lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2109619 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre, JU |
| Avocat requérant | LERAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 22 octobre 2021, 6 avril et 30 mai 2022, M. A Dzellat, représenté par Me Lerat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 31 mai 2021 par laquelle le président du syndicat intercommunal Cesson et Vert-Saint-Denis a prononcé à son encontre la sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de trois jours, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au syndicat intercommunal Cesson et Vert-Saint-Denis de retirer la sanction attaquée de son dossier administratif, et, sous le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, de procéder au paiement de trois jours de rémunération ;
3°) de mettre à la charge du syndicat intercommunal Cesson et Vert-Saint-Denis une somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
M. Dzellat soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation en fait et en droit ;
- la sanction en litige est entachée d'une erreur de droit, en ce que l'exclusion de fonctions ainsi prononcée est intervenue alors qu'il était placé en congés et ce jusqu'à son départ en retraite, soit sur une période de droit à congés avec maintien de sa rémunération ;
- cette sanction méconnaît le principe d'égalité de traitement devant la loi ;
- elle est entachée d'erreurs de fait ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation et apparaît particulièrement disproportionnée ;
- elle est empreinte de discrimination syndicale ;
- elle procède d'un détournement de pouvoir et de procédure.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 11 janvier et 30 juin 2022, le Syndicat intercommunal Cesson et Vert-Saint-Denis, représenté par l'AARPI Lexstep Avocats, agissant par Me Van Elslande, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. Dzellat une somme de 3 000 euros, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 20 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 16 septembre 2022 à 12 h 00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Leconte, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Leconte, première conseillère,
- les conclusions de M. Gauthier-Ameil, rapporteur public,
- et les observations de Me Sanches, représentant le requérant, ainsi que celles de Me Van Elslande, représentant le Syndicat intercommunal Cesson et Vert-Saint-Denis.
Considérant ce qui suit :
1. Titulaire du grade d'adjoint technique, M. A Dzellat a été recruté en 2009 par le syndicat intercommunal Cesson et Vert-Saint-Denis et y a exercé les fonctions d'agent technique équipement sportif. Par une décision du 31 mai 2021, le président de ce syndicat a prononcé à son encontre la sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de trois jours. Par un courrier du 23 juillet 2021, M. Dzellat a formé un recours gracieux contre cette décision. Par un courrier du 1er septembre 2021, le président du syndicat intercommunal Cesson et Vert-Saint-Denis a rejeté ce recours gracieux. Par la présente requête, M. Dzellat demande l'annulation de la décision du 31 mai 2021, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Si les agents publics qui exercent des fonctions syndicales bénéficient de la liberté d'expression particulière qu'exigent l'exercice de leur mandat et la défense des intérêts des personnels qu'ils représentent, cette liberté doit être conciliée avec le respect de leurs obligations déontologiques. Aux termes des dispositions de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, désormais codifiées à l'article L. 530-1 du code général de la fonction publique : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire () ". Aux termes des dispositions de l'article 89 de la loi susvisée du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, désormais codifiées à l'article L. 533-1 du code général de la fonction publique : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupe : / Premier groupe : / () / l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours ".
3. Il incombe à l'autorité investie du pouvoir disciplinaire d'apporter la preuve de l'exactitude matérielle des griefs sur le fondement desquels elle inflige une sanction à un agent public. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
4. Aux termes de la décision attaquée du 31 mai 2021, la sanction contestée est justifiée par trois faits reprochés à M. Dzellat, secrétaire de section d'une organisation syndicale, relatifs à la tenue d'une réunion syndicale dans les locaux du syndicat intercommunal sans demande ni autorisation préalable de la hiérarchie, à l'organisation par l'intéressé d'une réunion syndicale sur son temps de travail, ainsi qu'à l'invitation de collègues non autorisés notamment en période de confinement et de plan Vigipirate renforcé.
5. Premièrement, aux termes de l'article 7-1 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée : " Les règles relatives à la définition, à la durée et à l'aménagement du temps de travail des agents des collectivités territoriales et des établissements publics mentionnés au premier alinéa de l'article 2 sont fixées par la collectivité ou l'établissement, dans les limites applicables aux agents de l'Etat, en tenant compte de la spécificité des missions exercées par ces collectivités ou établissements. / () ". En vertu de l'article 3 du décret n° 2000-815 du 25 août 2000, applicable aux agent des collectivités territoriales en vertu de l'article 1 du décret n° 2001-623 du 12 juillet 2001, en principe : " Aucun temps de travail quotidien ne peut atteindre six heures sans que les agents bénéficient d'un temps de pause d'une durée minimale de vingt minutes () ". Aux termes de l'article 2 de ce décret du 25 août 2000 : " La durée du travail effectif s'entend comme le temps pendant lequel les agents sont à la disposition de leur employeur et doivent se conformer à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles. ".
6. S'agissant du grief tiré de l'organisation par M. Dzellat d'une réunion syndicale sur son temps de travail, il ressort des pièces du dossier, en particulier d'un rapport dressé le 15 avril 2021 par le chef d'équipe du syndicat intercommunal, que ce dernier ayant observé, le même jour à 18 heures, M. Dzellat en train d'installer des chaises autour de tables préalablement disposées en vue d'une réunion syndicale qu'il avait été autorisé à organiser le lendemain à 10 heures, il a été reproché à l'intéressé d'avoir ce faisant effectué une " préparation logistique de cette réunion " pendant ses heures de service, au motif que sa journée de travail s'achevait à 19 heures. Il apparaît, par conséquent, qu'il est imputé à M. Dzellat la conduite d'une activité syndicale au détriment de son temps de travail, en méconnaissance de ses obligations de service. Toutefois, il n'est pas opposé la moindre contestation au requérant qui indique avoir seulement consacré quelques minutes à l'installation en question, allégations crédibilisées par la participation à cette réunion qui s'est limitée à dix ou douze agents. Or tout d'abord, alors que le requérant conteste avoir organisé la réunion sur ses heures de service, le syndicat intercommunal n'explicite pas le régime du temps de travail applicable à l'intéressé, que ce dernier aurait méconnu par le bref moment alloué à l'activité litigieuse, une telle méconnaissance ne pouvant être attestée par les bornes quotidiennes de travail de l'intéressé ; le défendeur n'allègue notamment pas que M. Dzellat, soumis ce jour-là à des horaires débutant à 12 heures et s'achevant à 19 heures soit une période de sept heures, se serait octroyé un ou des temps de pause excédant ceux auxquels il avait droit. Ensuite et en tout état de cause, il n'est pas contesté que les faits reprochés sont survenus en fin de journée alors que M. Dzellat s'était acquitté de l'ensemble de ses missions, l'intéressé, présent sur son lieu de travail, étant en outre ainsi demeuré à la disposition de son employeur, en sorte que ce dernier ne pouvait raisonnablement lui faire grief, hors de tout constat d'un comportement abusif, de la seule circonstance tenant aux quelques minutes en cause occupées à installer la salle d'une réunion syndicale dont il avait accepté l'organisation. Dans ces conditions, l'exactitude matérielle du grief en cause n'est pas établie et, au surplus, les faits reprochés ne sauraient caractériser une faute susceptible de justifier une sanction.
7. Deuxièmement, en vertu des dispositions alors codifiées à l'article 100 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, désormais codifiées à l'article L. 215-2 du code général de la fonction publique : " Les collectivités et établissements doivent permettre l'affichage et la diffusion des informations d'origine syndicale, autoriser la distribution des publications syndicales et, sous réserve des nécessités du service, accorder aux fonctionnaires des facilités pour assister aux réunions d'information syndicale. () ". Aux termes de l'article 5 du décret n° 85-397 du 3 avril 1985 relatif à l'exercice du droit syndical dans la fonction publique territoriale : " Les organisations syndicales peuvent tenir des réunions statutaires ou d'information dans l'enceinte des bâtiments administratifs en dehors des horaires de service. () Celles-ci peuvent également tenir des réunions durant les heures de service, mais dans ce cas seuls les agents qui ne sont pas en service ou qui bénéficient d'une autorisation spéciale d'absence peuvent y assister. ", et aux termes de l'article 6 du même décret, les organisations syndicales représentatives " sont en outre autorisées à tenir des réunions mensuelles d'information d'une heure auxquelles peuvent participer les agents pendant leurs heures de service. Une même organisation syndicale peut regrouper plusieurs de ses heures mensuelles d'information par trimestre. Leur tenue ne peut conduire à ce que les autorisations spéciales d'absence accordées aux agents désirant y assister excèdent douze heures par année civile, délais de route non compris. / Chacun des membres du personnel a le droit de participer à l'une de ces réunions dans les conditions prévues à l'alinéa précédent. () ". Aux termes de l'article 8 du même décret, ces réunions " ne peuvent avoir lieu qu'hors des locaux ouverts au public et elles ne doivent ni porter atteinte au bon fonctionnement du service ni entraîner une réduction de la durée d'ouverture des services aux usagers. / Ces réunions doivent faire l'objet d'une demande d'organisation préalable ; la demande doit être formulée une semaine au moins avant la date de la réunion. "
8. S'agissant du grief tiré de la tenue d'une réunion syndicale sans demande ni autorisation préalable, il est constant que M. Dzellat a diffusé des messages SMS informant des agents du syndicat intercommunal de la tenue d'une réunion syndicale le mercredi 14 avril 2021 à 13 heures, sans avoir au préalable saisi son employeur de la demande d'organisation prévue par les dispositions précitées.
9. Toutefois, d'une part, la tenue effective de la réunion en litige est vivement contestée par le requérant. Pour la démontrer, l'administration se fonde tout particulièrement sur la circonstance que s'étant déplacés aux lieu et heure prévus, le président du syndicat intercommunal et un chef d'équipe ont observé un rassemblement de quatre agents dont M. Dzellat. Néanmoins, et pour troublante que soit la coïncidence entre ce regroupement et la réunion prévue, que le requérant n'établit aucunement avoir déprogrammée auprès des agents, il n'en reste pas moins, tout d'abord, qu'aucun constat ne révèle un échange à teneur syndicale : ainsi, aux termes mêmes du rapport dressé le même jour par le chef d'équipe, à la question posée aux agents du motif de leur présence, l'une d'entre eux a spontanément répondu qu'ils préparaient le pot de départ en retraite du requérant, allégations réitérées dans un courrier du 5 juillet 2021 ; il ne ressort d'aucun élément un échange relatif à l'ordre du jour de la réunion prévue ; le requérant soutient que la réunion a été reportée au 16 avril 2021, et il ressort des pièces du dossier qu'à cette date s'est tenue une réunion syndicale en présence d'une représentante départementale de l'organisation, intervenue au sujet de la mise en place du nouveau bureau de la section, soit l'objet de la réunion programmée au 14 avril 2021 en litige ; l'intéressé conteste fermement avoir indiqué plus tard à sa hiérarchie que le regroupement venant d'avoir lieu constituait une réunion syndicale, exposant avoir seulement évoqué l'existence du projet de réunion programmé ce jour-là mais reporté, allégations corroborées par les mentions du rapport précité retraçant que M. Dzellat a indiqué qu'il allait former une demande d'organisation à cet égard. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier un format du regroupement litigieux dont se déduirait sa nature syndicale, dès lors que le requérant fait valoir sans contestation précise qu'alors que les réunions de ce type se déroulent habituellement à une dizaine d'agents autour de tables, ainsi qu'il en a été le 16 avril 2021, les faits reprochés concernent quatre agents, dont M. Dzellat présent sur son lieu de travail et un collègue logé sur place, discutant debout dans un gymnase à l'heure du déjeuner. Ainsi, il n'est établi par aucune constatation objective le caractère syndical de la réunion d'agent observée. Dans ces conditions l'administration ne rapporte pas la preuve, qui lui incombe, de la tenue effective d'une réunion syndicale sans demande d'organisation préalable.
10. D'autre part, à supposer même avérés, les faits reprochés se limitent à l'abstention par le requérant d'une démarche destinée à permettre à l'employeur de veiller à ce que le droit de réunion en matière syndicale s'exerce sans entraver la bonne marche des services, cependant qu'au cas particulier il ne ressort d'aucun élément que cette lacune soit à l'origine d'une perturbation notable du travail des agents ou du service, eu égard notamment au nombre très restreint de participants, au lieu concerné, n'accueillant ni public ni bureaux, et au calme du regroupement litigieux. A cet égard, s'il ressort des pièces du dossier que l'un des agents présents était en autorisation spéciale d'absence pour raisons de santé liées à l'épidémie de Covid-19, il incombait à l'évidence à cet agent d'observer les règles d'hygiène et de sécurité applicables à sa situation, le cas échéant son isolement, en sorte que sa venue dans les locaux de travail ne peut être imputée au requérant. Il en est de même s'agissant d'un second agent dont l'administration soutient qu'il était soumis à une obligation de service sur un autre site, dès lors qu'il est de la seule responsabilité de chaque agent de s'acquitter de ses obligations en sollicitant le cas échéant une autorisation spéciale d'absence. Par ailleurs, si le syndicat intercommunal soutient en défense que les faits litigieux sont intervenus alors même que M. Dzellat aurait déjà fait l'objet de rappels, portant sur l'envoi de demandes dans " des délais raisonnables ", il n'est pas apporté la moindre précision sur ces circonstances et aucun élément n'étaye l'existence d'un comportement réitéré à caractère fautif. Dans ces conditions, si l'administration fait valoir à raison l'exigence réglementaire d'une demande préalable à l'organisation des réunions syndicales, l'inobservance de cette exigence telle que reprochée à M. Dzellat au cas particulier ne peut traduire, à elle seule, une atteinte à ses obligations déontologiques et au bon fonctionnement du service public suffisante pour caractériser une faute de nature à justifier le prononcé de l'une des sanctions disciplinaires prévues par la loi, même du premier groupe.
11. Il suit de ce qui précède que l'exactitude matérielle du grief énoncé plus haut n'est pas établie et qu'en tout état de cause, les faits reprochés ne relèvent pas d'une faute susceptible de justifier une sanction.
12. Troisièmement, s'agissant du dernier des faits reprochés susvisés, il n'est versé aux débats aucun élément permettant d'en identifier précisément la teneur, qui n'est explicitée ni par les termes de la décision du 31 mai 2021 ou par un document joint à celle-ci, ni par la décision du 1er septembre 2021 portant rejet du recours gracieux, ni par le courrier du 17 mai 2021 portant engagement d'une procédure disciplinaire ou encore par un rapport hiérarchique, ni même par les écritures du défendeur. En particulier, le grief porte sur une communication dirigée vers des " collègues non autorisés " sans identification de ceux-ci ni explication. En tout état de cause, à supposer qu'il soit reproché au requérant d'avoir organisé une réunion le 14 avril 2021 en dépit des mesures de sécurité rendues nécessaires par la circulation épidémique et dans le cadre du plan Vigipirate, il ne ressort d'aucun élément une situation sanitaire sur la période suffisamment critique pour faire obstacle à une telle réunion, alors d'ailleurs que le syndicat intercommunal a autorisé l'organisation de celle s'étant tenue deux jours plus tard, ni des risques particuliers pris face à la menace terroriste, s'agissant d'un regroupement à caractère professionnel prévu dans un lieu alors fermé au public et qui n'apparaît pas avoir donné lieu à l'entrée de personnes extérieures au personnel. Dans ces conditions, et eu égard aux énonciations aux points 9 et 10, il ne peut être retenu au titre de ce troisième grief l'existence de faits justifiant le prononcé d'une sanction disciplinaire.
13. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, le requérant est fondé à soutenir que la décision du président du syndicat intercommunal Cesson et Vert-Saint-Denis du 31 mai 2021 est entachée d'erreurs de fait et d'appréciation et à en demander l'annulation, ensemble la décision de rejet du recours gracieux contre cette décision.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
14. Aux termes des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. "
15. Premièrement, aux termes de l'article L. 533-5 du code général de la fonction publique : " Parmi les sanctions du premier groupe, le blâme et l'exclusion temporaire de fonctions sont inscrits au dossier du fonctionnaire. Ils sont effacés automatiquement du dossier au bout de trois ans, si aucune sanction n'est intervenue pendant cette période. "
16. Dans l'hypothèse où la sanction attaquée figurerait toujours dans le dossier individuel de M. Dzellat à la date du présent jugement, l'annulation de cette mesure, de ce fait réputée n'être jamais intervenue, implique nécessairement que l'administration retire l'inscription de la sanction en litige du dossier du requérant. Il y a donc lieu d'enjoindre au syndicat intercommunal Cesson et Vert-Saint-Denis d'y procéder, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
17. Deuxièmement, en cas d'annulation par le juge de l'excès de pouvoir d'une mesure d'éviction, l'agent doit être regardé comme n'ayant jamais été évincé de son emploi. Cette annulation oblige l'autorité compétente à réintégrer juridiquement l'agent à la date de son éviction, à prendre rétroactivement les mesures nécessaires pour reconstituer sa carrière si besoin est et le placer dans une position régulière. L'administration doit également de sa propre initiative procéder au rétablissement de l'agent dans ses droits sociaux, s'agissant notamment du paiement de la part patronale des cotisations de sécurité sociale, ainsi que dans ses droits à pension en procédant à la régularisation des cotisations afférentes à la période d'éviction, laquelle est, en vertu de la reconstitution, assimilée à des services effectifs au sens de la législation sur les pensions pour l'ouverture du droit à pension et la liquidation de la pension.
18. Le présent jugement, qui annule l'arrêté attaqué prononçant une exclusion de fonctions de trois jours, implique nécessairement la réintégration juridique de M. Dzellat pendant la période où il a été à tort exclu, en en tirant les conséquences afin que sa situation soit régularisée, dans les conditions précisées au point précédent. Compte tenu de ce qu'il résulte de l'instruction, et notamment du bulletin de paie de M. Dzellat pour le mois de juin 2021, que la sanction en litige a été exécutée au cours de ce mois, avant le départ en retraite de l'intéressé le 24 juin 2021, et qu'il est constant que le requérant avait été sur cette période initialement placé en congés avec bénéfice du maintien de sa rémunération, qui n'était ainsi pas subordonnée au service fait, au cas particulier la régularisation rétroactive de la situation de M. Dzellat implique nécessairement le rétablissement de ce dernier dans ses droits à rémunération et, par suite, que les sommes qui lui ont été prélevées sur son traitement en exécution de la sanction d'exclusion de fonctions lui soient restituées. En conséquence, il y a lieu d'enjoindre au syndicat intercommunal Cesson et Vert-Saint-Denis de procéder à la réintégration juridique de M. Dzellat et aux régularisations afférentes précitées, sous un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
19. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
20. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du syndicat intercommunal Cesson et Vert-Saint-Denis la somme de 1 500 euros en remboursement des frais exposés par M. Dzellat non compris dans les dépens. Les dispositions du même article font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. Dzellat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par le syndicat intercommunal Cesson et Vert-Saint-Denis au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du président du syndicat intercommunal Cesson et Vert-Saint-Denis du 31 mai 2021 est annulée, ensemble la décision de rejet du recours gracieux contre cette décision.
Article 2 : Il est enjoint au Syndicat intercommunal de Cesson et Vert-Saint-Denis de retirer, le cas échéant, la sanction du 31 mai 2021 du dossier individuel de M. Dzellat, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, et de procéder à la réintégration juridique de ce dernier pendant la période d'exclusion en procédant à la régularisation rétroactive de sa situation dans les conditions posées aux points 17 et 18 du présent jugement, y inclus la restitution des sommes prélevées sur son traitement en exécution de la sanction d'exclusion de fonctions, dans le délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement.
Article 3 : Il est mis à la charge du Syndicat intercommunal de Cesson et Vert-Saint-Denis la somme de 1 500 euros à verser à M. Dzellat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par le Syndicat intercommunal de Cesson et Vert-Saint-Denis sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A Dzellat et au syndicat intercommunal Cesson et Vert-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 7 octobre 2024.
La magistrate désignée,
S. LECONTELa greffière,
L. LE GRALL
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026