mardi 27 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2110352 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | NADOR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 novembre 2021 et 16 février 2023, Mme A C épouse B, représentée par Me Nador, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer une carte de résident de dix ans ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une carte de résident " vie privée et familiale ", dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 800 euros par jour de retard ou à défaut de réexaminer sa situation dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme C épouse B soutient que la décision attaquée :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La procédure a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit d'observation.
Par ordonnance du 20 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 20 mars 2023 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Bourdin.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C épouse B, ressortissante égyptienne, née le 1er janvier 1981 à El Sharkhiya (Egypte), a sollicité le 18 juin 2021 la délivrance d'une carte de résident portant la mention " résident de longue durée - UE ", sur le fondement de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Mme B demande l'annulation de la décision implicite par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de faire droit à sa demande.
Sur le cadre du litige :
2. Aux termes de l'article R.432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titre de séjour vaut décision implicite de rejet ". L'article R.432-2 du même code précise : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.432-2 naît au terme d'un délai de quatre mois ".
3. Dans ses écritures Mme B fait valoir que la décision implicite de rejet de sa demande de délivrance d'une carte de résident a été cristallisée par la remise d'un titre de séjour pluriannuel le 10 septembre 2021. Toutefois, les mentions figurant sur ce titre de séjour font apparaître une date de délivrance au 3 juin 2021, antérieure à la date de dépôt de sa demande de carte de résident. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a saisi les services de la préfecture d'une demande de carte de résident en déposant un dossier au guichet le 18 juin 2021, puis en l'adressant par courrier recommandé reçu par les services de la préfecture le 22 juin 2021. Il en résulte qu'une décision implicite de rejet de sa demande de carte de résident est née le 18 octobre 2021, contre laquelle elle dirige des conclusions en annulation.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". Aux termes de l'article L. 211 5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de son article L. 232-4 : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. () ".
5. En l'espèce, il n'est ni établi, ni même allégué que Mme B aurait demandé la communication de la décision implicite de rejet à sa demande de carte de résident. Par suite, elle ne peut utilement invoquer l'insuffisance de motivation de la décision implicite attaquée.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 426-17 de ce code : " L'étranger qui justifie d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et d'une assurance maladie se voit délivrer, sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 426-18, une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " d'une durée de dix ans. / Les années de résidence sous couvert d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " retirée par l'autorité administrative sur le fondement d'un mariage ayant eu pour seules fins d'obtenir un titre de séjour ou d'acquérir la nationalité française ne peuvent être prises en compte pour obtenir la carte de résident prévue au premier alinéa. / Les ressources mentionnées au premier alinéa doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance. Sont prises en compte toutes les ressources propres du demandeur, indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ainsi qu'aux articles L. 5423-1, L. 5423-2 et L. 5423-3 du code du travail. / La condition de ressources prévue au premier alinéa n'est pas applicable lorsque la personne qui demande la carte de résident est titulaire de l'allocation aux adultes handicapés mentionnée à l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale ou de l'allocation supplémentaire mentionnée à l'article L. 815-24 du même code. / Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'État ".
7. Mme B invoque être arrivée en France en 2004 sous couvert d'un visa, être titulaire d'une carte de séjour temporaire, depuis 2010 et résider de façon régulière et stable en France avec son époux lui-même titulaire d'une carte de résident et où sont nés 3 de leurs 4 enfants communs. Elle fait également état de son intégration dans la société française, de revenus familiaux stables et indique disposer d'une couverture sociale. Toutefois, si Mme B invoque résider régulièrement en France depuis plus de cinq ans sous couvert de titres de séjour annuels, elle ne produit aucun des titres de séjour invoqués et produit uniquement des avis d'imposition sur le revenu, commun avec son époux, au titre des années 2015 à 2020 ainsi que des appels de charges foncières des 1er et 2ème trimestre 2019 et 3ème trimestre 2020, des courriers et des factures de téléphonie et de fournisseur d'énergie établies entre le 31 mai 2019 et le 13 juin 2021 et des attestations de participation à des formations dispensées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, à des activités associatives entre les années 2014 et 2021 et d'implication dans la vie scolaire de ses enfants. Ces éléments sont insuffisants pour établir le caractère régulier de son séjour en France depuis au moins cinq ans. Il en va de même de la circonstance qu'il a été délivré par la préfecture le 18 juin 2021 une attestation de renouvellement d'une demande de titre de séjour et la production d'une carte de séjour pluriannuelle délivrée le 3 juin 2021. Il en résulte que Mme B ne justifie pas remplir la condition de résidence régulière depuis cinq ans sous couvert d'un des titres de séjour visés par les dispositions de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la préfète aurait commis une erreur d'appréciation.
8. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête de Mme B.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C épouse B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C épouse B et à la préfète Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dewailly, président,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Lacote, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.
La rapporteure,
S. BOURDIN
Le président,
S. DEWAILLY La greffière,
Y. SADLI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026