mardi 6 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2110845 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance datée du 24 novembre 2021, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Melun le dossier de la requête, enregistrée le 31 octobre 2021, par laquelle Mme B A, demeurant 33 rue du Clos Fleuri à Villejuif (94800), représenté par Me Baouali, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 16 octobre 2021 par lequel le préfet de police de Paris :
- l'a obligée à quitter le territoire français ;
- a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à l'administration préfectorale de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, conformément aux dispositions de l'article L. 512-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le reversement à son conseil de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A doit être entendue comme soutenant que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- les décisions contenues dans l'arrêté attaqué sont dépourvues de base légale puisque la décision de refus de titre de séjour fondant l'obligation de quitter le territoire français est illégale, dès lors qu'elle a droit à la délivrance d'un titre de séjour au titre de l'admission exceptionnelle en sa qualité de salariée ou au regard de sa vie privée et familiale ;
- elles sont entachées d'erreur de droit puisque le préfet s'est senti en situation de compétence liée
- elles sont entachées d'erreur de fait puisqu'elle possède bien un passeport marocain ;
- elles violent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales puisqu'elles portent une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ;
- elle doit pouvoir bénéficier d'un titre de séjour portant la mention " admission exceptionnelle - salarié " et à titre subsidiaire " vie privée et familiale " ;
En ce qui concerne spécifiquement la décision de refus de titre :
- elle viole l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne spécifiquement l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut de motivation en violation de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
En ce qui concerne spécifiquement la décision fixant le pays de destination :
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 décembre, le préfet de police de Paris, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu :
- l'arrêté litigieux du préfet de police de Paris en date du 16 octobre 2021 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. E pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-10 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique tenue le 1er décembre 2022 en présence de Mme Ledrin, greffière d'audience, M. Freydefont, magistrat désigné, qui a présenté son rapport et informé les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de :
- ce que le tribunal est susceptible de soulever d'office un moyen d'ordre public tiré de ce que les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de titre de séjour sont irrecevables en l'absence d'une telle décision ;
- ce qu'il y a lieu de substituer au 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, comme base légale de l'obligation de quitter le territoire français, son 2°.
Ni Mme A, requérante, ni le préfet de police de Paris, défendeur, ne sont présents ou représentés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 10 heures 50.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () " ; aux termes de l'article L. 614-1 du même code : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. " ; aux termes de l'article L. 614-5 dudit code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision. "
2. Par un arrêté en date du 16 octobre 2021 notifié le même jour à 16 heures 55, le préfet de police de Paris a, sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, obligé Mme B A, ressortissante marocaine née le 28 août 1996, à quitter le territoire français dans un délai de trente jours à compter de la notification de l'arrêté et a fixé le pays de destination. Par la requête susvisée, enregistrée le 31 octobre 2021, Mme A demande l'annulation des décisions contenues dans cet arrêté préfectoral, ensemble la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision alléguée de refus d'admission au séjour :
3. Il ne ressort ni des termes de l'arrêté contesté, et notamment pas de son dispositif, ni d'aucune pièce du dossier, que le préfet de police de Paris ait pris à l'encontre de Mme A une décision de refus d'admission au séjour, admission qu'au demeurant la requérante n'avait pas sollicitée du préfet. Par suite, les conclusions à fin d'annulation d'une telle décision doivent être rejetées comme irrecevables.
En ce qui concerne les autres décisions attaquées :
4. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Or, par un arrêté n° 2020-00197 du 2 mars 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris du 4 mars 2020, le préfet de police a donné délégation à Mme D F attaché d'administration de l'Etat, signataire de l'arrêté attaqué, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figurent les décisions en litige. Le moyen tiré de ce que l'arrêté a été signé par une autorité incompétente doit, par conséquent, être écarté comme manquant en fait.
5. En deuxième lieu, aux termes L. 612-12 de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office. " ; aux termes de aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. "
6. D'une part, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait de l'obligation faite à Mme A de quitter le territoire français puisqu'il vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et le 1° de l'article L. 611-1 précité et mentionne que la requérante est dépourvue de document de voyage, qu'elle ne peut donc justifier de son entrée régulière sur le territoire français et qu'elle ne peut non plus justifier d'un titre de séjour pour se maintenir sur le territoire français. L'arrêté indique également que, compte tenu des circonstances propres au cas d'espèce, il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale et que la décision qui lui est opposée ne contrevient pas aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il résulte de ce qui précède que, nonobstant l'emploi de quelques formules type, l'obligation de quitter le territoire français est suffisamment motivée en droit comme en fait conformément à l'obligation prévue à l'article L. 613-1 précité.
7. D'autre part, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait de la décision fixant le pays de destination puisqu'il vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, précise la nationalité de Mme A, en l'espèce marocaine, et indique en son dernier considérant que l'intéressée n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à l'article 3 de cette convention européenne. Ces considérations suffisent à établir une décision fixant le pays de destination motivée en droit comme en fait.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré () ". Mme A soutient que les décisions contenues dans l'arrêté litigieux sont entachées d'erreur de fait puisqu'elle justifie de la possession d'un passeport en cours de validité. Il ressort effectivement des pièces du dossier que Mme A est titulaire d'un passeport marocain délivré le 14 octobre 2019 et valable jusqu'au 14 octobre 2024. Toutefois, la détention de ce document de voyage ne justifie pas à elle seule que l'intéressée soit entrée régulièrement en France, à une date qui n'est d'ailleurs même pas précisée, puisque l'entrée sur le territoire français est soumise pour les ressortissants marocains à la détention d'un visa que la requérante ne produit pas. Et il ressort de l'audition de l'intéressée en date du 16 octobre 2021 que celle-ci a déclaré être entrée en France en 2018 sans visa. De surcroît, à supposer que Mme A soit entrée en France sous couvert d'un tel visa, l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français ne pouvait être prise sur le fondement des dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais sur celles du 2 du même article qui peuvent être substituées à celles du 1°, dès lors que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressée d'aucune garantie, que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions et que le requérant et son conseil ont été mis à même, au cours de l'audience publique, de présenter des observations sur ce point. Dès lors, le moyen tiré de ce que le préfet de police aurait commis une erreur de fait en obligeant Mme A à quitter le territoire français doit ainsi être écarté comme infondée.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui a remplacé dans sa nomenclature en vigueur depuis le 1er mai 2021 l'article L. 313-14 : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. " Mme A fait valoir qu'elle remplit les conditions pour se voir admettre exceptionnellement au séjour sur le fondement de ces dispositions, au titre de son activité salariée et subsidiairement de sa vie privée et familiale. Toutefois, la requérante ne saurait utilement invoquer à l'encontre d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français les dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code relatives à l'admission exceptionnelle au séjour, celles-ci ne prévoyant pas de délivrance d'un titre de séjour de plein droit.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () ". Mme A soulève un défaut de base légale puisque la décision de refus de titre de séjour fondant l'obligation de quitter le territoire français est illégale, dès lors qu'elle a droit à la délivrance d'un titre de séjour au titre de l'admission exceptionnelle en sa qualité de salariée ou au regard de sa vie privée et familiale. Toutefois, d'une part, l'obligation de quitter le territoire français ne trouve pas son fondement légal dans un refus de titre de séjour, c'est-à-dire dans le 3° précité de l'article L. 611-1 du code, mais dans le fait que l'intéressée ne justifie pas être entrée en France de façon régulière, c'est-à-dire dans le 1° de ce même article. D'autre part, ainsi qu'il a été dit plus haut, Mme A ne saurait en tout état de cause utilement invoquer à l'encontre d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français les dispositions relatives à l'admission exceptionnelle au séjour. Il s'ensuit que ce cinquième moyen doit être écarté comme inopérant.
11. En sixième lieu, si Mme A soutient que le préfet s'est senti en situation de compétence liée par son refus de titre, entachant ainsi son arrêté d'erreur de droit, il résulte de ce qui a été développé plus haut que l'obligation de quitter le territoire n'a pas pour fondement un refus de titre. Par suite, un tel moyen ne peut être qu'écarté comme inopérant.
12. En septième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales relatif au droit au respect de la vie privée et familiale : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () " ; aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui reprend les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du même code dans sa version nomenclature antérieure au 1er mai 2021 : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. "
13. Mme A soulève la violation de ces stipulations et dispositions ; toutefois, d'une part, si elle a déclaré être entrée en France en 2018, elle n'en justifie pas ; de même, elle n'établit pas sa durée de présence habituelle sur le territoire français depuis son entrée alléguée en France. D'autre part, il ressort de l'audition de l'intéressée en date du 16 octobre 2021 qu'elle est célibataire sans enfant à charge en France. De plus, si Mme A travaille dans une boulangerie pour un salaire mensuel de 1 073 euros, son contrat à durée déterminée signée avec la SARL date du 13 juillet 2020, de telle sorte que l'ancienneté de son intégration professionnelle n'est que d'un an à la date de l'arrêté contesté. Au surplus, cette intégration est fragile puisque le contrat n'est pas à durée indéterminée. Enfin, la requérante n'établit pas être isolée dans son pays d'origine qu'il a quitté à l'âge de 22 ans selon ses déclarations. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté comme infondé.
14. Pour les mêmes raisons, Mme A ne saurait davantage soutenir que les décisions contenues dans l'arrêté contesté seraient entachées d'erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle et familiale.
15. En dernier lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui reprend les dispositions de l'article L. 513-2 dans sa nomenclature antérieure au 1er mai 2021 : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. " ; aux termes de cet article 3 : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. " Mme A ne démontre pas de manière probante qu'elle serait directement et personnellement exposée à des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour forcé dans son pays d'origine, soit du fait des autorités de cet Etat, soit même du fait de personnes ou de groupes de personnes ne relevant pas des autorités publiques, dès lors que, dans ce dernier cas, les autorités de l'Etat de destination ne sont pas en mesure de parer à un tel risque par une protection appropriée. A surplus, il ressort de ses déclarations lors de son audition du 16 octobre 2021 qu'elle est venue en France pour y trouver du travail afin de mieux vivre et non pour y solliciter l'asile, qu'elle n'a effectivement pas demandé depuis son entrée alléguée en France en 2018.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté préfectoral du 16 octobre 2021 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, il convient également de rejeter les conclusions à fin d'injonction sous astreinte ainsi que celles tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de police de Paris.
Rendu public par mis à disposition au greffe le 6 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
Signé C. ELa greffière,
Signé M. C
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2110845
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026