mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2109896 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | THIRION LAURENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 octobre 2021, M. D A, représenté par Me Léopoldine Mapche Tagne, avocate, demande au tribunal :
1°/ d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2021 par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°/ d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un " titre provisoire de séjour " sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;
3°/ de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de son auteur ;
- il présente un défaut de motivation ;
- il a été pris sans examen particulier de sa situation ;
- il méconnait l'article L. 313-11 (7° et 11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-il méconnait l'arrêté ministériel du 18 janvier 2008 ;
- il méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 avril 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier :
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. E B, premier vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendues au cours de l'audience publique, après présentation du rapport de M. B, les observations de Me Thirion, avocat, pour le requérant, présent à l'audience et assisté de M. F, interprète en langue turque, qui confirme les conclusions de sa requête par les mêmes moyens. Le préfet de Seine-et-Marne n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions en annulation :
1. M. D A, ressortissant turc d'origine kurde, né le 5 juin 2000, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2021 par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () ; 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; (). ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par une décision du 12 octobre 2020 du directeur général de l'office français de protection des réfugiés et apatrides, notifiée le 28 octobre 2020, confirmée par une décision du 17 mai 2021 de la cour nationale du droit d'asile, notifiée le 3 juillet 2021. Ayant perdu le droit de se maintenir en France, l'intéressé se trouvait donc dans le cas où le préfet de Seine-et-Marne a pu légalement décider de l'obliger à quitter le territoire français en application des dispositions, mentionnées au point précédent, de l'article L. 611-1 (4°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Il ressort également des pièces du dossier que M. A, entré en France le 8 avril 2019, vit en union libre avec une ressortissante française, d'origine turque, qu'il épousa le 10 janvier 2022 à Lieusaint et qui établit être fonctionnaire de police et exercer les fonctions de gardien de la paix à la préfecture de police de Paris. L'intéressé démontre également mener une activité de manœuvre dans le secteur du BTP dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée et s'être investi dans des activités musicales bénévoles au sein notamment de l'association Arts et culture de Kurdistan et de l'association culturelle de la communauté kurde, en cohérence avec son engagement au sein du Parti démocratique des peuples (HDP) et du Conseil démocratique kurde en France. Il justifie ainsi de prémices prometteuses d'intégration dans la société française. Ainsi, dans les circonstances très particulières de l'espèce, la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être regardée comme affectée d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle de M. A et des conséquences de la mesure d'éloignement sur cette situation. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, cette obligation de quitter le territoire français doit être annulée, ainsi que, par voie de conséquence, les décisions distinctes du même jour relative au délai de départ volontaire et fixant le pays de destination.
Sur les conclusions à fins d'injonction et d'instance :
5. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision. ". Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. ".
6. Compte tenu du motif d'annulation retenu au point 4, le jugement implique nécessairement que le préfet de Seine-et-Marne prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction sur la situation de M. A, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, et ce dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et munisse l'intéressé d'une autorisation provisoire de séjour, dès la notification du présent jugement, valable jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas, en application des dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'y pas lieu en revanche de prononcer une astreinte.
Sur les frais d'instance :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme que le requérant demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : L'arrêté du 5 octobre 2021 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a fait obligation à M. D A de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Seine-et-Marne de munir M. A d'une autorisation provisoire de séjour, dès la notification du présent jugement, valable jusqu'à ce que l'autorité préfectorale ait à nouveau statué sur son cas, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Article 3 : Il est également enjoint au préfet de Seine-et-Marne de prendre à nouveau une décision, après une nouvelle instruction, sur la situation de M. A, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet de Seine-et-Marne.
Jugement rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
Le premier vice-président, La greffière
Signé : B. B Signé : M. C
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne, et à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier
M. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026