mercredi 5 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2109439 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | LE BRUSQ STEPHANE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 octobre 2021 et 29 juillet 2022, Mme B A, représentée par Me Le Brusq, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 septembre 2021 par lequel la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, ou à défaut, de réexaminer sa situation après saisine de la commission du titre de séjour, dans le délai de trois mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- l'arrêté attaqué a été édicté à l'issue d'une procédure viciée, en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour, en méconnaissance du deuxième alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- Il méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
La requête a été communiquée le 9 novembre 2021 à la préfète du Val-de-Marne, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par ordonnance du 23 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 99-944 du 15 novembre 1999 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Leconte a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante comorienne née le 31 décembre 1969 à Ngadomboeni (Comores), est entrée en France le 29 décembre 2007 selon ses déclarations. Celle-ci a fait l'objet, par arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 23 juillet 2013, d'un refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français. Elle a sollicité, le 15 janvier 2019, son admission exceptionnelle au séjour, sur le fondement des dispositions désormais codifiées à l'article L. 435-1 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 13 septembre 2021 dont elle demande l'annulation, la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes du second alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans () ".
3. Mme A, qui soutient s'être établie en France dès le 29 décembre 2007, fait valoir qu'elle en rapporte la preuve depuis l'année 2011. Il ressort des pièces versées au dossier, en particulier de relevés bancaires, factures d'électricité, courriers administratifs et privés, et notamment, d'une carte d'admission à l'aide médicale d'Etat lui ouvrant des droits à compter du 9 décembre 2011, qu'elle justifie d'une résidence ininterrompue en France depuis, au plus tôt, le début du mois de septembre 2011. Toutefois, la requérante ne justifie pas remplir la condition de résidence habituelle en France excédant une durée de dix ans, au sens et pour l'application des dispositions précitées, laquelle s'apprécie à la date de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, soit au 15 janvier 2019. Par conséquent, le moyen tiré du défaut de saisine, par la préfète du Val-de-Marne, de la commission du titre de séjour préalablement à l'édiction de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1.- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2.- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". En outre, il résulte des dispositions de l'article 12 de la loi du 15 novembre 1999 relative au pacte civil de solidarité qu'à elle seule, la conclusion d'un pacte civil de solidarité par un ressortissant étranger, soit avec un ressortissant français, soit avec tout ressortissant étranger en situation régulière, n'emporte pas délivrance de plein droit d'une carte de séjour temporaire. La conclusion d'un tel contrat constitue cependant, pour l'autorité administrative, un élément de la situation personnelle de l'intéressé, dont elle doit tenir compte, pour apprécier si un refus de délivrance de la carte de séjour sollicitée par le demandeur, compte tenu de l'ancienneté de la vie commune avec son partenaire, n'entraînerait pas une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée.
5. Mme A soutient avoir entamé une relation amoureuse avec un ressortissant français au cours de l'année 2016, avec lequel elle a conclu un pacte civil de solidarité le 24 novembre 2016, en cours ainsi qu'il résulte d'une attestation établie en janvier 2019. Toutefois, pour justifier de la réalité de la vie commune, alléguée depuis juin 2017 et contestée par l'arrêté en litige, la requérante se borne à verser aux débats seulement des factures d'électricité établissant la conclusion d'un contrat auprès de l'opérateur Electricité de France, sur la base de ses déclarations et de celles de son partenaire, à leurs deux noms, ainsi que divers courriers justifiant d'une domiciliation postale à l'adresse du logement concerné par le contrat précité. Ainsi, si la requérante invoque le caractère trop peu probant de la circonstance, retenue par le préfet dans l'arrêté litigieux, qu'un pli adressé par la préfecture a été retourné avec la mention " destinataire inconnu à cette adresse ", l'intéressée n'apporte pas d'éléments suffisants pour infirmer le constat d'un défaut de vie commune. En outre, si celle-ci fait valoir la présence en France d'un fils de nationalité française, elle se borne à alléguer des relations étroites avec ce dernier, cependant âgé de trente-trois ans à la date de l'arrêté attaqué. Mme A ne se prévaut par ailleurs d'aucun autre lien personnel en France, où elle serait arrivée, selon ses déclarations, à l'âge de trente-sept ans, ni ne fait état d'aucune démarche particulière d'insertion socio-professionnelle. Elle n'allègue pas être dépourvue de toute attache aux Comores, où elle a vécu la plus grande partie de sa vie. Enfin, il n'est pas contesté qu'elle a déjà fait l'objet d'un refus de séjour et d'une obligation de quitter le territoire français, à laquelle elle n'a pas déféré. Dans ces conditions, la préfète du Val-de-Marne n'a pas, en prenant l'arrêté attaqué, porté une atteinte manifestement disproportionnée au droit de Mme A de mener une vie privée et familiale normale et, par suite, n'a pas méconnu les stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. En troisième lieu, Mme A n'a pas présenté de demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La préfète, qui n'y était pas tenue, n'a pas non plus examiné la possibilité d'admettre l'intéressée au séjour sur ce fondement. Il s'ensuit que la requérante ne saurait utilement invoquer ces dispositions à l'appui de l'arrêté contesté. Au demeurant, ainsi qu'il a été dit au point précédent, la requérante ne justifie pas avoir en France des liens personnels et familiaux tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
7. En dernier lieu, par adoption des mêmes motifs qu'énoncés au point 5, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté en litige a porté sur sa situation une appréciation manifestement erronée. Ce moyen doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté de la préfète du Val-de-Marne du 13 septembre 2021. Les conclusions à fin d'annulation de la requête devant ainsi être rejetées, il en va de même, par voie de conséquence, de celles présentées à fin d'injonction et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la préfète du Val-de-Marne.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 15 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Leconte, conseillère,
Mme Delon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 5 juillet 2023.
La rapporteure,
S. LECONTELa présidente,
M. LOPA DUFRÉNOT
La greffière,
C. TRÉMOUREUX
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026