jeudi 23 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2110304 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | LAMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 novembre 2021 et 4 février 2022, M. C A, représenté par Me Lambert, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 novembre 2021 par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a mis en demeure, ainsi que tout occupant de son chef, de quitter le logement situé au 45 square de Bretagne à Noisiel dans un délai de vingt-quatre heures ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige est entaché d'un défaut de motivation ;
- il a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article 38 de la loi du 5 mars 2007 dès lors qu'il n'a pas occupé les lieux sans y avoir été invité par le propriétaire, qu'il n'est pas établi, d'une part, que le logement concerné soit le domicile du propriétaire, et, d'autre part, qu'une plainte pénale a été déposée par le propriétaire du logement.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 31 janvier 2022 et 23 février 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Duhamel a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 9 novembre 2021, le préfet de Seine-et-Marne a mis en demeure M. A, et tous occupants de son chef, de quitter, dans un délai de vingt-quatre heures, le logement qu'il occupait au 45 square de Bretagne à Noisiel, sous peine d'évacuation forcée sans délai, en application de l'article 38 de la loi du 5 mars 2007. L'évacuation de M. A et de sa famille a eu lieu le 10 novembre 2021. M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 novembre 2021.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. En premier lieu, après l'expiration du délai de recours contre un acte administratif, sont irrecevables, sauf s'ils sont d'ordre public, les moyens soulevés par le demandeur qui relèvent d'une cause juridique différente de celle à laquelle se rattachent les moyens invoqués dans sa demande avant l'expiration de ce délai.
3. La requête initiale présentée par M. A ne contenait qu'un moyen en plusieurs branches relatif à la légalité interne de l'arrêté attaqué. Si, dans son mémoire complémentaire enregistré le 4 février 2022, après l'expiration du délai du recours contentieux, M. A a soulevé un moyen tiré de ce que le l'arrêté attaqué serait entaché d'un défaut de motivation, ce moyen, à supposer que le requérant ait entendu le soulever, relatif à la légalité externe de l'arrêté attaqué, est irrecevable. En tout état de cause, l'arrêté attaqué vise les textes dont il fait application, notamment l'article 226-4 du code pénal et l'article 38 de loi n° 2007-290 du 5 mars 2007 modifiée instituant le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale. Il comprend également, de manière suffisamment précise, l'énoncé des motifs de fait ayant conduit le préfet à mettre en demeure le requérant à quitter les lieux tirés de l'occupation illicite du logement dénoncée par son propriétaire depuis le mois d'octobre 2021, de ce que cette occupation illicite a été constatée par un officier de police judiciaire conformément à l'article 38 de la loi du 5 mars 2007, lequel a relevé que ce logement était occupé sans droit ni titre par M. A et qu'il n'était pas établi qu'il serait le seul à occuper illégalement ce logement sans droit ni titre. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cet arrêté doit, dès lors, être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article 38 de la loi du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale : " En cas d'introduction et de maintien dans le domicile d'autrui, qu'il s'agisse ou non de sa résidence principale, à l'aide de manœuvres, menaces, voies de fait ou de contrainte, la personne dont le domicile est ainsi occupé ou toute personne agissant dans l'intérêt et pour le compte de celle-ci peut demander au préfet de mettre en demeure l'occupant de quitter les lieux, après avoir déposé plainte, fait la preuve que le logement constitue son domicile et fait constater l'occupation illicite par un officier de police judiciaire. / La décision de mise en demeure est prise par le préfet dans un délai de quarante-huit heures à compter de la réception de la demande. Seule la méconnaissance des conditions prévues au premier alinéa ou l'existence d'un motif impérieux d'intérêt général peuvent amener le préfet à ne pas engager la mise en demeure. En cas de refus, les motifs de la décision sont, le cas échéant, communiqués sans délai au demandeur. / La mise en demeure est assortie d'un délai d'exécution qui ne peut être inférieur à vingt- quatre heures. Elle est notifiée aux occupants et publiée sous forme d'affichage en mairie et sur les lieux. Le cas échéant, elle est notifiée à l'auteur de la demande. / Lorsque la mise en demeure de quitter les lieux n'a pas été suivie d'effet dans le délai fixé, le préfet doit procéder sans délai à l'évacuation forcée du logement, sauf opposition de l'auteur de la demande dans le délai fixé pour l'exécution de la mise en demeure. ".
5. Le préfet de Seine-et-Marne a communiqué la copie du passeport de M. B sur lequel figure comme adresse l'appartement situé 45 square de Bretagne à Noisiel ainsi que l'avis de taxe foncière 2021 adressé à ce dernier pour cet appartement. Ces pièces, qui ne sont pas utilement contestées, sont de de nature à justifier que M. B est bien le propriétaire de cet appartement. Si M. A soutient alors que le logement était inoccupé et vierge de tout mobilier à son entrée dans les lieux, le seul document qu'il produit, à savoir l'achat de matelas à son arrivée dans le logement, n'est pas de nature à établir ses allégations dès lors que cette facture n'est pas à son nom. En tout état de cause, cette circonstance n'est pas de nature à justifier que le logement ne puisse être regardé comme constituant un domicile au sens des dispositions de l'article 38 de la loi du 5 mars 2007. Par suite, le moyen tiré de l'absence de preuve par le propriétaire que le logement constitue son domicile ne peut qu'être écarté.
6. Par ailleurs, si le requérant allègue avoir été victime d'une escroquerie au bail en ayant signé un contrat de location auprès d'un prétendu propriétaire du logement, et disposer d'un trousseau de clefs dudit logement, il ne peut le justifier et ne produit à l'appui de ses déclarations qu'un dépôt de plainte pour escroquerie au bail déposée le 29 octobre 2021. En revanche, le préfet de Seine-et-Marne fait valoir en s'appuyant sur le rapport du 8 novembre 2021 de l'officier de police judiciaire qu'il a été constaté que " les deux serrures de la porte d'entrée semblaient très récentes () et que des traces de pesée plus anciennes sont visibles sur le montant droit de la porte ". Il ressort également de la plainte du 29 octobre 2021 déposée par le propriétaire du logement pour dégradation ou détérioration d'un bien d'autrui suite à l'introduction par effraction d'individus dans son domicile, qu'il a lui-même pu constater que les serrures du logement avaient été changées après effraction. Il suit de là que le moyen tiré de de la méconnaissance de l'article 38 de la loi du 5 mars 2007 dès lors que le requérant n'aurait pas occupé les lieux sans y avoir été invité par le propriétaire et ne serait pas rentré dans le logement par effraction doit être écarté.
7. Enfin, le procès-verbal de plainte déposée le 29 octobre 2021 par M. B pour dégradation ou détérioration d'un bien d'autrui suite à l'introduction par effraction d'individus dans son logement ayant été communiqué à l'instance, le moyen tiré de l'absence de plainte manque en fait et ne peut également qu'être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, celles présentées à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. D , président,
M. Duhamel, premier conseiller,
M. Cabal, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.
Le rapporteur,
B. DUHAMEL
Le président,
M. DLa greffière,
G. AUMOND
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026