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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2110364

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2110364

jeudi 25 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2110364
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème chambre
Avocat requérantWTAP AVOCATS - WEYL TAULET AROUI PIRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 novembre 2021, Mme B A, représentée par Me Taulet, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 avril 2021 par lequel le maire de Fontenay-sous-Bois a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son accident, ensemble la décision de la même autorité rejetant son recours gracieux le 23 août 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2021 par lequel le maire de Fontenay-sous-Bois a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie, ensemble la décision de la même autorité rejetant son recours gracieux le 23 août 2021 ;

3°) d'enjoindre à la commune de Fontenay-sous-Bois de reprendre les procédures devant la commission de réforme ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Fontenay-sous-Bois une somme de 2 280 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur l'arrêté du 12 avril 2021 :

- il est entaché d'un défaut de motivation en fait ;

- il a été pris au terme d'une procédure irrégulière, en l'absence d'avis de la commission de réforme et elle-même n'ayant pas été informée de ses droits, notamment en consultant les pièces de son dossier, en présentant des documents complémentaires, des observations ou en faisant entendre le médecin de son choix ;

- il est entaché d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation, sa pathologie résultant de ses conditions de travail dégradées.

Sur l'arrêté du 28 avril 2021 :

- il a été pris au terme d'une procédure irrégulière, en l'absence de transmission de rapport du médecin de prévention à la commission de réforme, en raison de la remise des conclusions du médecin expert agréé le 2 avril 2021, postérieurement à la séance de la commission de réforme et, enfin, du défaut d'accès à l'intégralité de son rapport médical ;

- il est entaché d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation, son accident ayant eu lieu sur son lieu de travail et étant en lien avec l'exercice de ses fonctions.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2022, la commune de Fontenay-sous-Bois, représentée par Me Carrère, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 18 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 9 décembre 2022 à 12 h 00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;

- le décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 ;

- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Une note en délibéré présentée par Me Carrère pour la requérante, a été enregistrée le 16 mai 2023.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Delon,

- les conclusions de Mme Mentfakh, rapporteure publique,

- et les observations de Me Ortin, substituant Me Taulet, représentant Mme A, et celles de Me Hubert-Hugoud, représentant la commune de Fontenay-sous-Bois.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, agent non titulaire, a été recrutée en qualité de puéricultrice, par arrêté du 3 septembre 2014, par la commune de Fontenay-sous-Bois, afin d'exercer les fonctions de directrice de crèche. A la suite d'un malaise subi sur son lieu de travail le 17 décembre 2019, Mme A, titulaire du grade de puéricultrice territoriale de classe normale, a sollicité la reconnaissance de l'imputabilité au service de cet accident, puis a été placée en congé de maladie, suivi en congé de longue maladie. Le 2 avril 2020, le médecin de Mme A a transmis une déclaration de maladie professionnelle, diagnostiquée en date du 31 mai 2018. A l'issue de sa séance du 1er février 2021, la commission de réforme n'a pas émis d'avis sur l'imputabilité au service de l'accident de Mme A et, par ailleurs, a émis un avis défavorable quant à la reconnaissance d'imputabilité au service de sa pathologie. Par deux arrêtés des 12 et 28 avril 2021, dont Mme A demande l'annulation, le maire de Fontenay-sous-Bois a refusé de reconnaître l'imputabilité au service, respectivement, de sa pathologie et de son accident. Par deux décisions du 23 août 2021, notifiées le 14 septembre suivant, dont Mme A demande également l'annulation, le maire de Fontenay-sous-Bois a rejeté ses recours gracieux formés à l'encontre des deux arrêtés.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 12 avril 2021 :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". En vertu de l'article L. 211-5 du même code, la motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision.

3. Il résulte des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci comporte l'ensemble des considérations de fait qui en constituent le fondement, en l'occurrence les éléments médicaux concernant l'état de santé de Mme A ainsi que la teneur de l'avis de la commission de réforme, que la commune a décidé de suivre. Ainsi, le moyen tiré du défaut de motivation en fait dont serait entaché l'arrêté litigieux doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors en vigueur, désormais codifié aux articles L. 822-1 et suivants du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident () Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales () ".

5. L'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 portant diverses dispositions relatives au compte personnel d'activité, à la formation et à la santé et la sécurité au travail dans la fonction publique a institué un " congé pour invalidité temporaire imputable au service " en insérant dans la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires un article 21 bis, désormais codifié aux articles L. 822-21 et suivants du code général de la fonction publique, aux termes duquel : " I. - Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service. / II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. () / IV.- Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. / Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions. / Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat ".

6. L'application des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017 étant manifestement impossible en l'absence d'un texte réglementaire fixant notamment les conditions de procédure applicables à l'octroi du nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service, ces dispositions ne sont donc applicables, s'agissant de la fonction publique territoriale, que depuis l'entrée en vigueur, le 12 avril 2019, du décret du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale, décret dont l'intervention était, au demeurant, prévue par le VI de cet article 21 bis. Il en résulte que les dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, dans leur rédaction antérieure à celle résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017, sont demeurées applicables jusqu'à l'entrée en vigueur du décret du 10 avril 2019, soit le 12 avril 2019.

7. Dès lors que les droits des agents en matière d'accident de service et de maladie professionnelle sont réputés constitués à la date à laquelle l'accident est intervenu ou la maladie a été diagnostiquée, la situation de Mme A, dont le syndrome anxio-dépressif a été diagnostiqué le 31 mai 2018, soit avant l'entrée en vigueur des dispositions précitées de l'article 21 bis de la loi susvisée du 13 juillet 1983, demeurait régie par les dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, citées au point 4.

8. D'une part, aux termes de l'article 16 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, dans sa version alors applicable : " " Sous réserve du deuxième alinéa du présent article, la commission de réforme () est obligatoirement consultée dans tous les cas où un fonctionnaire demande le bénéfice des dispositions de l'article 57 (2°, 2e alinéa) de la loi du 26 janvier 1984 susvisée. Le dossier qui lui est soumis doit comprendre un rapport écrit du médecin du service de médecine préventive compétent à l'égard du fonctionnaire concerné. / Lorsque l'administration est amenée à se prononcer sur l'imputabilité au service d'une maladie ou d'un accident, elle peut, en tant que de besoin, consulter un médecin expert agréé. / La commission de réforme n'est pas consultée lorsque l'imputabilité au service d'une maladie ou d'un accident est reconnue par l'administration. La commission de réforme peut, en tant que de besoin, demander à l'administration de lui communiquer les décisions reconnaissant l'imputabilité ".

9. Contrairement à ce que fait valoir Mme A, il ressort des pièces du dossier que la commission de réforme, saisie par la commune le 25 septembre 2020, s'est prononcée sur sa demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie, par un avis rendu le 1er février 2021, versé au débat. Au demeurant, la mention de cet avis figure sur le courrier adressé le 18 février 2021 par la commune à Mme A, produit par la requérante elle-même et revêtu d'une mention manuscrite attestant de sa réception le 20 février suivant. Ainsi, en l'absence de tout autre élément produit par Mme A, celle-ci n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué aurait été pris au terme d'une procédure irrégulière, et notamment qu'elle n'aurait pas été mise en mesure d'exercer ses droits, en raison de la seule absence d'avis rendu par la commission de réforme. Les moyens ainsi invoqués ne peuvent qu'être écartés.

10. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, notamment de l'avis de la commission de réforme rendu le 1er février 2021, dont la commune a entendu s'approprier la teneur, et des constatations du médecin psychiatre agréé dans son rapport d'expertise établi le 25 août 2020 que la pathologie dépressive affectant Mme A ne présente pas de lien direct avec les conditions de travail de l'intéressée, la commission ayant conclu à l'absence d'imputabilité au service de la pathologie de Mme A. Si la requérante conteste l'appréciation ainsi portée sur l'absence de lien direct avec ses conditions de travail, elle n'apporte, à cet égard, aucun élément probant au soutien du moyen invoqué, notamment en se bornant à se prévaloir des avis rendus par le comité médical départemental, les 2 avril 2020, 2 septembre 2020 et 20 juillet 2021, sur son aptitude à ses fonctions ainsi que l'évolution de son état de santé, dans un contexte professionnel tendu. Or, ainsi que le relève la commune, ces avis avaient pour objet d'éclairer le comité médical départemental sur son aptitude à exercer ses fonctions et, par suite, sur son placement en congé de maladie, puis en congé de longue maladie. Ainsi, ces seuls avis, alors même qu'ils évoquent l'état de santé de la requérante et ses conditions de travail conflictuelles, sont insuffisants, eu égard à leurs objet et portée, à remettre en cause les conclusions médicales du médecin psychiatre agréé ainsi que l'avis rendu, à l'unanimité de ses membres, par la commission de réforme. Par conséquent, eu égard aux seuls éléments invoqués par Mme A à l'appui de son moyen, le maire de Fontenay-sous-Bois n'a pas, en prenant l'arrêté attaqué, porté une appréciation erronée sur sa situation au regard des dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A, tendant à l'annulation de l'arrêté du maire de Fontenay-sous-Bois du 12 avril 2021 et par voie de conséquence, la décision rejetant son recours gracieux, doivent être rejetées.

En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 28 avril 2021 :

12. En application des dispositions et principes énoncés aux points 4 à 6, dès lors que les droits des agents en matière d'accident de service et de maladie professionnelle sont réputés constitués à la date à laquelle l'accident est intervenu ou la maladie a été diagnostiquée, la situation de Mme A, dont l'accident est survenu et a été déclaré le 17 décembre 2019, était régie par les conditions de forme et de fond relatives à l'octroi du congé pour invalidité temporaire imputable au service, prévu par l'article 21 bis précité de la loi du 13 juillet 1983 susvisée.

13. Aux termes de l'article 37-1 du décret du 30 juillet 1987 susvisé : " Le congé prévu au premier alinéa du I de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée est accordé au fonctionnaire, sur sa demande, dans les conditions prévues par le présent titre ". Aux termes de l'article 9 du même décret : " Le médecin du service de médecine préventive prévu à l'article 108-2 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée compétent à l'égard du fonctionnaire dont le cas est soumis au comité médical est informé de la réunion et de son objet. Il peut obtenir s'il le demande communication du dossier de l'intéressé. Il peut présenter des observations écrites ou assister à titre consultatif à la réunion. Il remet obligatoirement un rapport écrit dans les cas prévus aux articles 24, 33 et 37-7 ci-dessous ". Aux termes de l'article 37-7 du même décret : " Lorsque la déclaration est présentée au titre du même IV, le médecin du travail remet un rapport au conseil médical, sauf s'il constate que la maladie satisfait à l'ensemble des conditions posées au premier alinéa de ce IV. Dans ce dernier cas, il en informe l'autorité territoriale ".

14. Il résulte des dispositions précitées du décret du 30 juillet 1987 que la consultation du médecin du service de médecine préventive est constitutive d'une garantie pour le fonctionnaire demandant le bénéfice des dispositions de l'article 21 bis précité de la loi du 13 juillet 1983 susvisée. Dans ce cadre, le médecin de prévention doit remettre au conseil médical un rapport écrit et peut, s'il le demande, obtenir communication du dossier de l'intéressé, présenter des observations écrites ou assister à titre consultatif à la réunion.

15. Il est constant que le dossier soumis au conseil médical qui s'est prononcé le 1er février 2021 sur la demande de Mme A, tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident survenu le 17 décembre 2019, ne comportait pas de rapport écrit du médecin du service de médecine préventive. D'une part, la circonstance, invoquée par la commune, que la requérante aurait été examinée par deux médecins agréés dont un médecin psychiatre, n'est pas de nature à suppléer l'absence du rapport du médecin du service de médecine préventive, dès lors que les missions de ce dernier, notamment rappelées à l'article 108-2 de la loi du 26 janvier 1984, ne se confondent pas avec celles du médecin agréé. D'autre part, si la commune soutient qu'en l'absence de médecin de prévention, dans un contexte de pénurie affectant de nombreuses collectivités, elle se trouvait dans l'impossibilité de saisir un médecin du service de médecine préventive en vue de dresser le rapport préalable à la saisine du conseil médical conformément aux articles 9 et 37-1 du décret du 30 juillet 1987 précité, elle n'établit, ni même n'allègue avoir accompli les diligences nécessaires à l'obtention d'un rapport écrit du médecin du service de médecine préventive, le cas échéant, en prenant à tout le moins l'attache du centre de gestion afin d'y pourvoir. Dans ces conditions, la commune de Fontenay-sous-Bois n'établit pas que l'obligation de transmettre au conseil médical un rapport écrit du médecin du service de médecine préventive constituait une formalité impossible. L'absence d'un tel rapport ayant privé Mme A d'une garantie, la requérante est fondée à soutenir que l'arrêté attaqué a été pris au terme d'une procédure irrégulière, entachant celui-ci d'illégalité.

16. Il résulte de ce qui précède que, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, Mme A est fondée à obtenir l'annulation de l'arrêté du 28 avril 2021 par lequel le maire de Fontenay-sous-Bois a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son accident.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

17. Aux termes des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / () ".

18. Compte tenu du moyen d'annulation retenu à l'encontre de l'arrêté du 28 avril 2021, l'exécution du présent jugement implique nécessairement et seulement que la commune de Fontenay-sous-Bois procède au réexamen de la demande de Mme A tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident survenu le 17 décembre 2019, dans le cadre d'une procédure régulière, conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur à la date de l'engagement des formalités appropriées. Il y a lieu de l'enjoindre d'y procéder dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu de prononcer l'astreinte réclamée.

Sur les frais liés au litige :

19. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

20. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Fontenay-sous-Bois une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du maire de Fontenay-sous-Bois du 28 avril 2021 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint à la commune de Fontenay-sous-Bois de procéder au réexamen de la demande de Mme A tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident survenu le 17 décembre 2019, dans le cadre d'une procédure régulière, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : La commune de Fontenay-sous-Bois versera à Mme A une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Fontenay-sous-Bois au titre des frais exposés et non compris dans les dépens sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Fontenay-sous-Bois.

Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Lopa Dufrénot, présidente,

Mme Leconte, conseillère,

Mme Delon, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.

La rapporteure,

E. DELON

La présidente,

M. LOPA DUFRÉNOTLa greffière,

V. TAROT

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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