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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2110667

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2110667

mardi 11 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2110667
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantCHRETIEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 novembre 2021 et le 16 septembre 2022, Mme D A, représentée par Me Chrétien, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 30 août 2021 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée ;

2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer une carte de séjour " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet de Seine-et-Marne de réexaminer sa situation et lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

4°) d'ordonner l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 600 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

La décision portant refus de titre de séjour :

- a été prise par une autorité incompétente ;

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'un vice de procédure en l'absence de production de l'avis médical du collège des médecins de l'OFII ;

- a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que l'avis du collège des médecins de l'OFII n'identifie pas les médecins qui ont siégé et qu'il n'est pas établi que la signature électronique a été apposée par un procédé qui garantisse l'authenticité du document ;

- est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- est entachée d'une inexactitude matérielle ;

- méconnaît les dispositions de l'article L 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- a été prise par une autorité incompétente ;

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La décision fixant le pays de destination :

- doit être annulée en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la même convention ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2021, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 octobre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Félicie Bouchet, première conseillère,

- et les observations de Me Chrétien, avocate de Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante sénégalaise, née le 24 janvier 1979 a, sollicité le renouvellement de la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dont elle était titulaire. Par un arrêté du 30 août 2021 dont Mme A demande l'annulation, le préfet de Seine-et-Marne a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

2. Le signataire de l'arrêté attaqué est M. C B, préfet de Seine-et-Marne, qui en application de l'article R. 122-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est l'autorité compétente pour prendre les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour :

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les textes applicables et mentionne des éléments relatifs à la situation familiale et personnelle de Mme A ainsi que l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Il comporte, ainsi, les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision de refus de renouvellement du titre de séjour. Dans ces conditions, et alors que le préfet de Seine-et-Marne n'avait pas à mentionner de manière exhaustive l'ensemble des éléments de fait se rapportant à la situation de l'intéressée, la décision est suffisamment motivée au sens des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. ".

5. Il ressort des pièces du dossier que l'avis du 3 août 2021, qui a été produit par le préfet de Seine-et-Marne, a été rendu par un collège composé de trois médecins dont l'identité est précisée et qu'il s'est prononcé au regard du rapport établi par un médecin dont l'identité est également précisée, lequel n'a pas siégé en son sein. Contrairement à ce que soutient Mme A, il n'est pas établi que les signatures des trois médecins apposées sur l'avis seraient des signatures électroniques et non originales. En tout état de cause, la requérante n'apporte aucun élément susceptible de remettre en cause l'authenticité des signatures apposées sur cet avis qui, au demeurant ne relève pas du champ d'application de l'article L. 212-3 du code des relations entre le public et l'administration et de l'ordonnance du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée a été prise au terme d'une procédure irrégulière.

6. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment des termes de la décision attaquée que le préfet n'ait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de Mme A.

7. En quatrième lieu, la requérante n'est pas fondée à soutenir, que le préfet de

Seine-et-Marne a entaché sa décision d'une erreur dans la matérialité des faits en indiquant qu'elle ne justifiait pas être dépourvue de liens personnels et familiaux dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 38 ans, du seul fait qu'elle a justifié du décès de ses parents

en 1991 et en 2005 et de la présence de son fils mineur en France.

8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / () / Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. ".

9. Pour refuser à Mme A la délivrance du titre de séjour qu'elle avait sollicité, le préfet de Seine-et-Marne, a relevé, en s'appropriant le sens de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qu'il avait recueilli, que si l'état de santé de la requérante nécessitait une prise en charge médicale, le défaut de cette prise en charge ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que son état de santé lui permettait de voyager sans risque vers son pays d'origine. Il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment du certificat médical de son chirurgien orthopédique et des comptes rendus d'hospitalisation dont se prévaut Mme A, que le défaut de prise en charge médicale devrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet de Seine-et-Marne a fait une inexacte de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

10. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. Mme A fait valoir qu'elle est venue en France en 2017 rejoindre son frère et y recevoir des soins médicaux, qu'elle est séparée de son époux resté au Sénégal, que leur fils mineur l'a rejointe en France en 2018 et y est depuis scolarisé, et qu'enfin elle a engagé de nombreuses démarches d'insertion en obtenant notamment une allocation adulte handicapée. Il ressort, toutefois, des pièces du dossier que Mme A est née en 1979 au Sénégal où elle a vécu jusqu'à son entrée en France en février 2017, qu'à l'exception de la présence de son frère, elle ne justifie pas des liens familiaux et personnels d'une particulière intensité avec la France et qu'elle n'établit pas, malgré le décès de ses parents, être dépourvue de toute attache dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 38 ans et où demeure son époux et père de son fils. Enfin, si Mme A fait valoir qu'elle a été victime de violences commises par son époux puis par des proches qui l'hébergeaient au Sénégal à la suite de son départ du domicile conjugal, elle n'apporte aucun élément permettant d'établir la réalité de ces allégations. Dans ces conditions, eu égard au caractère récent de sa présence et aux conditions de son séjour en France, la décision contestée ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et ne méconnaît pas, ainsi, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

12. En septième et dernier lieu, pour les mêmes raisons que celles exposées précédemment, il n'apparaît pas davantage que le préfet ait commis une erreur manifeste d'appréciation en s'abstenant de faire usage de son pouvoir de régularisation.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3°L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / () ".

14. L'obligation de quitter le territoire français est une mesure de police qui, comme telle, doit être motivée. Néanmoins, cette motivation se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, par conséquent, dès lors que ce refus est lui-même motivé et que les dispositions législatives qui permettent d'assortir le refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire français ont été rappelées, de mention spécifique pour que cette obligation de motivation puisse être regardée comme ayant été respectée. Par suite, eu égard à ce qui a été dit précédemment concernant la décision portant refus de séjour et au fait que l'arrêté vise les dispositions des articles L. 611-1 et L 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

15. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux qui ont été exposés au point 6, Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français a été prise à son encontre sans que le préfet ait procédé à un examen particulier de sa situation personnelle.

16. En troisième lieu, si ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, en application du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'étranger " résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ", il résulte de ce qui a été dit au point 9 que l'état de santé de Mme A ne fait pas obstacle au prononcé d'une obligation de quitter le territoire français.

17. En quatrième lieu et dernier lieu, les moyens tirés la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste commise par le préfet dans l'appréciation des conséquences que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français comporte sur la situation personnelle de la requérante ne peuvent qu'être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9 et 11.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

18. Aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une décision de mise en œuvre d'une décision prise par un autre État, d'une interdiction de circulation sur le territoire français, d'une décision d'expulsion, d'une peine d'interdiction du territoire français ou d'une interdiction administrative du territoire français. ". L'article L. 721-4 du même code prévoit que " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Aux termes de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

19. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen, invoqué par voie d'exception, tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ne peut qu'être écarté.

20. En deuxième lieu, Mme A ne démontre pas qu'elle risquerait, en cas de retour dans son pays d'origine, d'être l'objet de traitements inhumains et dégradants. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.

21. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la décision fixant le pays à destination duquel elle sera renvoyée en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement ne peut qu'être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11.

22. En quatrième et dernier lieu, pour les mêmes raisons que celles qui ont été exposées aux points 11 et 20 il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet ait fait une application erronée des dispositions citées au point 18 en décidant qu'elle pourrait être éloignée à destination du pays dont elle possède la nationalité ou tout pays dans lequel est légalement admissible.

23. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles qui tendent à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et au préfet de Seine-et-Marne.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 24 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Timothée Gallaud, président,

Mme Aurore Perrin, première conseillère,

Mme Félicie Bouchet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.

Le rapporteur,

F. BouchetLe président,

T. Gallaud

La greffière,

O. Dusautois

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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