mercredi 20 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2110570 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ARVIS & KOMLY-NALLIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 novembre 2021 et le 15 janvier 2022, Mme B, représentée par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 août 2021 par laquelle le ministre de l'éducation nationale a prononcé à son encontre la sanction disciplinaire de révocation ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'éducation nationale de la réintégrer dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de retirer dans le même délai l'ensemble des pièces de la procédure disciplinaire de son dossier administratif individuel ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision :
- est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte en l'absence de délégation, régulièrement adoptée, publiée et suffisamment précise ;
- est entachée d'un vice de procédure, faute pour le ministère de faire preuve d'une consultation régulière du conseil de discipline, et d'un avis motivé rendu par ce dernier ;
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- est entachée d'une erreur de fait dans les manquements qui lui sont reprochés dès lors que la matérialité des faits n'est pas établie ou qu'ils ne sont pas constitutifs de fautes disciplinaires :
- est entachée d'une erreur de qualification juridique quant aux manquements aux obligations déontologiques et professionnels ;
- est entachée d'une disproportion en ce qui concerne la sanction prononcée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2023, le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 82-451 du 28 mai 1982 ;
- le décret n° 84-961 du 25 octobre 1984 ;
- le décret n° 2011-1317 du 17 octobre 2011 ;
- l'arrêté du 5 octobre 2005 portant délégation de pouvoirs des ministres chargés de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports aux recteurs d'académie en matière de recrutement et de gestion de certains personnels stagiaires et titulaires relevant des ministres chargés de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports ;
- l'arrêté du 7 avril 2014 instituant des commissions administratives paritaires compétentes à l'égard des attachés d'administration de l'Etat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rehman-Fawcett,
- les conclusions de M. Lacote, rapporteur public,
- et les observations de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, attachée d'administration de l'Etat, a été affectée en qualité de gestionnaire au collège Fernande Flagon de Valenton à compter du 1er septembre 2014. A compter du 1er septembre 2015, elle a été affectée en tant que gestionnaire au collège Monthethy de Pontault-Combault. Par un arrêté du 3 avril 2018, elle a été reconnue inapte provisoirement à exercer ses fonctions. A compter du 1er novembre 2018, elle a été affectée au collège Jules Vallès de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne). A la suite de plusieurs rapports de la cheffe d'établissement, elle a été informée, par lettre du 20 mai 2021, de l'engagement d'une procédure disciplinaire à son encontre. Le 29 juin 2021, la commission administrative paritaire siégeant en formation disciplinaire au rectorat de Créteil a émis un avis favorable à une sanction de révocation. Par un arrêté en date du 24 août 2021 notifié en lettre recommandée avec accusé de réception, une sanction de révocation a été prononcée à son encontre, à compter du 18 septembre 2021. Mme B demande au tribunal, l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, en vertu de l'article 1er du décret du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du gouvernement, les directeurs d'administration centrale peuvent signer au nom du ministre et par délégation, à compter du jour suivant la publication au journal officiel de la République française de l'acte les nommant dans leurs fonctions ou à partir du jour où il prend effet, l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relatifs aux affaires des services placés sous leur autorité. Par décret du 2 octobre 2019, publié au journal officiel de la République française du 3 octobre 2019, M. C D, auteur de l'arrêté du 24 août 2021, a été nommé directeur des ressources humaines du ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports et du ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. Dès lors, M. C D disposait d'une délégation de signature lui permettant de signer l'arrêté attaqué. Le moyen tiré de son incompétence doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligation des fonctionnaires, désormais codifié aux articles L. 532-1 et suivants du code général de la fonction publique : " () Le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à la communication de l'intégralité de son dossier individuel et de tous les documents annexes et à l'assistance de défenseurs de son choix. L'administration doit informer le fonctionnaire de son droit à communication du dossier. Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe par les dispositions statutaires relatives aux fonctions publiques de l'Etat, territoriale et hospitalière ne peut être prononcée sans consultation préalable d'un organisme siégeant en conseil de discipline dans lequel le personnel est représenté. / L'avis de cet organisme de même que la décision prononçant une sanction disciplinaire doivent être motivés ".
4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué du 24 août 2021, qui vise les dispositions législatives et règlementaires applicables ainsi que les rapports de la principale du collège Jules Vallès du 10 octobre 2019 et du 25 janvier 2020, dans lesquels sont détaillés les faits reprochés à Mme B ainsi que les dates auxquelles ils se sont produits, précise les griefs retenus à son encontre pour justifier la sanction, en mentionnant notamment qu'elle a commis " des erreurs et négligences dans l'accomplissement de ses missions, concernant notamment la gestion financière et budgétaire, en ouvrant des lignes budgétaires par des décisions budgétaires modificatives sans en informer la cheffe d'établissement et sans aucune justification " ; qu'elle s'est " absentée de nombreuses fois de son lieu de travail sans en demander l'autorisation, ni en justifier la raison pour certaines de ses absences, malgré plusieurs rappels à la règlementation en la matière et à ses obligations " ; qu'elle a " manqué à son obligation d'obéissance hiérarchique en n'organisant pas le travail des agents administratifs et techniques en lien avec la cheffe d'établissement " ; qu'en raison des dysfonctionnements de la régie d'avances et de recettes l'agent comptable lui a retiré son accréditation ; qu'elle a manqué " à son obligation d'exemplarité en utilisant de manière répétée le véhicule de service à des fins personnelles, sans prévenir ni se préoccuper des conséquences sur les tâches à accomplir de l'agent l'utilisant au quotidien et nonobstant les consignes de la principales ", qu'elle " n'a pas adapté la posture que l'administration était en droit d'attendre d'une cadre, malgré plusieurs rappels à ses obligations du recteur de l'académie de Créteil, en remettant régulièrement en question son statut de personnel encadrant, en refusant de faire partie de l'équipe de direction et en ne siégeant pas régulièrement aux instances de l'établissement dont elle est membre de droit ". Dans ces conditions, la motivation ainsi retenue a permis à Mme B de comprendre les motifs de la décision en litige et d'en discuter utilement le bien-fondé, et ce alors même qu'elle ne retranscrit pas les dates auxquelles les faits qui lui sont reprochés se sont produits. Il suit de là que l'arrêté contesté satisfait à l'obligation de motivation prévue par l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 23 décembre 2006 : " Il est créé au ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche un corps d'attachés d'administration de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur, régi par les dispositions du décret du 26 septembre 2005 susvisé et par celles du présent décret. Sa gestion est assurée par le ministre chargé de l'éducation nationale ". Aux termes de l'article 14 de la loi du 11 janvier 1984, codifié aux articles L. 261-1 et suivants du code général de la fonction publique, dans sa rédaction applicable au litige : " Dans chaque corps de fonctionnaires existent une ou plusieurs commissions administratives paritaires comprenant, en nombre égal, des représentants de l'administration et des représentants du personnel. / () / Ces commissions sont consultées sur les décisions individuelles intéressant les membres du ou des corps qui en relèvent ". En vertu du II de l'article 25 du décret du 28 mai 1982 relatif aux commissions administratives paritaires, celles-ci se réunissent en conseil de discipline pour l'examen des propositions de sanction des deuxième, troisième et quatrième groupes de l'échelle des sanctions prévue à l'article 66 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984, codifié à l'article L. 533-1 du code général de la fonction publique. Aux termes de l'article R. 911-87 du code de l'éducation : " Dans les cas visés à l'article 25 du décret n° 82-451 du 28 mai 1982 relatif aux commissions administratives paritaires les délégations de pouvoirs prévues par les articles R. 911-82 à R. 911-89 ou par toute autre disposition réglementaire donnant compétence aux autorités déconcentrées sont subordonnées à la mise en place de la commission administrative paritaire locale compétente auprès de ces autorités. / Pour l'application de ce même article, peuvent être consultées la commission administrative paritaire locale ou à défaut de constitution de cette commission, la commission administrative paritaire nationale ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 7 avril 2014 instituant des commissions administratives paritaires compétentes à l'égard des attachés d'administration de l'Etat : " ()/ Une commission administrative paritaire académique compétente à l'égard des attachés d'administration de l'Etat est, par ailleurs, créée auprès de chaque recteur d'académie. /Les commissions administratives paritaires académiques reçoivent une compétence propre pour toutes les questions entrant dans le champ d'application des dispositions de l'article 25 du décret du 28 mai 1982 modifié susvisé pour lesquelles les recteurs ont reçu une délégation de pouvoirs ". Enfin, aux termes de l'article 7 de l'arrêté du 5 octobre 2005 portant délégation de pouvoirs des ministres chargés de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports aux recteurs d'académie en matière de recrutement et de gestion de certains personnels stagiaires et titulaires relevant des ministres chargés de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports : " Les pouvoirs délégués aux recteurs d'académie en matière de recrutement et de gestion des membres du corps interministériel des attachés d'administration de l'Etat mentionnés au 3 de l'article 1er sont les suivants :() V.- En matière disciplinaire/ 1°Instruction des dossiers disciplinaires et saisine de la commission administrative paritaire académique siégeant en conseil de discipline./2° Sanctions disciplinaires des premier et deuxième groupes mentionnées à l'article 66 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée./3° Sanctions disciplinaires mentionnées aux 1°, 2° et 3° de l'article 10 du décret du 7 octobre 1994 susvisé ".
6. Il résulte de ces dispositions, qu'elles donnent compétence aux recteurs d'académie, d'une part, pour instruire les dossiers disciplinaires et saisir s'il y a lieu la commission administrative paritaire académique pour l'ensemble des sanctions disciplinaires susceptibles d'être infligées aux attachés d'administration de l'Etat et, d'autre part, pour prononcer des sanctions des premier et deuxième groupes à l'encontre de ces fonctionnaires, et compétence au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports pour prononcer à leur encontre une sanction des troisième ou quatrième groupes. Il en résulte également que la commission administrative paritaire académique, lorsqu'elle a été mise en place, est compétente pour rendre un avis préalablement au prononcé de l'une quelconque des sanctions des deuxième, troisième ou quatrième groupes, que la sanction soit prononcée par le recteur d'académie ou par le ministre. Il s'ensuit que la consultation de la commission administrative paritaire académique était régulière. De plus, il ressort des pièces du dossier, que le ministère de l'éducation nationale a versé à la procédure, l'avis de la commission administrative paritaire académique, et que cet avis expose les considérations de droits et de faits à son fondement. Dès lors, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
7. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article 25 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Le fonctionnaire exerce ses fonctions avec dignité, impartialité, intégrité et probité () ". Aux termes de l'article 29 de cette loi : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. " Aux termes de l'article 66 de la loi du 11 janvier 1984 : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes. () / Quatrième groupe : () la révocation ".
8. D'autre part, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
9. Tout d'abord, Mme B conteste la matérialité des faits qui lui sont reprochés. En l'espèce, pour infliger à la requérante la sanction de la révocation, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports s'est fondé sur des " erreurs et négligences dans l'accomplissement de ses missions, concernant notamment la gestion financière et budgétaire " et a relevé que l'intéressée " a fait preuve de carences dans son obligation d'encadrement en se déchargeant sur ses collaborateurs de missions qui lui incombaient ". Les faits ainsi reprochés à l'intéressée sont établis par les pièces du dossier, et notamment par deux rapport sur sa manière de servir, établis par la principale de son collège, le 10 octobre 2019 et le 25 janvier 2019 qui font état de crédits ouverts en doublon, de lignes superflues, et de l'impossibilité pour l'ordonnateur de comprendre la situation financière de l'établissement. De même, il ressort du rapport du 25 janvier 2020, que le 23 janvier 2020, la requérante était dans l'incapacité d'identifier la ligne budgétaire sur laquelle était imputée une commande pour des achats liés aux carrefours des métiers. Il ressort également du procès-verbal de la commission administrative paritaire académique du 29 juin 2021, que l'agent comptable a confirmé les erreurs comptables de la requérante. Ce même rapport indique que la cheffe d'établissement a dû prendre la décision de déléguer l'ensemble du suivi des bons de commandes à une secrétaire, compte tenu des erreurs de la requérante. Il s'ensuit que ces faits sont matériellement établis. Au demeurant, Mme B ne peut utilement faire valoir que ces manquements sont le résultat de son inexpérience, car il ressort des pièces de ce dossier qu'elle est en fonction dans des collèges en tant qu'adjointe gestionnaire depuis le 1er septembre 2014.
10. Par ailleurs, si la requérante soutient que les manquements qui lui sont reprochés relatifs à ses missions de gestion matérielle et d'encadrement sont inexacts, il ressort des pièces du dossier, et notamment de deux témoignages de secrétaires du lycée du 25 novembre 2020 et d'un témoignage de la directrice adjointe chargée de la SEGPA du 7 octobre 2020, une absence d'accomplissement par la requérante de ses obligations en matière financière et budgétaire, et notamment de ses obligations d'encadrement à l'égard de ses subordonnés, qui font état de nombreuses absences et d'un refus de répondre à leurs sollicitations. A cet égard, il ressort du témoignage de la directrice adjointe, que cette dernière a été contrainte de reprendre d'elle-même, à compter du 6 octobre 2020, le classeur de suivi des stocks. De plus, il ressort des pièces du dossier que la requérante n'a pas été en mesure de justifier plusieurs des absences qui lui sont reprochées par l'administration. Ainsi, il ressort d'un témoignage d'une professeure membre du conseil d'administration, que la requérante a fait preuve d'" absences répétées au conseil d'administration, son refus sans prévenir de participer à des réunions " conduisant les membres à l'attendre " parfois plus d'une heure, en vain ", sans que celle-ci ne réponde au téléphone. De même, il ressort des pièces du dossier que la requérante a été absente à plusieurs reprises sans justification, sans tenir compte des règles de prévenance et sans se préoccuper des problématiques de désorganisation que son comportement pouvait générer. Il ressort ainsi du procès-verbal de la commission administrative paritaire académique, que plusieurs de ses absences n'ont pas été couvertes par son congé maladie. Il apparaît également que pendant la période de confinement, Mme B n'a pas répondu aux demandes de sa hiérarchie, ne se manifestant pas, restant injoignable, et n'a pas réalisé les tâches qui ne pouvaient pas attendre, tel que le paiement des bourses. Si la requérante fait valoir, les conditions de travail particulièrement difficiles de son établissement, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces conditions de travail fussent difficiles au point d'obérer à ce niveau l'accomplissement de ces missions. Enfin, il ressort des pièces du dossier que la requérante ne conteste pas l'envoi d'un courrier le 7 novembre 2019 à des interlocuteurs extérieurs critiquant le fonctionnement de son établissement, ni l'envoi d'un message " SMS " critiquant ouvertement la principale du collège et contestant ses décisions. Il s'ensuit que les faits relatifs à des manquements à ses devoirs de réserve et à ces obligations professionnelles sont établis. En revanche, le grief tiré de l'utilisation répétée à des fins personnelles, du véhicule de service, n'est étayé par aucune pièce, hormis une allégation de la principale du collège, il sera dès lors écartée comme n'étant pas suffisamment établi.
11. Il suit de ce qui précède que Mme B est seulement fondée à soutenir que le grief tiré de l'utilisation répétée à des fins personnelles, du véhicule de service, est entaché d'une erreur de fait. Néanmoins, les autres griefs retenus aux points 9 et 10, qui sont établis et à l'égard desquels le même moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté, sont constitutifs de manquements aux obligations professionnelles d'un fonctionnaire. Ils sont ainsi de nature à justifier une sanction disciplinaire. Il en résulte que le ministre de l'éducation nationale aurait pris la même décision en se fondant sur ces seuls griefs.
12. En cinquième lieu, Mme B soutient que la sanction qui lui a été infligée est disproportionnée. Il ressort cependant des pièces du dossier que la requérante a fait l'objet d'une sanction de déplacement d'office pour des faits similaires par un arrêté du 4 septembre 2018, entraînant sa prise de fonction au sein du collège Jules Vallès de Choisy-le-Roi. Dans ces circonstances, compte tenu de la réitération du comportement fautif de l'intéressée, en suivant l'avis unanime du 29 juin 2021 de la commission administrative paritaire académique siégeant en formation disciplinaire et en édictant une sanction de révocation, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports n'a pas pris une sanction disproportionnée aux manquements allégués.
13. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles qui tendent à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Ghaleh-Marzban, présidente,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Rehman-Fawcett, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2023.
Le rapporteur,
C. REHMAN-FAWCETT
La présidente,
S. GHALEH-MARZBANLa greffière,
Y. SADLI
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026