vendredi 21 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2110418 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BOISSEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 novembre 2021 et le 10 mai 2022, M. A C, représenté par Me Boisseau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 5 juillet 2021 par laquelle le jury du baccalauréat général session 2021 l'a déclaré admis, ensemble le procès-verbal qui l'a consignée et la décision du 16 septembre 2021 du directeur du service inter académique des examens et concours d'Ile-de-France rejetant le recours gracieux de ses parents ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Paris de reconvoquer le jury afin de redélibérer sur ses notes du baccalauréat général au vu des moyennes de son contrôle continu et de lui délivrer un nouveau relevé de notes définitives correspondant à son contrôle continu et un diplôme de baccalauréat avec la mention idoine dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la délibération est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'est pas établi que le jury ait été régulièrement convoqué, composé et présidé, qu'il n'a pu obtenir la communication du procès-verbal du jury qui a procédé à l'harmonisation de ses notes, qu'aucune information ne confirme la composition du sous-jury ayant délibéré sur l'admission du requérant ;
- la délibération est entachée d'erreur de droit au motif qu'il a été porté atteinte au principe d'équité dès lors que sa note a été baissée de 3,67 points par le jury en spécialité Mathématiques alors que les repères de comparaison entre 2021 et les années 2018 et 2019 sont faussés par l'importante modification des programmes scientifiques et notamment en mathématiques, que la note générale du requérant a été dégradée de presque un point ce qui signifie que d'autres notes ont été harmonisées à la baisse, qu'il n'a pas été tenu compte de son investissement depuis deux ans ni de sa progression, que le jury a abaissé à 15/20 la note obtenue par le requérant au contrôle continu des sciences de l'ingénieur ;
- la délibération est entachée d'erreurs matérielles dès lors que le jury a abaissé sa moyenne à 15,30/20 en sciences de l'ingénieur, alors qu'elle s'établissait à 15,50/20 au regard des notes obtenues en sciences de l'ingénieur et en sciences physiques ;
- les méthodes d'harmonisation sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur matérielle dès lors qu'il n'est pas démontré un écart de 3 points entre les moyennes obtenues en mathématiques par les élèves de terminale S du lycée Pierre-Gilles de Gennes en 2017-2018 et 2018-2019 et celles obtenues dans cette même matière par les élèves ayant choisi la spécialité mathématiques au cours de l'année scolaire 2020-2021 ; en outre, une telle harmonisation est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le jury n'a pas établi l'importance des discordances dont le constat conditionne la mise en œuvre de l'harmonisation et qu'eu égard à la période de confinement qui a duré pendant les deux ans de la préparation des lycéens candidats au baccalauréat 2021 et qui a nui à leur préparation, la baisse appliquée par le jury aux notes de contrôle continu apparaît manifestement disproportionnée et inéquitable ;
- la note de service du 9 juin 2021 est illégale dès lors qu'elle ajoute à l'article 6 du décret n° 2021-737 du 9 juin 2021 en prévoyant une baisse des moyennes ;
- le principe d'anonymat a été méconnu dès lors qu'il n'est pas exclu que le jury ait été en mesure d'identifier l'établissement Pierre-Gilles de Gennes lors de la prise de connaissances des informations prévues à l'article 6 du décret n° 2021-737 du 9 juin 2021.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 mars 2022, le directeur du service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt à agir du requérant contre une décision favorable ;
- la décision du 2 novembre 2021 portant refus de communication du procès-verbal de délibération du jury du baccalauréat général de l'académie de Paris relève d'un litige distinct et est sans incidence sur la légalité de la délibération attaquée ;
- le moyen tiré des vices de procédure entachant la délibération attaquée tirés de la composition irrégulière et du défaut de réunion du jury du baccalauréat doit être écarté dès lors qu'il ressort de l'arrêté du 15 juin 2021 que le recteur de l'académie de Paris a régulièrement nommé les membres du jury du baccalauréat général session 2021, et que le procès-verbal de délibération du jury du 5 juillet 2021, signé par la présidente du jury du baccalauréat général de l'académie de Paris, atteste de la réunion effective de ce jury à l'issue des épreuves du premier groupe ;
- le moyen tiré de l'atteinte au principe d'équité doit être écarté dès lors que le jury d'examen disposait de la faculté d'harmoniser ces moyennes annuelles à l'échelle d'un établissement au regard des informations statistiques disponibles sans que cela ne constitue une violation du principe d'équité entre les candidats, les notes renseignées dans les livrets scolaires avaient un caractère provisoire et ne constituaient qu'un des éléments d'appréciation à disposition du jury chargé d'arrêter les notes définitives des candidats, que le requérant n'établit pas que l'enseignement de mathématiques délivré en 2017/2018 et 2018/2019 ne constituait pas un enseignement comparable à celui dispensé en 2020/2021, qu'il n'est pas établi que le jury aurait harmonisé sa note d'épreuve du grand oral alors même que le jury ne procède pas à l'harmonisation d'une épreuve en l'absence de tout texte le prévoyant expressément ;
- le moyen tiré de l'atteinte au principe d'anonymat des candidats doit être écarté dès lors que les membres du jury du baccalauréat général session 2021 de l'académie de Paris ont obtenu pour chaque établissement scolaire un " code établissement transcodé " anonymisé, distinct du code unique inscrit dans le répertoire national des établissements et que le jury n'avait connaissance ni de l'identité des candidats du lycée Pierre-Gilles de Gennes ni du nom de cet établissement en harmonisant les notes provisoires de ces candidats ;
- les moyens tirés de l'erreur matérielle, de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés dès lors que l'harmonisation à la baisse de la moyenne annuelle de 11,5/20 du requérant dans l'enseignement de spécialité de mathématiques est justifiée au regard des informations statistiques disponibles sur le lycée Pierre-Gilles de Gennes.
Par une lettre du 12 mai 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 3 juin 2022 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 15 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2021-209 du 25 février 2021 relatif à l'organisation de l'examen du baccalauréat général et technologique de la session 2021 pour l'année scolaire 2021-2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Blanc, conseillère,
- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,
- et les observations de Me Schroeder substituant Me Boisseau, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, scolarisé en classe de terminale au sein du lycée Pierre-Gilles de Gennes à Paris en 2020/2021, s'est inscrit à la session de juin 2021 du baccalauréat général. A l'issue des épreuves du 1er groupe, le requérant a été déclaré admis au baccalauréat général session 2021 par délibération du 5 juillet 2021 du jury d'examen avec une moyenne générale de 11,33/20. Par un courrier du 7 juillet 2021, M. C, son père, a introduit un recours gracieux tendant à la révision des notes définitives attribuées à son fils au titre des épreuves de mathématiques et de sciences de l'ingénieur du baccalauréat général. Son recours a été expressément rejeté par une décision du 16 septembre 2021 du directeur du service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France. Par la présente requête, le requérant demande l'annulation de la délibération par laquelle le jury du baccalauréat général session 2021 l'a déclaré admis, ensemble le procès-verbal qui l'a consignée et la décision du 16 septembre 2021 rejetant le recours gracieux tendant à la révision de la note obtenue aux épreuves de mathématiques et de sciences de l'ingénieur.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article D. 334-20 du code de l'éducation : " La délivrance du baccalauréat général résulte de la délibération du jury qui est souverain ". Aux termes de l'article D. 334-21 du même code : " Les membres des jurys mentionnés à l'article D. 334-20 sont désignés par le recteur d'académie. / Les jurys sont présidés par un professeur des universités ou un maître de conférences nommé par le recteur d'académie sur proposition des présidents d'université. / Les présidents de jurys peuvent être assistés ou suppléés par des présidents adjoints choisis par le recteur d'académie parmi les professeurs agrégés ou, à défaut, parmi les professeurs certifiés de l'enseignement du second degré exerçant dans un établissement d'enseignement public. / Pour la composition des jurys du baccalauréat, il peut être fait appel aux personnels appartenant aux catégories suivantes : / 1° Professeur des universités, maître de conférences ou autre enseignant-chercheur, membre du personnel enseignant des autres établissements publics d'enseignement supérieur, en activité ou à la retraite ; / 2° Inspecteur d'académie-inspecteur pédagogique régional ; / 3° Professeur de l'enseignement public du second degré exerçant ou ayant exercé dans les classes de seconde, première et terminales des lycées d'enseignement général et technologique et des lycées d'enseignement général et technologique agricoles ; / 4° Professeur agrégé, certifié, adjoint d'enseignement, affecté dans les établissements d'enseignement privés sous contrat d'association, maître contractuel des établissements d'enseignement privés sous contrat d'association qui bénéficie d'un contrat définitif, exerçant ou ayant exercé dans les classes de seconde, première et terminales des voies de formation générales et technologiques. / Le recteur d'académie peut nommer des examinateurs adjoints et des correcteurs adjoints pour participer, avec les membres des jurys, à l'évaluation ou à la correction de certaines épreuves. Les examinateurs et correcteurs adjoints peuvent, le cas échéant, participer aux délibérations des jurys avec voix consultative pour l'attribution de notes se rapportant aux épreuves qu'ils ont évaluées ou corrigées. () ". Enfin, aux termes de l'article 5 du décret n° 2021-209 du 25 février 2021 relatif à l'organisation de l'examen du baccalauréat général et technologique de la session 2021 pour l'année scolaire 2020-2021 : " Les présidents des jurys mentionnés aux articles D. 334-21 et D. 336-20 du code de l'éducation peuvent être assistés d'un inspecteur général de l'éducation, du sport et de la recherche, président adjoint du jury, nommé par le recteur d'académie. / Sauf décision contraire du recteur d'académie, le jury prévu aux articles D. 334-20 et D. 336-19 du code de l'éducation est compétent pour l'ensemble de l'académie. Il peut organiser ses travaux en sous-jury selon le nombre de candidats. Dans cette hypothèse, au moins un représentant de chaque sous-jury participe à la délibération finale. / Les membres du jury peuvent participer, à l'initiative du président du jury, aux réunions et délibérations par tout moyen de télécommunication permettant leur identification et garantissant leur participation effective ainsi que la confidentialité des débats ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ". Il résulte de ces dispositions que, s'agissant de la délibération d'un jury d'examen, il est satisfait aux exigences découlant de cet article dès lors qu'une telle délibération porte la signature du président du jury accompagnée des mentions, en caractères lisibles, de son prénom, de son nom et de sa qualité.
4. Le requérant soutient qu'il n'est pas établi que le jury ait été régulièrement convoqué, composé et présidé. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le recteur de l'académie de Paris a régulièrement nommé les membres du jury du baccalauréat général de la session 2021 par un arrêté du 15 juin 2021. Ainsi, Mme D a été nommée présidente du jury en qualité de maître de conférences et Mme B a été nommée présidente adjointe du jury en qualité d'inspectrice générale de l'éducation, du sport et de la recherche conformément aux dispositions précitées au point 3. Les professeurs de l'enseignement public du second degré en annexe de cet arrêté ont également été nommés membres du jury du baccalauréat général de l'académie de Paris, session de juin 2021. En outre, il est constant que le procès-verbal de délibération du jury du 5 juillet 2021 a été signé par la présidente du jury et qu'il comporte la mention, en caractères lisibles, de son prénom, de son nom et de sa qualité. Par ailleurs, alors que ce procès-verbal atteste de la réunion du jury dont la composition avait été fixée par l'arrêté rectoral du 15 juin 2021, en produisant un article de presse ainsi qu'un communiqué syndical, le requérant n'établit pas l'irrégularité de la composition du jury qu'il allègue. Par ailleurs, le requérant n'assortit pas davantage le moyen tiré de la convocation irrégulière de ce jury de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé en se bornant à évoquer des suspicions d'irrégularités alors même qu'aucune disposition législative ou réglementaire n'encadre les modalités de convocation des membres du jury. Enfin, si le requérant soutient qu'il n'est pas établi que le sous-jury ait été régulièrement composé, convoqué et que les modalités de ses délibérations soient conformes aux dispositions de l'article D. 334-21 du code de l'éducation, ces dispositions n'encadrent pas les modalités de composition et de convocation des sous-jury. Par suite, les moyens tirés de vices de procédure doivent être écartés.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article D. 334-9 du code de l'éducation : " () / Le jury délibère sans avoir connaissance des nom et prénom du candidat ainsi que du nom de son établissement d'origine ".
6. Si le requérant soutient qu'il n'est pas établi que le jury ait délibéré sans avoir connaissance du nom de son établissement d'origine, il n'apporte aucun élément au soutien de cette allégation en se bornant à soutenir que la seule consultation des moyennes par le jury implique nécessairement la connaissance du nom de l'établissement d'origine. En outre, il ressort des pièces du dossier et n'est pas utilement contesté par le requérant que les membres du jury ont été destinataires d'un " code établissement transcodé " anonymisé afin d'identifier les moyennes annuelles des élèves de terminale des années scolaires 2017/2018 et 2018/2019 ainsi que les moyennes obtenues aux épreuves terminales des sessions 2018 et 2019, renseignées dans un tableau statistique. En outre, s'agissant des données relatives aux notes issues des moyennes annuelles des livrets scolaires des candidats d'un même établissement, celles-ci étaient disponibles, pour chaque discipline, sur un service d'informations numériques accessible à l'aide du code établissement anonymisé. Ainsi, les membres du jury n'avaient connaissance, ni de l'identité des candidats, ni du nom de leur établissement. Par suite, le moyen tiré de la rupture de l'anonymat doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 331-1 du code de l'éducation : " Lorsqu'une part de contrôle continu est prise en compte pour la délivrance d'un diplôme national, l'évaluation des connaissances des candidats s'effectue dans le respect des conditions d'équité. / () ". Aux termes de l'article 6 du décret n° 2021-209 du 25 février 2021 relatif à l'organisation de l'examen du baccalauréat général et technologique de la session 2021 pour l'année scolaire 2020-2021 : " Les notes définitives résultent de la délibération du jury. Par dérogation aux articles D. 334-9, D. 334-10, D. 336-9 et D. 336-10, les éléments d'appréciation dont dispose le jury au titre des épreuves des premier et second groupes sont : / 1. Les notes provisoires retenues au titre des épreuves anticipées du baccalauréat ; / 2. Les moyennes annuelles retenues au titre des évaluations communes et des épreuves terminales des enseignements de spécialité pour les enseignements concernés ; / 3. Les notes obtenues à la première série d'évaluations communes ; / 4. Les notes obtenues aux épreuves terminales pour les enseignements concernés ; / 5. Les notes obtenues aux épreuves de contrôle du second groupe, le cas échéant ; / 6. Pour certaines épreuves, les notes et les appréciations des professeurs portant sur les résultats obtenus en cours d'année scolaire accompagnées, le cas échéant, de travaux ou de comptes rendus de travaux réalisés par le candidat ; / 7. Pour certaines épreuves, les notes attribuées aux candidats par les examinateurs, accompagnées le cas échéant de leurs appréciations, des travaux ou comptes rendus de travaux des candidats ; / 8. Le livret scolaire. Le jury prend connaissance des notes issues des moyennes annuelles des livrets scolaires ou des relevés de notes en tenant lieu, retenues au titre des évaluations communes et des évaluations ponctuelles de la classe de terminale, des épreuves terminales des enseignements de spécialité, et de l'épreuve terminale de philosophie. Il s'assure qu'il n'existe pas de discordance manifeste entre elles. Il peut procéder à une harmonisation des notes issues des moyennes annuelles des livrets scolaires ou des relevés de notes, retenues au titre des évaluations communes et des évaluations ponctuelles de la classe de terminale, des épreuves terminales des enseignements de spécialité, et le cas échéant de l'épreuve terminale de philosophie. Il peut s'appuyer, le cas échéant, sur des informations administratives disponibles sur l'établissement d'origine du candidat, notamment les taux de réussite et de mentions attribuées lors des trois dernières sessions du baccalauréat général et technologique, les moyennes annuelles du livret scolaire des élèves de terminale des années scolaires 2017-2018 et 2018-2019 dans les enseignements comparables ainsi que sur les notes obtenues par les candidats des sessions 2018 et 2019 aux épreuves terminales à ces mêmes enseignements ".
8. Il résulte de ces dispositions que l'harmonisation des notes du contrôle continu est destinée à garantir l'égalité dans l'évaluation des candidats. Aux termes de ces dispositions, le jury doit s'assurer qu'il n'existe pas de discordance manifeste entre les notes issues des moyennes annuelles des livrets scolaires retenues au titre des évaluations communes de la classe de terminale et des épreuves terminales des enseignements de spécialité. Il peut procéder à une harmonisation des notes issues des moyennes annuelles des livrets scolaires retenues au titre des évaluations communes de la classe de terminale et des épreuves terminales des enseignements de spécialité, en s'appuyant, le cas échéant, sur les moyennes annuelles du livret scolaire des élèves de terminale des années scolaires antérieures dans les enseignements comparables et sur les notes obtenues par les candidats des sessions 2018 et 2019 aux épreuves terminales à ces mêmes enseignements.
9. Contrairement aux allégations du requérant, ainsi qu'il a été exposé au point 8, l'harmonisation opérée par le jury du baccalauréat ne méconnaît pas le principe d'équité entre les candidats au vu des objectifs fixés par l'article 6 du décret précité. En outre, si le requérant se prévaut d'une importante modification des programmes en mathématiques, il n'établit pas que l'enseignement dispensé en 2017/2018 et 2018/2019 ne constituait pas un enseignement comparable à celui dispensé en 2020/2021, alors qu'en tout état de cause l'ensemble des candidats à la session 2021 du baccalauréat se sont vus appliquer cette règle. Par ailleurs, si le requérant soutient que sa moyenne globale révèle une harmonisation globale, il est constant que seule une partie des notes d'épreuves du baccalauréat général 2021 a été attribuée à partir des moyennes annuelles de la classe de terminale et que la seule circonstance qu'un écart de points existe entre la moyenne des évaluations communes n'est pas de nature à établir que d'autres notes ont été harmonisées par le jury. En tout état de cause, l'évaluation faite par le jury relève de son appréciation souveraine. Enfin, son investissement, sa progression et les conditions dans lesquelles sa scolarité s'est déroulée sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré d'une atteinte au principe d'équité doit être écarté.
10. En quatrième lieu, contrairement aux allégations du requérant, les dispositions précitées de l'article 6 du décret n° 2021-209 du 25 février 2021 n'ont pas pour objet, ni pour effet d'interdire de procéder à une harmonisation des notes à la baisse. Ainsi, la note de service du 9 juin 2021 relative aux modalités d'organisation de l'examen du baccalauréat général et technologique de la session 2021 ne méconnaît pas les dispositions de l'article 6 du décret n° 2021-209 du 25 février 2021 en précisant que le jury peut décider de modifier, à la hausse ou à la baisse, la note prise en compte à partir de la moyenne annuelle du candidat et n'édicte pas des règles à caractère statutaire qui ajouteraient illégalement à ces dispositions. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la note de service du 9 juin 2021 doit être écarté.
11. En cinquième lieu, le requérant soutient que l'harmonisation des notes issues des moyennes annuelles des livrets scolaires ou des relevés de notes est entachée d'une erreur matérielle, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'est pas démontré la pertinence d'un écart de trois points entre les moyennes annuelles obtenues en mathématiques par les élèves de terminale S du lycée Pierre-Gilles de Gennes en 2017-2018 et 2018-2019 et celles obtenues dans cette même matière par les élèves ayant choisi la spécialité mathématiques au cours de l'année scolaire 2020-2021 ni de la pertinence d'un écart d'un point concernant la matière sciences de l'ingénieur, que le jury n'a pas établi l'importance des discordances dont le constat conditionne la mise en œuvre de l'harmonisation et que la moyenne obtenue en sciences de l'ingénieur est entachée d'une erreur matérielle. Toutefois, d'une part, il n'appartient pas au juge de l'excès de pouvoir de se prononcer sur l'appréciation portée par un jury d'examen sur les capacités et la valeur des prestations des candidats, ni sur l'appréciation de l'harmonisation entre les candidats, qui relèvent de l'appréciation souveraine du jury. D'autre part, conformément aux règles édictées au point 6, le jury d'examen disposait des moyennes annuelles du livret scolaire des élèves de terminale générale des années scolaires 2017/2018 et 2018/2019 de l'établissement d'origine de l'élève et des notes obtenues par les candidats dudit lycée aux épreuves terminales du baccalauréat général lors des sessions 2018 et 2019. Compte tenu de l'écart de la moyenne annuelle avec celles obtenues aux épreuves terminales lors des sessions 2018 et 2019, le jury d'examen a décidé de baisser de trois points la note issue des moyennes annuelles 2020/2021 de mathématiques de l'ensemble des candidats au baccalauréat présentés par le lycée Pierre-Gilles de Gennes dès lors que la moyenne des moyennes annuelles renseignées sur les livrets scolaires des élèves de terminale générale du lycée au titre de l'enseignement de spécialité de mathématiques s'élevait, pour l'année scolaire 2020/2021, à 12,8/20 alors que les notes moyennes obtenues aux épreuves terminales des sessions 2018 et 2019 s'élevaient à 8,9/20, ce qui représente une différence de 3,9 points arrondie à environ 3 points en faveur des élèves. Il a également décidé de baisser d'un point la note issue des moyennes annuelles 2020/2021 de sciences de l'ingénieur de l'ensemble des candidats au baccalauréat présentés par ce lycée dès lors que la moyenne des moyennes annuelles renseignées sur les livrets scolaires des élèves de terminale du lycée au titre de l'enseignement de la 1ère partie de l'épreuve de sciences de l'ingénieur s'élevait, pour l'année scolaire 2020/2021 à 13,4/20 alors que les notes moyennes obtenues aux épreuves terminales des sessions 2018 et 2019 s'élevaient à 11,5/20, ce qui représente une différence de 1,9 points arrondie à un point en faveur des élèves. Enfin, si le requérant soutient que la note d'épreuve de spécialité de sciences de l'ingénieur est entachée d'une erreur matérielle dès lors qu'il aurait dû obtenir la note de 15,5/20, il ressort de la note de service n° 2020-034 du 11 février 2020 que " la note finale sur 20 points de l'épreuve de spécialité sciences de l'ingénieur est obtenue en multipliant par 0,75 la note sur 20 points de la partie science de l'ingénieur et par 0,25 la note sur 20 points de la partie sciences physiques et en additionnant ces deux résultats ". Ainsi, dès lors que le requérant a obtenu la note de 15/20 à la première partie de l'épreuve de spécialité sciences de l'ingénieur et 16/20 à la seconde partie de cette épreuve, c'est sans commettre d'erreur matérielle que le jury d'examen lui a attribué la note de 15,30/20 à l'épreuve de spécialité sciences de l'ingénieur. Par suite, les moyens tirés des erreurs matérielles, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
12. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, que les conclusions du requérant à fin d'annulation de la délibération par laquelle le jury du baccalauréat général session 2021 l'a déclaré admis, ensemble le procès-verbal qui l'a consignée et la décision du 16 septembre 2021 rejetant le recours gracieux tendant à la révision des notes obtenues aux épreuves de mathématiques et du grand oral doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée au service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Jeannot, première conseillère,
Mme Blanc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2023.
La rapporteure,
T. BLANCLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
V. GUILLEMARD
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026