jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2110493 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SIMSEK MORGANE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 novembre 2021, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 octobre 2021 par laquelle le préfet du Val-de-Marne a rejeté la demande de regroupement familial qu'il a déposée le 14 octobre 2019 au bénéfice de son épouse ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne d'autoriser le regroupement familial au bénéfice de son épouse.
M. B soutient que :
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 438-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; s'il est exact que son revenu brut mensuel moyen calculé sur les douze mois précédant le dépôt de sa demande le 14 octobre 2019 était inférieur au seuil minimum de 1 450 euros, sa situation professionnelle a changé depuis le 1er mars 2021 ; depuis cette date, il perçoit une rémunération mensuelle de 2 086,25 euros en vertu d'un avenant à son contrat à durée indéterminée à temps complet ; du mois de novembre 2020 au mois d'octobre 2021, il a perçu 22 878,14 euros de revenus soit un revenu brut mensuel moyen de 1 906,51 euros ce qui est supérieur au salaire minimum de croissance mensuel ;
- il réunit toutes les conditions prévues aux articles L. 411-1 et L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir l'autorisation d'être rejoint par son épouse ; il est titulaire d'une carte de résident et compte une ancienneté de séjour en France depuis le 24 août 2014 soit de plus de sept ans ; ni lui ni son épouse ne représentent une menace pour l'ordre public et ils respectent les valeurs et lois républicaines françaises ; il n'est pas connu des services de police ou de justice, et il n'est pas en situation de polygamie ; il travaille sans interruption et promet de subvenir aux besoins de sa famille.
La requête a été communiquée à la préfete du Val-de-Marne qui n'a pas présenté de mémoire en défense.
Par ordonnance du 14 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 14 mai 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de Mme Letort, rapporteure publique,
- et les observations de Me Simsek, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant turc né le 15 décembre 1993 à Nurhak, titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 22 novembre 2027 a présenté, le 14 octobre 2019, une demande de regroupement familial au profit de son épouse. Par une décision du 12 octobre 2021, la préfète du Val-de-Marne a rejeté sa demande. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ; / 2° Il dispose ou disposera à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique ; / 3° Il se conforme aux principes essentiels qui, conformément aux lois de la République, régissent la vie familiale en France, pays d'accueil ". Aux termes de l'article L. 434-8 du même code : " Pour l'appréciation des ressources mentionnées au 1° de l'article L. 434-7 toutes les ressources du demandeur et de son conjoint sont prises en compte, indépendamment des prestations familiales, de l'allocation équivalent retraite et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles, à l'article
L. 815-1 du code de la sécurité sociale et aux articles L. 5423-1 et L. 5423-2 du code du travail. Ces ressources doivent atteindre un montant, fixé par décret en Conseil d'Etat, qui tient compte de la taille de la famille du demandeur et doit être au moins égal au salaire minimum de croissance mensuel et au plus égal à ce salaire majoré d'un cinquième. / () ". Aux termes de l'article
R. 434-4 de ce code : " Pour l'application du 1° de l'article L. 434-7, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à:/ 1° Cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes ; / () ".
3. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que le caractère suffisant du niveau de ressources du demandeur est apprécié sur la période de douze mois précédant le dépôt de la demande de regroupement familial, par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum interprofessionnel de croissance au cours de cette même période, même si, lorsque ce seuil n'est pas atteint au cours de la période considérée, il est toujours possible, pour le préfet, de prendre une décision favorable en tenant compte de l'évolution des ressources du demandeur, y compris après le dépôt de la demande.
4. Il est constant que M. B, employé sous contrat à durée indéterminée (CDI) à temps plein par la société TBE depuis le 21 avril 2017, justifie de ressources d'un montant mensuel moyen de 1 450 euros brut sur la période de douze mois précédant sa demande de regroupement familial, inférieur au montant mensuel moyen du salaire minimum de croissance mensuel sur cette même période qui s'élève à 1 515 euros (1 498,47 euros brut en 2018 et 1 521,22 euros brut en 2019 et 1 498,47 euros brut en 2018). Toutefois, le requérant, qui se prévaut d'un changement dans sa situation professionnelle à compter du 1er mars 2021, lié à une augmentation sensible de sa rémunération brute mensuelle, produit douze bulletins de salaire pour la période courant du mois de novembre 2020 au mois d'octobre 2021 pour un montant brut total de 20 262,98 euros de salaires ainsi qu'un avis de paiement de la caisse du Nord-Ouest des Bâtiments et Travaux Publics du 9 juillet 2021 au titre des congés intempéries d'un montant net de 1 969,13 euros soit un montant brut de 2 513,88 euros ainsi que cela ressort du décompte de paiement produit. La circonstance que les bulletins de salaire ne couvrent pas l'intégralité de la période de référence correspondant aux douze mois précédant la décision en litige, soit du mois d'octobre 2020 au mois de septembre 2021, est, dans les circonstances de l'espèce, sans incidence. En effet, à supposer même que M. B, qui n'a pas produit de bulletin de salaire pour le mois d'octobre 2020, n'ait reçu aucun salaire au cours de ce mois, il justifie sur la période de douze mois antérieure à la décision critiquée d'un montant brut total de 18 434,29 euros de salaires auquel il convient d'ajouter le montant brut de 2 513,88 euros d'indemnités au titre des congés intempéries. M. B justifie ainsi d'un revenu mensuel brut d'un montant moyen de 1 745,58 euros au cours de la période de référence, supérieur au montant moyen brut du salaire minimum interprofessionnel de croissance qui s'élevait à 1 539,42 euros en 2020 et à 1 554,58 euros en 2021. Il s'ensuit qu'en rejetant la demande de regroupement familial présentée par M. B au seul motif qu'il ne réunissait pas les conditions de ressources, la préfète du Val-de-Marne a méconnu les dispositions de l'article L. 434-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non celles de l'article L. 438-8, qui ne correspondent à aucun article de ce code et que M. B a, sans être assisté d'un avocat, invoqué par erreur.
5. Il résulte de tout ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 12 octobre 2021 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a rejeté sa demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
7. Eu égard au motif d'annulation énoncé au point 4 ci-dessus, le présent jugement implique nécessairement que la préfète du Val-de-Marne délivre l'autorisation de regroupement familial sollicitée, sous réserve d'un changement dans la situation de fait ou de droit de l'intéressé. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, d'autoriser le regroupement familial sollicité par M. B au bénéfice de son épouse dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 12 octobre 2021 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a rejeté la demande de regroupement familial présentée par M. B le 14 octobre 2019 au bénéfice de son épouse est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne ou à tout autre préfet territorialement compétent d'autoriser le regroupement familial sollicité par M. B au bénéfice de son épouse dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
M. Delmas, premier conseiller,
Mme Réchard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
Le rapporteur,
S. C
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,
C. RICHEFEU
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026