnelle du requérant.
15. En dernier lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. " ; aux termes de cet article 3 : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. " M. D soulève la violation de ces dispositions et stipulations en soutenant que sa vie et sa liberté sont menacées en cas de retour en Albanie. Toutefois, il ne démontre pas de manière probante qu'il serait directement et personnellement exposé à des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour forcé dans son pays d'origine, soit du fait des autorités de cet Etat, soit même du fait de personnes ou de groupes de personnes ne relevant pas des autorités publiques, dès lors que, dans ce dernier cas, les autorités de l'Etat de destination ne sont pas en mesure de parer à un tel risque par une protection appropriée. De plus, il est constant que la demande d'asile de M. D a été rejetée successivement par l'OFPRA et la CNDA en mai 2018 et février 2019 ; or l'intéressé n'apporte aucun élément nouveau sur lequel ces instances ne se seraient pas prononcées.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté préfectoral du 8 octobre 2021 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, il convient de rejeter également les conclusions à fin d'injonction sous astreinte formulées lors de l'audience du 17 octobre 2022.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet de Seine-et-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
Signé : C. GLa greffière,
Signé : N. Riellant
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2109396
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026