vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2109848 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET SEBAN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 29 octobre 2021, 14 avril 2022, et 13 octobre 2022 M. B C, représenté par la SELARLU Julie Giorno avocat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 mai 2021 par lequel le maire de Noiseau s'est opposé à la déclaration préalable qu'il a déposée le 29 avril 2021 portant sur la création d'une piscine hors-sol et d'une annexe close et couverte adjacente sur les parcelles cadastrées section AC n°s 30, 31 et 32 situées 28 chemin des Basses Brunes à Noiseau, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux prise par le maire de la commune le 10 septembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Noiseau une somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est illégal du fait de l'illégalité du plan local d'urbanisme dès lors que les mesures de préservation des espaces verts protégés sont disproportionnées et que le plan de zonage de ces espaces est imprécis ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UE 13-2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune dès lors que les installations prévues dans les espaces verts protégés présentent un caractère léger et temporaire ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir dès lors que le maire de Noiseau s'est opposé à son projet pour un motif personnel.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 1er février 2022, 9 septembre 2022 et 6 décembre 2022, la commune de Noiseau, représentée par la SCP Seban et associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle demande, en outre, que soient supprimés les passages diffamatoires et outrageant contenus dans la requête introductive d'instance et dans les mémoires en réplique sur le fondement des dispositions de l'article L. 741-2 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 1er février 2023, une clôture d'instruction à effet immédiat est intervenue.
Un mémoire présenté pour M. C a été enregistré le 3 mars 2023, postérieurement à la clôture d'instruction et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Duhamel,
- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,
- les observations de Me Giorno, représentant M. C et de Me Roulette, représentant la commune de Noiseau.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est propriétaire, sur le territoire de la commune de Noiseau, des parcelles cadastrées section AC n°s 30, 31 et 32 situées 28 chemin des basses brunes et classées en zone UEc dans le plan local d'urbanisme de la commune. Il a déposé, le 29 avril 2021, une déclaration préalable portant sur la création d'une piscine hors-sol et d'une annexe close et couverte adjacente. Par un arrêté du 25 mai 2021, le maire de Noiseau s'est opposé à cette déclaration préalable. M. C demande au tribunal d'annuler cet arrêté ainsi que la décision du 10 septembre 2021 par laquelle le maire de la commune a rejeté son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. (). ".
3. Il ressort des énonciations de l'arrêté attaqué, qui décrit le projet présenté, que le maire de Noiseau, après avoir cité les dispositions du code de l'urbanisme et celles du règlement du plan local d'urbanisme dont il a entendu faire application, s'est opposé à la déclaration préalable présentée par le requérant au motif que ce projet ne pouvait pas être autorisé en raison de son implantation en zone paysagère identifiée. L'arrêté expose ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. M. C ne saurait, en tout état de cause, alléguer que le maire se serait trompé sur la nature des travaux envisagés pour les regarder comme soumis à permis de construire, ce qui ne ressort au demeurant pas des pièces du dossier, dès lors que la régularité de la motivation ne dépend pas du bien-fondé de ses motifs. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'acte attaqué doit être écarté.
4. En deuxième lieu, si une décision faisant opposition à déclaration préalable ne peut être prise que pour un projet qui ne respecte pas la réglementation d'urbanisme en vigueur, elle ne constitue pas un acte d'application de cette réglementation. Par suite, un requérant demandant l'annulation d'un arrêté d'opposition à déclaration préalable ne saurait utilement se borner à soutenir qu'il a été pris sous l'empire d'un document d'urbanisme illégal, quelle que soit la nature de l'illégalité dont il se prévaut. Cependant, il résulte de l'article L. 600-12 du code de l'urbanisme que la déclaration d'illégalité d'un document d'urbanisme a, au même titre que son annulation pour excès de pouvoir, pour effet de remettre en vigueur le document d'urbanisme immédiatement antérieur. Dès lors, il peut être utilement soutenu devant le juge qu'un arrêté d'opposition à déclaration préalable a été pris sous l'empire d'un document d'urbanisme illégal - sous réserve, en ce qui concerne les vices de forme ou de procédure, des dispositions de l'article L. 600-1 du même code, à la condition que le requérant fasse en outre valoir que cette opposition méconnaît les dispositions pertinentes ainsi remises en vigueur.
5. En l'espèce, M. C allègue que les mesures de préservation des espaces verts protégés contenues à l'article UE 13-2 du règlement du plan local d'urbanisme sont disproportionnées et que le plan de zonage de ces espaces est imprécis. A supposer que M. C est ainsi entendu exciper de l'illégalité du plan local d'urbanisme, il ne soutient toutefois pas que l'arrêté d'opposition à déclaration préalable contesté dans la présente instance méconnaîtrait les anciennes dispositions pertinentes du règlement du plan local d'urbanisme remises en vigueur. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 151-3 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les sites et secteurs à protéger pour des motifs d'ordre écologique, notamment pour la préservation, le maintien ou la remise en état des continuités écologiques et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres./. Il peut localiser, dans les zones urbaines, les terrains cultivés et les espaces non bâtis nécessaires au maintien des continuités écologiques à protéger et inconstructibles quels que soient les équipements qui, le cas échéant, les desservent ".
7. Aux termes de l'article UE 13-2 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les espaces verts protégés sont repérés au document graphique au titre de l'article L 151-23 du code de l'urbanisme. Les emprises végétalisées existant sur les terrains concernés sont localisées à titre indicatif sur le document graphique de zonage par une trame jaune dorée. / La modification de l'état d'un terrain soumis à une prescription d'espace vert protégé n'est admise qu'aux conditions suivantes : elle a pour but d'aménager des sentiers, aires de jeux, pergolas, et autres installations visant à le valoriser et faciliter l'usage de promenade et de détente, elle ne diminue pas notoirement la surface en pleine terre, elle maintient ou améliore l'unité générale, la qualité de ses plantations, qu'elles soient conservées ou remplacées. / Certains éléments minéraux ou à dominante minérale peuvent être considérés comme partie intégrante des espaces verts protégés s'ils participent, à l'aménagement paysager de l'espace (allées piétonnières, voies d'accès aux services de secours, emmarchements, etc.). De même, le revêtement de surfaces est admis s'il est nécessaire par la fonction des espaces concernés (cour d'école) et s'il ne porte pas atteinte au développement des plantations existantes. ".
8. Il ressort du rapport de présentation du plan local d'urbanisme communal que les auteurs de ce plan ont souhaité, par ces dispositions, protéger notamment les terrains situés le long du ru de la Fontaine de Villiers. Il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de zonage du plan local d'urbanisme, que les parcelles formant l'assiette du projet, ont été identifiées par le règlement de ce plan au titre de l'article L. 151-3 du code de l'urbanisme. Au demeurant, le dossier de déclaration préalable, notamment la notice architecturale, précise bien que le projet, qui porte sur la création d'une piscine hors-sol et d'une annexe, est situé, en partie, dans la zone paysagère identifiée par le plan local d'urbanisme, le terrain d'assiette du projet reliant le chemin des basses brunes au ruisseau de la fontaine de Villiers.
9. D'une part, si M. C allègue que son projet est constitué de structures " légères " et amovibles, cette circonstance, en l'absence de dispositions spécifiques sur ce point dans le règlement du plan local d'urbanisme, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Au surplus, dès lors qu'il ressort de cette même notice architecturale que l'annexe est réalisée à l'aide de trois containers maritimes habillés d'enduit et de bardage bois, le requérant ne saurait sérieusement soutenir qu'il ne s'agit que d'une installation provisoire pouvant être démontée et déplacée facilement.
10. D'autre part, si M. C soutient que la piscine et l'annexe projetées doivent respectivement être considérées comme une aire de jeux et un espace de détente modulaire au sens des dispositions de l'article UE 13-2 du règlement du plan local d'urbanisme, il ressort des pièces du dossier que les installations projetées sont à usage privatif et exclusif des propriétaires. Elles ne sauraient dès lors être regardées comme étant visées, par ces dispositions, parmi les installations destinées à faciliter l'usage de la promenade et de la détente.
11. Il résulte de ce qui précède que le maire de Noiseau, en considérant que le projet en litige méconnaissait les dispositions précitées de l'article UE 13-2 du règlement du plan local d'urbanisme, n'a pas commis d'erreur d'appréciation.
12. En quatrième lieu, il résulte de ce qui précède que le maire de Noiseau pouvait légalement se fonder sur les dispositions de l'article UE 13-2 du règlement du plan local d'urbanisme pour s'opposer à la déclaration préalable déposée par le requérant. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté en litige soit entaché d'un détournement de pouvoir.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les conclusions de la commune de Noiseau tendant à la suppression de passages injurieux ou diffamatoires :
14. En vertu de l'article L. 741-2 du code de justice administrative, rappelant les dispositions des alinéas 3 à 5 de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881, les juges peuvent " prononcer la suppression des discours injurieux, outrageants ou diffamatoires " d'écrits produits devant eux.
15. Les termes des mémoires présentés par M. C, pour regrettables que soient certains d'entre eux, n'excèdent pas les limites de la controverse entre parties dans le cadre d'une procédure contentieuse. Dès lors, il n'y a pas lieu d'en prononcer la suppression par application des dispositions de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881, reproduites à l'article L. 741-2 du code de justice administrative
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Noiseau, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. C demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. C une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Noiseau et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera à la commune de Noiseau la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Noiseau présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 741-2 du code de justice administrative et tendant à la suppression de passages injurieux ou diffamatoires sont rejetées.
Article 4: Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la commune de Noiseau.
Délibéré après l'audience du 19 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. D, président,
M. Duhamel, premier conseiller,
M. Cabal, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.
Le rapporteur,
B. DUHAMEL
Le président,
M. D La greffière,
M. A
La république mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026