mardi 13 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2109530 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | FISCHEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 octobre 2021, la société 3S représentée par Me Fischel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision n° 2021-12-001 du 18 août 2021 par laquelle le préfet de police lui a infligé une amende de 5 000 euros pour un manquement aux règles de sûreté aéroportuaires ;
2°) à défaut, de réduire le montant de l'amende prononcée ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre
de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les dépens.
Elle soutient que la décision attaquée :
- méconnaît l'article R. 217-1 et le I de l'article R. 217-3-1 du code de l'aviation civile ;
- méconnaît le principe de personnalité des peines en ce que le préfet de police a pris une sanction à son encontre alors que le manquement a été commis par des salariés d'une autre société ;
- méconnaît l'article R. 217-3 du code de l'aviation civile en ce que les faits ont été commis par des personnes physiques ;
- la sanction en litige est disproportionnée au regard des faits reprochés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 août 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'aviation civile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Dominique Binet, premier conseiller,
- et les conclusions de Mme Linda Mentfakh, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 24 août 2019, des agents de la police aux frontières de l'aéroport d'Orly ont constaté que la porte n° 09400 E séparant la salle d'embarquement A05 des pistes n'avait pas été verrouillée. L'examen des vidéos de surveillance a permis aux agents de police de relever que la porte avait été ouverte la veille, à 22 heures 40, par un personnel vêtu de l'uniforme de la société chargée du déplacement des personnes à mobilité réduite, suivi par plusieurs collègues, de la salle d'embarquement vers les pistes de l'aéroport puis empruntée à 23H06 par un autre agent vêtu du même uniforme et laissée ouverte. Estimant que ces faits constituaient un manquement aux règles de sûreté aéroportuaire et qu'ils étaient imputables à la société 3S, le préfet de police a infligé à cette société une amende de 5 000 euros par une décision n° 2021-12-001 du 18 août 2021. La société 3S demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. Aux termes de l'article R. 217-3 du code de l'aviation civile, applicable en l'espèce : " II.- En cas de manquement constaté aux dispositions : / a) Des arrêtés et mesures pris en application des articles R. 213-1-1 et R. 213-1-2 ; / () le préfet peut, en tenant compte de la nature et de la gravité des manquements et éventuellement des avantages qui en sont tirés, après avis de la commission instituée à l'article R. 217-3-3, prononcer à l'encontre de la personne morale responsable une amende administrative d'un montant maximal de 7 500 euros. () ".
3. Il résulte du procès-verbal du 24 août 2019 qu'il a été constaté le même jour qu'une porte de la salle d'embarquement A05 de l'aéroport d'Orly, donnant sur les pistes, a été laissée ouverte et qu'il est établi que des personnels agissant pour le compte de la société GIBAG n'avaient pas respecté les procédures de sûreté d'utilisation de cette porte. La société 3S soutient à juste titre qu'elle ne saurait être sanctionnée pour un manquement imputable à la société GIBAG, société exerçant une activité d'assistance aéroportuaire, dès lors qu'elle établit être une personne morale distincte exerçant une activité de réalisation d'opérations financières. La circonstance qu'elle aurait participé à la procédure contradictoire préalable au prononcé de l'amende est, à cet égard, sans incidence. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la société 3S est fondée à demander à l'annulation de la décision en litige.
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société 3S et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La décision n° 2021-12-001 du 18 août 2021 du préfet de police est annulée.
Article 2 : L'Etat versera à la société 3S la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société 3S et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
M. Dominique Binet, premier conseiller,
M. Cyril Dayon, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.
Le rapporteur,
D. BinetLe président,
T. Gallaud
La greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026