jeudi 25 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2109779 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | MATOUANDOU MASSENGO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 27 octobre 2021 et 21 février 2022, M. B A, représenté par Me Matouandou Massengo, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 octobre 2021 par laquelle le président du conseil départemental de Seine-et-Marne a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 20 octobre 2021 lui refusant le bénéfice du revenu de solidarité active ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental de Seine-et-Marne de lui attribuer le revenu de solidarité active, ou à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous une astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département de Seine-et-Marne une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- les moyens de légalité externe soulevés dans le mémoire complémentaire sont recevables ;
- la décision attaquée est entachée d'incompétence du signataire ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen sérieux et particulier de sa situation ;
- elle méconnaît l'article 41-2 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la condition d'antériorité de résidence de cinq ans exigée de tous les ressortissants d'Etats tiers titulaires d'un titre de séjour prévue à l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles est discriminatoire dès lors qu'elle méconnait la charte sociale européenne du Conseil de l'Europe, les articles 8 et 14 de la Convention européenne des droits de l'homme et l'article 1er du 1er Protocole à cette convention et les articles 2-1 et 26 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966 ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles ;
- il est sans revenus et en situation précaire.
Par une lettre du 18 octobre 2022, la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne demande sa mise hors de cause.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 mars 2024, le département de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Avirvarei, conseillère.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a sollicité, le 6 août 2021, le bénéfice du revenu de solidarité active. Par une décision du 20 octobre 2021, la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne l'a informé qu'il ne peut pas bénéficier du revenu de solidarité active dès lors qu'il ne justifie pas d'un titre de séjour avec une résidence ininterrompue sur le territoire français d'au moins cinq ans sous le couvert d'un titre l'autorisant à travailler. M. A a contesté cette décision auprès du président du conseil départemental de Seine-et-Marne. Son recours a été rejeté par une décision du 25 octobre 2021 dont M. A demande l'annulation.
2. En premier lieu, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors
lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Par suite, les moyens dirigés notamment contre la régularité formelle de la décision attaquée, tels que l'incompétence du signataire de l'acte et le défaut de motivation, mais également le défaut d'examen sérieux et particulier de la situation de M. A et la méconnaissance de l'article 41-2 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, sont inopérants et doivent être écartés.
3. En deuxième lieu, en se bornant à soutenir que la condition d'antériorité de résidence de cinq ans exigée de tous les ressortissants d'Etats tiers titulaires d'un titre de séjour prévue à l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles serait discriminatoire et qu'elle méconnaitrait ainsi la charte sociale européenne du Conseil de l'Europe, les articles 8 et 14 de la Convention européenne des droits de l'homme et l'article 1er du 1er Protocole à cette convention et les articles 2-1 et 26 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques du
16 décembre 1966, M. A n'assortit pas son moyen de précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier la portée exacte.
4. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. () ". Aux termes de l'article L. 262-4 du même code, que le Conseil constitutionnel a déclaré conforme à la Constitution, et notamment au principe d'égalité, par sa décision n° 2011-137 QPC du 17 juin 2011 : " Le bénéfice du revenu de solidarité active est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : // 2° Être () titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour autorisant à travailler () ".
5. Il résulte de ces dispositions que le législateur a subordonné le bénéfice du revenu de solidarité active pour les étrangers, sous réserve de certaines exceptions, à une condition de détention d'un titre de séjour autorisant à travailler depuis au moins cinq ans à la date de la demande. Si cette période doit être continue, le respect de cette condition ne saurait toutefois être affecté en principe par une interruption correspondant à la durée nécessaire à l'examen d'une demande de renouvellement ou d'obtention d'un nouveau titre de séjour permettant l'exercice d'une activité professionnelle.
6. Il résulte de l'instruction que M. A, ressortissant congolais entré en France en 1989 à l'âge de onze ans, a été titulaire de cartes de séjour temporaires valables du 20 décembre 1999 au 19 décembre 2000 et du 20 décembre 2000 au 19 décembre 2001 et qu'un nouveau titre lui a été délivré du 15 juin 2021 au 14 juin 2022 à la suite de l'annulation par le tribunal administratif de Melun, par un jugement du 30 mars 2021, de l'arrêté du 7 août 2020 par lequel le préfet de Seine-et-Marne avait refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'avait obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Il résulte également de l'instruction et notamment des pièces produites par le département de Seine-et-Marne en défense, que l'intéressé a bénéficié d'un récépissé de demande de titre de séjour valable du 10 février 2018 au 9 février 2023. Ainsi, à la date du 6 août 2021 à laquelle il a déposé sa demande d'ouverture de droits au revenu de solidarité active, s'il détenait un titre de séjour l'autorisant à travailler depuis le 15 juin 2021 après avoir été sous récépissé depuis le 10 février 2018, la condition de durée d'au moins cinq ans exigée pour l'attribution de revenu de solidarité active n'était tout de même pas remplie. Si M. A soutient qu'il a perdu la carte de séjour délivrée en 2000, qu'il a multiplié les démarches pour régulariser son séjour mais en vain et que des problèmes personnels et de santé l'ont empêché de renouveler son titre de séjour après l'avoir perdu, ces circonstances sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors qu'il n'était pas titulaire d'un titre de séjour l'autorisant à travailler depuis au moins cinq ans à la date de sa demande. Ainsi, le président du conseil départemental de Seine-et-Marne ne s'est pas livré à une inexacte application des dispositions de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles en refusant d'attribuer à M. A le bénéfice du revenu de solidarité active. Le moyen doit donc être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 25 octobre 2021 par laquelle le président du conseil départemental de
Seine-et-Marne a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 20 octobre 2021 lui refusant le bénéfice du revenu de solidarité active. Ainsi, ses conclusions tendant à l'annulation de la décision du 25 octobre 2021 doivent être rejetées, et par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne et au département de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Xavier Pottier, président,
Mme Andreea Avirvarei, conseillère,
Mme Jeanne Darracq-Ghitalla-Ciock, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2024.
La rapporteure,
A. Avirvarei
Le président,
X. PottierLa greffière,
C. Mahieu
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026