mercredi 16 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2110606 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DUBAULT-BIRI & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 19 novembre 2021 et 6 décembre 2022, M. et Mme A B, représentés par Me Dumont, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux mis à leur charge au titre de l'année 2017 ;
2°) de leur accorder le bénéfice des dispositions de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales relatives au sursis de paiement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les requérants soutiennent que :
- la proposition de rectification est entachée d'un défaut de motivation ;
- cette proposition de rectification n'a pas été régulièrement notifiée ;
- l'administration ne leur a pas communiqué les documents sur lesquels elle se fondait ;
- en l'absence de preuves matérielles démontrant que M. B avait la libre disposition des produits stupéfiants, la présomption de l'article 1649 quater 0-B du code général des impôts est inapplicable ;
- le montant de l'imposition est surévalué dès lors que le poids des produits stupéfiants est inférieur à celui retenu et que l'administration aurait dû prendre en compte le prix de vente en gros à un revendeur et non le prix de vente au détail à un consommateur ;
- l'imposition n'étant pas fondée, les pénalités qui en sont l'accessoire ne sont pas dues ;
- l'intérêt de retard de l'article 1727 du code général des impôts constituant une sanction, ils sont en droit d'en demander la limitation au montant de l'intérêt légal ;
- la majoration de 10 % de l'article 1758 A du code général des impôts n'est ni motivée, ni justifiée ;
- la majoration de 80 % de l'article 1758 du code général des impôts est insuffisamment motivée et non fondée ;
- les avis d'imposition sont insuffisamment motivés, ne sont pas signés, ne comportent pas le nom, le prénom et la qualité de son auteur et sont entachés d'une erreur dans l'identification du redevable.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 juin 2022 et 24 septembre 2024, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens développés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Meyrignac ;
- et les conclusions de M. Delmas, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'une perquisition intervenue le 6 avril 2017 et au placement en garde à vue de M. B dans le cadre d'une enquête pour trafic de stupéfiants, l'intéressé a fait l'objet d'un contrôle sur pièces à l'issue duquel il a été rendu destinataire d'une proposition de rectification le 27 avril 2021. Une cotisation d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux au titre de l'année 2017 ont été mis en recouvrement à son encontre le 31 juillet 2021. La réclamation d'assiette présentée le 10 septembre 2021 a été rejetée par décision en date du 8 novembre suivant. Par la requête susvisée, M. et Mme B demandent la décharge des impositions en cause.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales : " Les bases ou éléments servant au calcul des impositions d'office et leurs modalités de détermination sont portées à la connaissance du contribuable trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions () ".
3. D'une part, si les requérants invoquent la méconnaissance des dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales, un tel moyen est inopérant dès lors que, M. B ayant été imposé selon la procédure de taxation d'office, seules les dispositions de l'article L. 76 du même livre sont applicables.
4. D'autre part, la proposition du 27 avril 2021 mentionne les éléments servant au calcul des impositions d'office et leurs modalités de détermination, dès lors qu'elle indique les renseignements qui ont justifié la mise en œuvre de la procédure de présomption de revenu de l'article 1649 quater 0-B du code général des impôts et précise les modalités d'évaluation du revenu présumé au titre de l'année 2017, les prélèvements sociaux applicables ainsi que l'intérêt de retard et les sanctions fiscales. Cette proposition de rectification ne méconnaît donc pas les dispositions précitées de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales.
5. En deuxième lieu, compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet " avis de réception " sur lequel a été apposée la date de vaine présentation du courrier et qui porte, sur l'enveloppe ou l'avis de réception, l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis.
6. Il résulte de l'instruction et notamment de l'enveloppe produite par l'administration du pli contenant la proposition de rectification du 27 avril 2021 que ce pli a été présenté par les services postaux le 11 mai 2021 et a été retourné à l'administration fiscale avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Par ailleurs, si les requérants soutiennent que l'adresse portée sur ce pli était insuffisante, ils ne contestent pas que le préposé de La Poste a bien avisé M. B de la présentation de ce pli, sans mentionner aucune difficulté relative à l'adresse en cause.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ".
8. La proposition de rectification du 27 avril 2021 mentionne que " les renseignements figurant dans la procédure d'enquête 2016/48 " ont été obtenus le 3 février 2021 sur autorisation du juge d'instruction. M. B a donc bien été informé de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels l'administration s'est fondée pour établir l'imposition. L'intéressé n'ayant pas sollicité la copie des documents en cause avant la mise en recouvrement des impositions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales doit être écarté.
9. En quatrième lieu, les avis d'imposition étant des documents destinés à l'information du contribuable postérieurement à l'établissement des rôles d'impôts, les erreurs ou omissions qui peuvent les entacher sont sans influence sur la régularité de la procédure d'imposition.
10. En cinquième lieu, si les requérants mettent en avant le respect des droits de la défense, les devoirs de loyauté, de neutralité de l'administration et de cohérence dans ses relations avec les contribuables en se prévalant du " contrat social ", de la Constitution et de son préambule, de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, du code des relations entre le public et l'administration et de la charte des droits et obligations du contribuable vérifié, ils n'établissent pas en quoi ces principes auraient été méconnus dans le cadre de la procédure suivie par l'administration fiscale.
11. En sixième lieu, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, d'instructions administratives relatives à la procédure d'imposition.
Sur le bien-fondé des impositions :
12. Aux termes de l'article 1649 quater-0 B bis du code général des impôts, dans sa version alors en vigueur : " 1. Lorsqu'il résulte des constatations de fait opérées dans le cadre d'une des procédures prévues aux articles 53, 75 et 79 du code de procédure pénale et que l'administration fiscale est informée dans les conditions prévues aux articles L. 82 C, L. 101 ou L. 135 L du livre des procédures fiscales qu'une personne a eu la libre disposition d'un bien objet d'une des infractions mentionnées au 2, cette personne est présumée, sauf preuve contraire appréciée dans le cadre des procédures prévues aux articles L. 10 et L. 12 de ce même livre, avoir perçu un revenu imposable équivalent à la valeur vénale de ce bien au titre de l'année au cours de laquelle cette disposition a été constatée. La présomption peut être combattue par tout moyen et procéder notamment de l'absence de libre disposition des biens mentionnés au premier alinéa, de la déclaration des revenus ayant permis leur acquisition ou de l'acquisition desdits biens à crédit. () 2. Le 1 s'applique aux infractions suivantes : a. crimes et délits de trafic de stupéfiants prévus par les articles 222-34 à 222-39 du code pénal () ".
13. En premier lieu, si les requérants soutiennent que seule une peine de prison accompagnée d'une amende pécuniaire ordonnée par un juge constitue la voie normale devant sanctionner le délinquant s'adonnant au trafic de stupéfiants et non l'imposition de celui-ci, ils ne contestent pas utilement l'applicabilité des dispositions précitées de l'article 1649 quater-0 B bis du code général des impôts. Par ailleurs, les requérants ne peuvent sérieusement soutenir qu'en imposant ce trafic, les agents de l'administration fiscale se rendraient coupables de complicité de trafic de stupéfiants ni que l'imposition d'un tel trafic reviendrait à en faire bénéficier d'une reconnaissance officielle.
14. En deuxième lieu, il ressort des mentions de la proposition de rectification précitée que les services de police ont effectué, le 6 avril 2017, des perquisitions dans des boxes loués par M. B, situés à Paris, Charenton-le-Pont et Champigny-sur-Marne, dans lesquels ont été découvertes de grandes quantités de résine de cannabis. Les requérants ne combattent pas utilement la présomption de revenu de l'article 1649 quater-0 B bis du code général des impôts en se prévalant de " l'absence de preuves matérielles et intentionnelles reliant de façon certaine M. B aux produits stupéfiants ", alors que ces derniers se trouvaient dans des boxes loués par celui-ci ou dans des véhicules qui y étaient stationnés et qu'il en avait bien, malgré sa dénégation, la disposition.
15. En troisième lieu, l'administration a considéré que les revenus imposables correspondaient au poids de la résine de cannabis, soit 235 370 grammes, multiplié par le prix du gramme de cette résine soit 5 euros, correspondant au prix médian tiré du rapport national de l'Observatoire français des drogues et toxicomanies.
16. D'une part, les requérants soutiennent que l'administration aurait dû déduire du poids les impuretés, dont la présence dans la résine de cannabis saisie a été admise dans un rapport d'analyse toxicologique, ainsi que le poids de l'emballage. Toutefois, à supposer même que les produits stupéfiants présentaient un caractère impur, ces produits avaient, en tout état de cause, vocation à être cédés au poids. Par ailleurs, les requérants n'établissent pas que le poids de l'emballage serait significatif.
17. D'autre part, les requérants soutiennent que l'administration aurait dû prendre en compte le prix de revente au gros à un revendeur soit 1 600 euros le kg et non le prix de vente au détail de 5 euros le gramme. Cependant, si le régime d'imposition prévu par les dispositions de l'article 1649 quater-0 B bis du code général des impôts ne vise pas à imposer les profits issus de la revente, il n'est pas établi, pour autant, que l'intéressé devait bénéficier comme il le soutient d'un prix " de gros ", alors qu'il ne justifie pas des conditions dans lesquelles il exerçait son activité ni par suite de la valeur vénale effective de revente des produits en cause. Le prix retenu demeure de surcroît dans la fourchette basse du prix du gramme médian fourni par l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies, relevé par l'administration fiscale dans sa proposition de rectification.
18. Dans ces conditions, les requérants n'apportent aucun élément susceptible d'invalider la valeur vénale des produits stupéfiants retenue par le service, alors que la charge de la preuve leur incombe s'agissant d'impositions résultant d'une taxation d'office.
Sur l'intérêt de retard :
19. Aux termes de l'article 1727 du code général des impôts : " Le défaut ou l'insuffisance dans le paiement ou le versement tardif de l'un des impôts, droits, taxe, redevances ou sommes établis ou recouvrés par la direction générale des impôts donnent lieu au versement d'un intérêt de retard qui est dû indépendamment de toute sanction ".
20. L'intérêt de retard vise essentiellement à réparer les préjudices de toutes natures subis par l'Etat à raison du non-respect par les contribuables de leurs obligations de déclarer et payer l'impôt aux dates légales. Si l'évolution des taux du marché a conduit à une hausse relative de cet intérêt depuis son institution, cette circonstance ne lui confère pas pour autant la nature d'une sanction dès lors que son niveau n'est pas devenu manifestement excessif au regard du taux moyen pratiqué par les prêteurs privés pour un découvert non négocié. Les dispositions de l'article 6 § 1 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales sont inapplicables dès lors que l'intérêt de retard visé à l'article 1727 du code général des impôts n'est pas une sanction et par suite, n'a pas à être motivé. En outre, les requérants ne sauraient davantage soutenir qu'il incomberait au juge de moduler le taux de l'intérêt de retard et, à tout le moins, de le ramener au niveau de l'intérêt légal.
Sur les majorations :
21. En premier lieu, les requérants soutiennent que les impositions n'étant pas fondées, les pénalités qui en sont l'accessoire doivent être abandonnées. Toutefois, il résulte de ce qui précède que ces impositions sont bien fondées.
22. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1758 A du code général des impôts : " I. - Le retard ou le défaut de souscription des déclarations qui doivent être déposées en vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu ainsi que les inexactitudes ou les omissions relevées dans ces déclarations, qui ont pour effet de minorer l'impôt dû par le contribuable ou de majorer une créance à son profit, donnent lieu au versement d'une majoration égale à 10 % des droits mis à la charge du contribuable ou de la créance indue () ".
23. D'une part, aux termes de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable : " Les décisions mettant à la charge des contribuables des sanctions fiscales sont motivées au sens des articles L. 211-2 à L. 211-7 du code des relations entre le public et l'administration, quand un document ou une décision adressés au plus tard lors de la notification du titre exécutoire ou de son extrait en a porté la motivation à la connaissance du contribuable () ". En l'espèce, la proposition de rectification mentionne ces dispositions et indique que la majoration de 10 % sera appliquée aux suppléments de droits mis en recouvrement. Elle est, ainsi, suffisamment motivée.
24. D'autre part, ni les dispositions de l'article 1758 A du code général des impôts, ni aucune autre disposition législative ou réglementaire, non plus qu'aucun principe général n'imposait en l'espèce à l'administration d'inviter le contribuable à déposer sa déclaration.
25. En troisième lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article 1758 du code général des impôts : " En cas d'application des dispositions prévues à l'article 1649 quater-0 B bis, le montant des droits est assorti d'une majoration de 80 % ".
26. La proposition de rectification du 27 avril 2021 mentionne les dispositions du quatrième alinéa de l'article 1758 du code général des impôts, et énonce les éléments de fait justifiant l'application des dispositions de l'article 1649 quater-0 B bis du même code à la situation de M. B et précise les droits auxquels est appliquée la majoration de 80 % en cause. Par ailleurs, la proposition de rectification comporte la signature d'une inspectrice divisionnaire des finances publiques, justifie l'application des dispositions prévues à l'article 1649 quater-0 B bis du code général des impôts et mentionne que le contribuable peut formuler des observations s'agissant des pénalités dans un délai de trente jours. Dans ces conditions, l'application de la majoration de 80 % prévue par les dispositions précitées du quatrième alinéa de l'article 1758 du code général des impôts est suffisamment motivée.
27. Par ailleurs, si les dispositions précitées de l'article 1649 quater-0 B bis du code général des impôts prévoient un dispositif de présomption de revenus pour les contribuables se trouvant en possession de biens, tels des produits stupéfiants, ou de sommes d'argent provenant du trafic de ces biens, portant notamment atteinte à l'ordre public et à la sécurité publique, cette présomption, qui est établie à partir de constatations de fait opérées dans des procédures pénales précisément définies, peut être combattue par ces contribuables. Ainsi, la majoration de 80 % prévue par les dispositions précitées de l'article 1758 du code général des impôts ne présente pas le caractère d'une sanction automatique. Par ailleurs, cette majoration vise à lutter contre la dissimulation, par les contribuables, de revenus imposables issus d'infractions précisément énumérées. Par conséquent, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'application de la majoration de 80 % appliquée aux revenus issus de la détention de stupéfiants aboutirait à une sanction manifestement disproportionnée.
28. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par M. et Mme B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, leurs conclusions au titre des frais de justice doivent également être rejetées.
Sur les conclusions tendant au sursis de paiement :
29. Le présent jugement se prononce sur le fond de l'affaire. Les conclusions tendant au sursis de paiement des impositions contestées se trouvent donc privées d'objet.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A B et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Le Broussois, président,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Jean, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.
Le rapporteur,
Signé : P. MeyrignacLe président,
Signé : N. Le Broussois
La greffière,
Signé : L. Darnal
La République mande et ordonne au ministre chargé du budget et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026