LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2110682

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2110682

mardi 29 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2110682
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSIMOND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 novembre 2021 sous le n° 2110682, M. C A, demeurant 6 rue du Bac à Charenton-le-Pont (94220), représenté par Me Makouf, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 19 novembre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis :

- l'a obligé à quitter le territoire français ;

- lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire ;

- a fixé le pays de destination ;

- l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de 24 mois ;

2°) d'enjoindre au préfet :

- de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;

- de procéder à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen (SIS) ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais irrépétibles sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;

- il n'a pas été précédé d'un examen sérieux et approfondi de sa situation ;

- il est entaché d'une erreur de fait ;

- il porte une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 janvier 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés le 22 novembre 2022, M. A conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en soutenant, de plus, que :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle repose sur de faits matériellement inexacts puisqu'il est en mesure de justifier de ses démarches entreprises auprès de l'autorité préfectorale, de l'ancienneté de sa présence en France, de sa bonne insertion professionnelle et de ses efforts d'intégration ;

En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :

- il justifie de solides garanties de représentation puisqu'il dispose d'un passeport certes périmé mais dont il a obtenu le renouvellement, a bien déclaré son adresse et en justifie, n'a jamais dissimulé son identité, n'a auparavant jamais fait l'objet d'une mesure coercitive telle que mentionnée au 8° de l'article L.612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a jamais déclaré qu'il entendait s'opposer à une éventuelle mesure d'éloignement ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à sa durée.

Vu :

- l'arrêté litigieux du préfet de la Seine-Saint-Denis en date du 19 novembre 2021 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-10 et suivants du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu, au cours de l'audience publique tenue le 23 novembre 2022 en présence de Mme Aït-Moussa, greffière d'audience, M. Freydefont, magistrat désigné, qui a présenté son rapport.

Ni M. A, requérant, ni le préfet de la Seine-Saint-Denis, défendeur, ne sont présents ou représentés.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 11 heures 20.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () " ; aux termes de l'article L. 614-1 du même code : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. " ; aux termes de l'article L. 614-6 dudit code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. "

2. Par un arrêté en date du 19 novembre 2021 notifié à 18 heures 40 le préfet de la Seine-Saint-Denis a, sur le fondement des 1° et 5° de l'article L. 611-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, obligé M. C A, ressortissant égyptien né le 3 mars 1991, à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de 24 mois. Par la requête susvisée, enregistrée le 21 novembre 2021 à 11 heures 46, M. A demande l'annulation des décisions contenues dans cet arrêté préfectoral.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux différentes décisions attaquées :

3. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé par M. B E, adjoint au chef du bureau du contentieux de la préfecture de la Seine-Saint-Denis, qui disposait, par arrêté n° 2021-2400 du 16 septembre 2021 régulièrement publié au bulletin d'informations administratives le jour même d'une délégation de signature du préfet, à l'effet de signer notamment les mesures d'éloignement ainsi que les décisions fixant le délai de départ, celles fixant le pays de destination et les interdictions de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées doit être écarté comme manquant en fait.

4. En deuxième lieu, aux termes L. 612-12 de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office. " ; aux termes de aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. " ; aux termes de l'article L. 613-2 dudit code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. "

5. D'une part, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait de l'obligation faite à M. A de quitter le territoire français puisqu'il vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et l'article L. 611-1 précité et mentionne que le requérant n peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'est pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. L'arrêté précise également que l'intéressé a été interpellé pour des faits d'usage et de détention de stupéfiants et que son comportement constitue ainsi une menace pour l'ordre public. L'arrêté indique enfin que si M. A déclare vivre en France depuis 2012, il n'en justifie pas, pas plus qu'il n'établit l'intensité, l'ancienneté et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France ; le préfet en conclut que, dans ces conditions, la décision qui est opposé au requérant ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et ne contrevient pas aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français est suffisamment motivée en droit comme en fait conformément à l'obligation prévue à l'article L. 613-1 précité.

6. D'autre part, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " ; aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () " En plus de ce qui a été développé au point précédent, l'arrêté vise également les articles L. 612-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que l'intéressé ne présente pas de garanties de représentation suffisantes dans la mesure où il est dépourvu d'un document de voyage en cours de validité et n'apporte pas la preuve d'une résidence stable et effective. Par suite, la décision de refus de délai de départ volontaire est suffisamment motivée en droit comme en fait conformément aux dispositions de l'article L. 613-2 du même code.

7. De plus, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait de la décision fixant le pays de destination puisqu'il vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, précise la nationalité de M. A, en l'espèce égyptienne, et indique en son dernier considérant que l'intéressé n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à l'article 3 de cette convention européenne. Ces considérations suffisent à établir une décision fixant le pays de destination motivée en droit comme en fait.

8. Enfin, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. " ; aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. "

9. Il résulte des dispositions précitées que, si une décision d'interdiction de retour doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger ; elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

10. Il résulte des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait fondement de l'interdiction faite à M. A de retour sur le territoire français pour une durée d'un an puisqu'il vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code, mentionne la date d'entrée alléguée du requérant en France en 2012, et précise sa situation personnelle et familiale telle que décrite au point 5 et rappelle qu'il a été interpellé pour des faits d'usage et de détention de stupéfiants et que son comportement constitue ainsi une menace pour l'ordre public. Si M. A fait plus particulièrement valoir que le préfet n'a pas motivé son interdiction de retour au regard des quatre critères énoncés à l'article L. 612-10 précité du code, en n'indiquant pas s'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement, cette prise en compte n'est pas obligatoire ainsi qu'il a été dit au point précédent. Par suite, l'interdiction de retour sur le territoire français est suffisamment motivée conformément aux dispositions de l'article L. 613-2.

11. En troisième lieu, il résulte tant des termes de l'arrêté litigieux, qui comporte pas moins de 12 considérants sur deux pages, que de sa motivation qui fait état d'éléments relatifs à la situation administrative, personnelle et familiale de l'intéressé, que celui-ci n'est pas fondé à soutenir que le préfet ne se serait pas livré à un examen suffisant de sa situation.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales relatif au droit au respect de la vie privée et familiale : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () " ; aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui reprend les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du même code dans sa version nomenclature antérieure au 1er mai 2021 : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. "

13. M. A soulève la violation des stipulations et dispositions précédentes ; toutefois, dans sa requête initiale, il n'apporte au soutien de ce moyen aucun élément permettant au magistrat désigné d'en apprécier le bien-fondé. S'il joint à son mémoire en réplique du 22 novembre 2022 une quarantaine de pièces, celles-ci ne sont pas suffisantes pour démontrer la violation des stipulations et dispositions précédentes. En effet, si ces pièces nombreuses et variées peuvent établir la présence de l'intéressé en France à compter de 2013, il est toutefois constant que M. A est célibataire sans charge de famille en France, ainsi qu'il l'a d'ailleurs déclaré lors de son audition par les policiers du commissariat des Lilas le 19 novembre 2021. De plus, s'il se prévaut de son activité professionnelle, il ressort des pièces jointes à son mémoire en réplique que celle-ci est à éclipse puisque le requérant ne produit que deux avis d'impôt sur les revenus de 2014, 2015 et de 2018 mentionnant des revenus de 11 000, 15 000 et 16 669 euros respectivement ; s'il produit également un contrat de travail à durée indéterminée et à temps complet souscrit le 1er novembre 2018 avec la SARL CERPERP pour un emploi de maçon au salaire de mensuel brut de 1 650 euros, il n'apporte aucun élément relatif à ses revenus comme les avis d'impôt sur le revenus au titre des années postérieures à 2018. En revanche, il résulte de l'instruction que M. A a été interpellé pour des faits d'usage et de détention de produits stupéfiants, ce qui ne constitue pas le meilleur gage d'une intégration réussie ni la preuve du respect par l'intéressé des lois de la République. Enfin, le requérant n'établit pas être isolé dans son pays d'origine qu'il a quitté à l'âge de 21 ans selon ses dires. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté comme infondé.

14. Pour les mêmes raisons, M. A ne saurait soutenir que la mesure d'éloignement dont il fait l'objet serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale.

En ce qui concerne les moyens spécifiques à l'obligation de quitter le territoire français :

15. En premier lieu, M. A produit deux passeports égyptiens valables respectivement du 29 janvier 2014 au 15 mars 2020 et du 10 septembre 2022 au 9 septembre 2025 ainsi qu'un titre de voyage provisoire valable que pour le voyage Egypte/France valable du 7 septembre au 6 décembre 2012. Toutefois, par la production de ces documents, qui ne supportent aucun visa d'entrée alors que les ressortissants égyptiens sont soumis à l'obligation de visa autorisant leur entrée dans l'espace Schengen, M. A ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire français. Par suite, le moyen, à le supposer soulevé, tiré de l'erreur de droit ou de l'erreur de fait relative à son entrée en France de manière régulière ne peut être qu'écarté.

16. En second lieu, M. A soutient que l'obligation de quitter le territoire français repose sur de faits matériellement inexacts puisqu'il est en mesure de justifier de ses démarches entreprises auprès de l'autorité préfectorale, de l'ancienneté de sa présence en France, de sa bonne insertion professionnelle et de ses efforts d'intégration. Or, d'une part, la pièce n° 39 relative à la demande de rendez-vous en préfecture du 15 novembre 2021 pour le dépôt d'une première demande de carte de séjour n'est pas nominative ; en tout état de cause, une telle démarche, qui n'est que le préalable au dépôt de la demande de titre, ne saurait faire naître pour l'intéressé un droit au maintien sur le territoire français puisqu'à la date de l'arrêté attaqué, le 19 novembre 2021, sa demande de titre n'avait pas été enregistrée en préfecture. D'autre part, la bonne insertion professionnelle dont se prévaut l'intéressé n'est démontrée que pour quelques années seulement, ainsi qu'il a été dit au point 13. Enfin, les efforts d'intégration allégués par M. A sont démentis par son interpellation pour des faits d'usage et de détention de produits stupéfiants. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire français est entachée de multiples erreurs de fait doit être écarté comme infondé.

En ce qui concerne le moyen spécifique au refus de délai de départ volontaire :

17. M. A soutient qu'il justifie de solides garanties de représentation puisqu'il dispose d'un passeport certes périmé mais dont il a obtenu le renouvellement, a bien déclaré son adresse et en justifie, n'a jamais dissimulé son identité, n'a auparavant jamais fait l'objet d'une mesure coercitive telle que mentionnée au 8° de l'article L.612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a jamais déclaré qu'il entendait s'opposer à une éventuelle mesure d'éloignement. Toutefois, le refus de délai de départ volontaire est notamment fondé sur la circonstance, non sérieusement contestée, que l'intéressé a été interpellé pour des faits d'usage et de détention de produits stupéfiants, ce qui caractérise sans conteste une menace pour l'ordre public en application du 1° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, la circonstance alléguée selon laquelle M. A présente de solides garanties de représentation pourra être neutralisée par la circonstance qu'il représente une menace pour l'ordre public. Il s'ensuit que le moyen susanalysé sera écarté comme infondé.

En ce qui concerne les moyens spécifiques à l'interdiction de retour sur le territoire français :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui précède sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français sans délai que M. A n'est pas fondé à soutenir que l'interdiction de retour sur le territoire français serait est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet.

19. En second lieu, il résulte de ce qui a été développé que le moyen tiré de ce que l'interdiction de retour sur le territoire français serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à sa durée doit être écarté comme infondé.

En ce qui concerne le moyen spécifique à la décision fixant le pays de destination :

20. En dernier lieu, termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui reprend les dispositions de l'article L. 513-2 dans sa nomenclature antérieure au 1er mai 2021 : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. " ; aux termes de cet article 3 : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. " M. A soulève la violation de ces dispositions et stipulations ; or, le requérant ne démontre pas de manière probante qu'il serait directement et personnellement exposé à des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour forcé dans son pays d'origine, soit du fait des autorités de cet Etat, soit même du fait de personnes ou de groupes de personnes ne relevant pas des autorités publiques, dès lors que, dans ce dernier cas, les autorités de l'Etat de destination ne sont pas en mesure de parer à un tel risque par une protection appropriée. De plus, il n'est pas contesté que depuis son entrée alléguée en France en 2012, l'intéressé n'a pas sollicité l'asile et est venu en France, selon ses déclarations, pour y travailler.

21 Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté préfectoral du 19 novembre 2021 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, il convient de rejeter également les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Me Mohamed A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Le magistrat désigné,

Signé : C. DLa greffière,

Signé : S. Aït Moussa

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

S. Aït Moussa

N°2110682

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions