mardi 18 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2110308 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | REINHART MARVILLE TORRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 12 novembre 2021 et 13 septembre 2022, la SCI Mousset, représentée par le cabinet Reinhart Marville Torre, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 septembre 2021 par laquelle le maire de Fontenay-sous-Bois a sursis à statuer sur sa demande de permis de construire portant sur la restructuration et l'extension d'un bâtiment tertiaire sur un terrain situé 192, rue Carnot à Fontenay-sous-Bois ;
2°) d'enjoindre au maire de Fontenay-sous-Bois de reprendre l'instruction de sa demande de permis de construire ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Fontenay-sous-Bois une somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision en litige méconnaît les dispositions de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme dès lors qu'elle était titulaire d'un certificat d'urbanisme opérationnel négatif en date du 30 mars 2020, lequel faisait obstacle, compte tenu de la cristallisation des règles d'urbanisme, à ce que lui soit opposé un sursis à statuer en l'absence, à la date d'intervention de ce certificat, d'une opération d'aménagement prise en considération par l'autorité compétente.
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Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 juillet 2022 et 28 septembre 2022, la commune de Fontenay-sous-Bois conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la SCI Mousset la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- si l'arrêté attaqué ne pouvait se fonder sur la délibération du 8 décembre 2020 du conseil territorial de l'établissement public territorial Pars Est Marne et Bois approuvant la création d'un périmètre de prise en considération du projet d'aménagement du secteur Val-de-Fontenay - Alouette, cet arrêté n'est néanmoins pas illégal dès lors qu'il pouvait bien être opposé un sursis à statuer sur la demande de permis de construire puisqu'une opération d'aménagement avait été prise en considération par une délibération du 5 octobre 2017 ;
- à titre subsidiaire, le sursis à statuer pouvait également être opposé sur le motif tiré de ce que le terrain d'assiette du projet était concerné, à la date de la délivrance du certificat d'urbanisme, par un périmètre d'attente.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cabal,
- les conclusions de M. Zanella, rapporteur public,
- et les observations de Me Noël, représentant la SCI Mousset, et de Me Ricard, représentant la commune de Fontenay-sous-Bois.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Mousset a déposé, le 17 mai 2021 en mairie de Fontenay-sous-Bois, une demande de permis de construire portant sur la restructuration et l'extension d'un bâtiment tertiaire sur un terrain situé 192, rue Carnot. Par un arrêté du 15 septembre 2021, le maire de Fontenay-sous-Bois a opposé un sursis à statuer sur sa demande. La SCI Mousset demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. / Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus au 6° de l'article L. 102-13 et aux articles L. 121-22-3, L. 121-22-7, L. 153-11 et L. 311-2 du présent code et par l'article L. 331-6 du code de l'environnement. / Il peut également être sursis à statuer : () / 3° Lorsque des travaux, constructions ou installations sont susceptibles de compromettre ou de rendre plus onéreuse la réalisation d'une opération d'aménagement, dès lors que le projet d'aménagement a été pris en considération par la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent et que les terrains affectés par ce projet ont été délimités (). Le sursis à statuer ne peut être prononcé que si la décision de prise en considération prévue aux 2° et 3° du présent article et à l'article L. 102-13 a été publiée avant le dépôt de la demande d'autorisation. La décision de prise en considération cesse de produire effet si, dans un délai de dix ans à compter de son entrée en vigueur, l'exécution des travaux publics ou la réalisation de l'opération d'aménagement n'a pas été engagée. () ". Aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'une demande d'autorisation ou une déclaration préalable est déposée dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d'un certificat d'urbanisme, les dispositions d'urbanisme, le régime des taxes et participations d'urbanisme ainsi que les limitations administratives au droit de propriété tels qu'ils existaient à la date du certificat ne peuvent être remis en cause à l'exception des dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique. / Lorsque le projet est soumis à avis ou accord d'un service de l'Etat, les certificats d'urbanisme le mentionnent expressément. Il en est de même lorsqu'un sursis à statuer serait opposable à une déclaration préalable ou à une demande de permis. Le certificat d'urbanisme précise alors expressément laquelle ou lesquelles des circonstances prévues aux deuxième à sixième alinéas de l'article L. 424-1 permettraient d'opposer le sursis à statuer. () ".
3. Il résulte de ces dispositions que le certificat d'urbanisme délivré sur le fondement de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme a pour effet de garantir à son titulaire un droit à voir toute demande d'autorisation ou de déclaration préalable déposée dans le délai indiqué examinée au regard des règles d'urbanisme applicables à la date de la délivrance du certificat. Parmi ces règles figure la possibilité, lorsqu'est remplie, à la date de délivrance du certificat, la condition mentionnée au 3° de l'article L. 424-1 du même code, d'opposer un sursis à statuer lorsque des travaux, constructions ou installations projeté sont susceptibles de compromettre ou de rendre plus onéreuse la réalisation d'une opération d'aménagement, sous réserve que le projet d'aménagement a été pris en considération par la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent et que les terrains affectés par ce projet ont été délimités. La décision de prise en considération prévue aux 2° et 3° du présent article et à l'article L. 102-13 doit avoir été publiée avant le dépôt de la demande d'autorisation.
4. Il ressort des pièces du dossier que le 30 mars 2020, le maire de Fontenay-sous-Bois a délivré à la SCI Mousset un certificat d'urbanisme opérationnel négatif sur le terrain sur lequel doivent être réalisés les travaux, objet de la demande de permis de construire. Pour prononcer le sursis à statuer, le maire s'est fondé sur la délibération du 8 décembre 2020 du conseil territorial de l'établissement public territorial Paris Est Marne et Bois portant création d'un périmètre de prise en considération du projet d'aménagement du secteur Val-de-Fontenay/Alouettes. Toutefois, l'autorité administrative ne pouvait, eu égard à ce qui a été dit au point précédent, se fonder sur cette délibération dès lors qu'elle était postérieure à l'intervention du certificat d'urbanisme négatif du 30 mars 2020. Par suite, la société requérante est fondée à soutenir que le maire de Fontenay-sous-Bois a, par l'arrêté en litige, méconnu les dispositions de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme.
5. L'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
6. D'une part, la commune de Fontenay-sous-Bois soutient qu'un projet d'aménagement au sens de l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme existait antérieurement à la délivrance du certificat d'urbanisme du 30 mars 2020 dès lors que par une délibération du 5 octobre 2017, le conseil municipal, alors compétent en matière de définition, de création et de réalisation d'opérations d'aménagement, a approuvé le traité de concession se rapportant au projet d'aménagement du secteur Val de Fontenay/Alouettes ainsi que son périmètre, son échéance et son bilan financier prévisionnel et a autorisé le maire à signer tous documents y afférents.
7. Toutefois, elle n'établit pas qu'une décision de prise en considération de ce projet a été adoptée, sur le fondement des dispositions précitées de L. 424-1 du code de l'urbanisme et régulièrement publiée antérieurement à la décision du 30 mars 2020 délivrant le certificat d'urbanisme négatif. Dans ces conditions, en l'absence de délibération du conseil municipal décidant la prise en considération de ce projet et publiée avant l'intervention du certificat d'urbanisme négatif, la commune de Fontenay-sous-Bois Seine ne saurait utilement se prévaloir de ces dispositions.
8. D'autre part, aux termes de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués : / () 5° Dans les zones urbaines et à urbaniser, des servitudes interdisant, sous réserve d'une justification particulière, pour une durée au plus de cinq ans dans l'attente de l'approbation par la commune d'un projet d'aménagement global, les constructions ou installations d'une superficie supérieure à un seuil défini par le règlement. Ces servitudes ne peuvent avoir pour effet d'interdire les travaux ayant pour objet l'adaptation, le changement de destination, la réfection ou l'extension limitée des constructions existantes. ".
9. La commune de Fontenay-sous-Bois soutient qu'elle aurait pu surseoir à statuer dès lors qu'existait, à la date du certificat d'urbanisme, un périmètre d'attente de projet global au sens du 5° de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme comprenant le terrain d'assiette du projet. Toutefois, et alors qu'au demeurant ce périmètre n'était plus en vigueur à la date de la demande de permis de construire du 17 mai 2021, les servitudes prévues à l'article L. 151-41 ne sont pas au nombre de celles qui peuvent légalement justifier un sursis à statuer mais uniquement un refus de délivrance de permis de construire.
10. Il résulte de ce qui précède qu'il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de substitution de motifs formée par la commune de Fontenay-sous-Bois.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la SCI Mousset est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 25 septembre 2021 par lequel le maire de Fontenay-sous-Bois a sursis à statuer sur sa demande de permis de construire.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé (). "
13. Le présent jugement implique, eu égard au motif d'annulation et comme le demande la société requérante, d'enjoindre au maire de Fontenay-sous-Bois de reprendre l'instruction de sa demande de permis de construire. Il y a lieu de lui enjoindre de procéder à cette instruction dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SCI Mousset, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Fontenay-sous-Bois demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Fontenay-sous-Bois une somme de 1 500 euros à verser à la SCI Mousset au même titre.
DECIDE
Article 1er : L'arrêté du 15 septembre 2021 par lequel le maire de Fontenay-sous-Bois a prononcé un sursis à statuer sur la demande de permis de construire présentée par la SCI Mousset est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Fontenay-sous-Bois de reprendre l'instruction de la demande de permis de construire présentée par la SCI Mousset dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Fontenay-sous-Bois versera à la SCI Mousset la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Fontenay-sous-Bois au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Mousset et à la commune de Fontenay-sous-Bois.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. B, président,
Mme Morisset, première conseillère,
M. Cabal, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2023.
Le rapporteur,
P.Y. CABAL
Le président,
M. BLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026